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Des résidents veulent raviver l’histoire oubliée du miracle de Saint-Adolphe

Un vieux lit, des meubles et une statue d'un prêtre.
Les « reliques » du miracle de Saint-Adolphe sont entreposées dans une salle. Il s'agit du lit, des meubles et d'une statue ayant appartenu à sœur Julie-Pauline qui a inexplicablement guéri de la tuberculose en 1922. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Il y a un an, avec la destruction du vieux couvent de Saint-Adolphe, disparaissait la « chambre du miracle » qui a vu la guérison inexpliquée de sœur Julie-Pauline. Depuis, un groupe de résidents de cette communauté située à 15 kilomètres de Winnipeg, cherche à exposer des objets ayant appartenu à la religieuse, pour que ce qui s'est passé en 1922 ne tombe pas dans l'oubli.

Un texte de Pierre Verrière

C'est dans une pièce d'un bâtiment commercial vide, à une centaine de mètres de l'église, au centre de Saint-Adolphe, que les objets qui ont jadis fait la renommée de la chambre du miracle sont entreposés. On y trouve un vieux lit en métal, un vase, des portraits et une statue d'André-Hubert Fournet, fondateur des Filles de la Croix.

Ces objets personnels ont appartenu à sœur Julie-Pauline, dont la guérison inexpliquée, en 1922, a été officiellement reconnue comme un miracle par le Vatican. Après la mort de la religieuse, sa chambre a été conservée telle quelle pendant des années, dans le couvent qui fut par la suite transformé en école, puis en maison de retraite.

À la destruction du bâtiment, les artefacts ont été dans un premier temps déménagés à Niverville avant d'être rapatriés à Saint-Adolphe.

« Nous avons rapatrié ces objets que nous trouvons tout à fait précieux au niveau historique, et puis on cherche un endroit pour les placer », explique l’historien et résident de Saint-Adolphe, Jean-Marie Taillefer.

Il explique que l'idée proposée est de garder le concept de chambre du miracle qui serait ouverte au public.

« Je vois cette nouvelle chambre non pas comme un musée, mais un peu comme ce qui existait à l'époque, à l'école. Cette chambre-là avait toujours la porte ouverte et on pouvait voir la chambre du miracle quotidiennement, et cela appartenait à la communauté », souligne Jean-Marie Taillefer.

« Le maire s'est dit tout à fait prêt à nous donner de l'espace, alors on a de l'espoir et on va de l'avant avec le projet. »

Un homme aux cheveux blancs porte un polo rouge.Jean-Marie Taillefer est historien et résident de Saint-Adolphe. Photo : Radio-Canada

Autopsie d'un miracle

Si ces artefacts représentent peu de choses pour les nouvelles générations, ils restent liés à un événement qui a marqué l'histoire de Saint-Adolphe.

En 1915, sœur Julie-Pauline, une religieuse d'origine française de l'ordre des Filles de la Croix, contracte la tuberculose. En 1921, son état de santé se détériore et les médecins jugent son cas désespéré. La religieuse, disent-ils, est condamnée.

« Une soeur supérieure, elle aussi très malade, lui a suggéré de demander sa guérison au père André-Hubert Fournet, fondateur des Filles de la Croix, explique l'archiviste de la congrégation, sœur Rose-Marie.

« Elle a fait trois neuvaines, c’est-à-dire qu'elle a prié pendant neuf jours consécutifs pour sa guérison », raconte sœur Rose-Marie.

Après trois neuvaines, elle s'est levée complètement guérie et est partie vaquer à ses occupations ordinaires. Elle a vécu jusqu'en 1964.

Sœur Rose-Marie, archiviste des Filles de la Croix
Une photo en noir et blanc sur laquelle on peut voir un lit et une statue.La chambre de sœur Rose-Marie dans l'ancien couvent de Saint-Adolphe, appelée après sa mort la « chambre du miracle ». Photo : Radio-Canada

Très vite, la nouvelle de sa guérison suscite des questions, mais les médecins qui l'auscultent doivent se rendre à l'évidence. Après trois ans de tests, ils reconnaissent que la sœur a guéri d'une manière que la médecine ne sait pas expliquer.

Ils témoigneront d'ailleurs de ce miracle et leurs conclusions forceront le Vatican à envoyer le promoteur de la foi, appelé aussi l'avocat du diable, pour tenter de démonter les arguments allant en faveur d'un miracle.

L'avocat du diable

À partir de 1587 et jusqu’à récemment, l’avocat du diable était le religieux de l’Église catholique romaine chargé de trouver des arguments contre la canonisation d’un candidat. Son rôle était de rechercher les « mauvaises actions » que cette personne pouvait avoir commises (signes de l’influence du diable sur son comportement) et de mettre en doute ses mérites. Il fallait s’assurer que le candidat avait eu un comportement exemplaire et qu’il était digne d’être sanctifié. La fonction d’avocat du diable a été abolie en 1983 par le pape Jean-Paul II.

Source : TERMIUM Plus®, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada

Faute de pouvoir démontrer le contraire, l'Église catholique a fini par reconnaître officiellement la guérison de sœur Julie-Pauline comme un authentique miracle, entraînant la canonisation du père André-Hubert Fournet.

« Peu de gens à Saint-Adolphe connaissaient encore cette histoire, mais maintenant que les vestiges ont presque disparu, les gens ont envie de garder le souvenir de ce miracle », estime sœur Rose-Marie.

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