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Des jardins d’hôpitaux, pour soigner les âmes autant que les corps

Un couple de personnes âgées devant un potager.
André Goussaert, 87 ans, fait pousser ses légumes sur le toit de l'Hôpital Misericordia sous l'oeil attendri de sa femme, Béa. Photo: Radio-Canada / Geneviève Murchison
Radio-Canada

Au septième étage de l'Hôpital Misericordia, à Winnipeg, les patients ont accès à un jardin sur le toit qui leur permet de s'évader quelque temps du quotidien de leurs soins. Si l'effet thérapeutique de ces jardins d'hôpitaux reste à démontrer, les initiatives se multiplient dans la capitale manitobaine.

Un texte de Barbara Gorrand

D’une main experte, bien qu’un peu hésitante, André Goussaert tâte la terre autour de ses plants de tomates et de ses laitues. À ses côtés, sa femme Béa le regarde avec attendrissement.

Il faut dire qu’André Goussaert n’est pas un jardinier comme les autres : âgé de 87 ans, atteint de la maladie de Parkinson, c’est un patient de l’Hôpital Misericordia. À ce titre, il a accès au solarium et au jardin installé sur le toit de l’établissement.

« Et il est le seul à avoir droit à une boîte pour faire pousser des légumes, quand tous les autres font pousser des fleurs », se réjouit son épouse.

Ce jardin suspendu est devenu l’un des lieux favoris des patients de l’hôpital. C’est ce que confirme Nancy Steski, dont la mère Elaine, âgée de 79 ans, aime à profiter de la vue imprenable sur la ville depuis le solarium.

« Ma mère a grandi sur une ferme, alors cet environnement fait ressurgir des souvenirs, dit-elle. Depuis qu’elle a eu son accident vasculaire cérébral, cette promenade est devenue la seule façon de sortir de l’environnement hospitalier. En fait, cela permet de prendre soin de l’âme des patients de l’hôpital, pas seulement de leurs corps. »

Un projet lancé en 2010

Briser la routine hospitalière des patients en soins de longue durée était justement l’idée qui a guidé la Fondation du Centre de santé Misericordia lorsqu’elle a lancé ce projet de jardin spirituel, à la fin de l’année 2010.

« Les personnes âgées ont déjà l’impression d’abandonner beaucoup lorsqu’ils viennent dans un centre de soins de longue durée : leur indépendance, le confort de leurs objets familiers et la joie de prendre soin de leur jardin, expliquait la Fondation, au moment de lancer un appel aux dons. Ce n’est peut-être pas beaucoup, mais leur offrir cette possibilité est une façon d’améliorer leur vie. »

Le jardinage semble aussi avoir des effets positifs sur le moral, et donc la santé, des patients.

Un couple de personnes âgées, de dos, sur une terrasse de toit.Béa et André Goussaert sur le toit de l'Hôpital Misericordia. Photo : Radio-Canada / Geneviève Murchison

« Pour les patients atteints de Parkinson, comme André, cela aide beaucoup, confie Béa Goussaert. Notre fille aime faire des choses concrètes avec lui, des activités manuelles, qui aident la concentration. Elle a commencé avec de l’art, et nous poursuivons avec le jardin. Cela permet d’avoir un sujet de conversation, quelque chose à regarder. Et quelque chose à manger, dans le cas d’André! »

Un constat que dresse également, à l’autre bout de la ville, la direction de l’Hôpital Saint-Boniface. L’établissement compte en réalité trois espaces verts, dont le premier a été aménagé par les Soeurs grises.

« Et les religieuses l’utilisent toujours, elles viennent faire leurs retraites dans le petit chalet qui s’y trouve », ajoute Hélène Vrignon, la directrice des communications de l’hôpital.

Un jardin avec des bancs et des statues.L'Hôpital Saint-Boniface dispose de trois espaces verts pour offrir une parenthèse aux patients et au personnel. Photo : Radio-Canada / Geneviève Murchison

Outre cette anecdote, Hélène Vrignon explique que ces coins de verdure jouent un rôle important dans la vie de l’hôpital.

« Cela fait partie de notre philosophie d’offrir des lieux aux patients et au personnel, afin de les sortir de leur expérience quotidienne. Des lieux où respirer l’air frais, sans entendre le bruit des machines d’hôpital, sans les odeurs des médicaments. C’est thérapeutique, même si ce n’est pas le mot que l’on utilise. »

Pour les familles des patients et les patients eux-mêmes, c’est en tout cas une oasis fort appréciée.

Avec des informations de Geneviève Murchison

Manitoba

Santé publique