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Défaite du syndicat Unifor pour interdire les dépistages aléatoires de drogue au travail

Vue aérienne des installations d'extraction des sables bitumineux de Syncrude avec celles de Suncor en arrière-plan, près de Fort McMurray, en Alberta.
Le plus haut tribunal du pays a indiqué jeudi qu’il refusait de se pencher sur le dossier qui oppose Suncor à Unifor depuis 2012. Photo: Getty Images / AFP/Mark Ralston

La Cour Suprême du Canada n'entendra pas l'appel des syndiqués d'Unifor qui tentent, depuis 6 ans, d'empêcher la pétrolière Suncor d'effectuer des tests aléatoires de dépistage de drogue et d'alcool sur ses employés.

C’est un retour à la case départ pour Unifor qui essuie un ultime refus de la Cour Suprême de se pencher sur ce cas. Le plus haut tribunal au pays renvoie la pétrolière et le syndicat en arbitrage, soit au même stade où ils étaient avant que commence cette saga judiciaire.

« Nous ne ferons aucun test aléatoire tant que le nouveau conseil d’arbitrage indépendant n’aura pas tranché », a spécifié Sneh Seetal, porte-parole de Suncor.

Toutefois, cette décision n’annule pas l’injonction qu’avait obtenue le syndicat pour empêcher que les tests ne débutent dès le 1er décembre 2017, comme le voulait Suncor.

Détection et dissuasion

En 2012, Suncor a voulu instaurer des tests aléatoires de dépistage de drogue et d’alcool chez les travailleurs de ses usines de sables bitumineux situées dans la région de Fort McMurray.

Depuis le début, l’entreprise affirme que ces tests sont nécessaires pour assurer la sécurité dans ses installations, d’autant plus qu’ils ne visent que les employés occupant des postes jugés dangereux.

Du côté d’Unifor, les syndiqués ne tolèrent pas le caractère aléatoire de ces tests. « Il n’y a aucune preuve que les tests aléatoires améliorent la sécurité au travail », défend Jerry Dias, le président national d’Unifor, qui continue de trouver cette pratique abusive.

Ces tests effectués au hasard ont un effet dissuasif pour les employés et aident l’entreprise à détecter les cas problématiques, répond Sneh Seetal. « Quand nous avons fait l’annonce des tests aléatoires en juin 2012, nous avons observé un pic du nombre d’employés qui demandaient, d’eux-mêmes, de l’aide pour des problèmes de toxicomanie », affirme Sneh Seetal. Dès la première injonction obtenue par le syndicat en octobre 2012, « ce nombre est retombé à ce qu’il était avant », déplore-t-elle.

Chiffres à l’appui, Sneh Seetal considère qu’il y a un problème alarmant de consommation de drogue et d’alcool aux usines de Suncor situées dans la municipalité régionale de Wood Buffalo (MRWB). Plus de 1000 incidents liés à de la drogue et de l’alcool y ont été recensés par l’entreprise, entre l’été 2013 et novembre 2017.

Sneh Seetal avance que 73 employés de la MRWB ont échoué aux tests de drogue et d'alcool au cours de la même période. Pendant ce temps, sur le site d’opération de Suncor, à Denver, aux États-Unis, seuls cinq travailleurs ont obtenu les mêmes résultats, d’après les données de la pétrolière.

6 ans de bras de fer

Considérant que ces tests aléatoires constituent une atteinte à la dignité et à la vie privée des employés, le syndicat a déposé un grief dès 2012. Un premier tribunal d’arbitrage lui avait donné raison, avant qu’une cour du Banc de la Reine de l’Alberta n'infirme cette décision, deux ans plus tard. Unifor avait alors porté la cause en Cour d’appel, qui l’avait rejeté, tout comme la Cour Suprême, jeudi.

La date du prochain arbitrage n’est toujours pas connue. Mais, pour Sneh Seela, plus le temps passe et « plus les employés se blessent et pour certains, meurent ».

En 2014, un employé de la compagnie est décédé alors qu’il travaillait sur une ligne à haute tension. Les tests avaient par la suite révélé la présence d'alcool dans son sang.

Alberta

Relations de travail