•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une Canadienne ligotée à une chaise allègue être harcelée en Écosse

DeeAnn Fitzpatrick ligotée à une chaise et bâillonnée avec du ruban adhésif brun.
Cette photo de DeeAnn Fitzpatrick aurait été prise au travail en Écosse. Elle affirme avoir été placée dans cette fâcheuse position par deux collègues masculins. Photo: Photo publiée avec la permission de BBC Scotland
Radio-Canada

Un tribunal du travail en Écosse examine la plainte d'une femme de Terre-Neuve-et-Labrador. Une photo de la Canadienne présumément ligotée à une chaise de bureau par des collègues de travail a été publiée par les médias européens.

DeeAnn Fitzpatrick, 49 ans, était agente des pêcheries à Marine Scotland, le département des affaires maritimes en Écosse. Elle a commencé à travailler à cet endroit en 2006 et était en poste au bureau situé dans la ville côtière de Scrabster.

La Canadienne allègue avoir été victime d’abus, de harcèlement et d’intimidation au travail pendant une décennie, au point d’envisager le suicide et de contacter un organisme qui offre l’aide médicale à mourir.

Voici ce qui arrive quand tu parles contre les gars

En mai, la British Broadcasting Corporation (BBC) en Écosse a publié une photo de DeeAnn Fitzpatrick ligotée et bâillonnée (Nouvelle fenêtre).

La photo aurait été prise en 2010. Mme Fitzpatrick allègue avoir été placée dans cette position par deux collègues de travail masculins. La photo, qui a anonymement été envoyée au journaliste Mark Daly de la BBC en Écosse, aurait été prise par un des hommes présumément responsables de cet acte.

Mme Fitzpatrick soutient qu’elle a été victime de représailles pour avoir tenté de dénoncer à la direction ce qu’elle considère comme une culture de travail misogyne et définie par du harcèlement.

DeeAnn Fitzpatrick a été attachée à une chaise de bureau avec du ruban adhésif, bâillonnée, et on lui a présumément dit : "Voici ce qui arrive quand tu parles contre les gars”" , a expliqué Mark Daly dans une entrevue téléphonique jeudi, à l’émission matinale de CBC Radio à Saint-Jean de Terre-Neuve.

Elle a essayé de sonner l’alarme auprès de sa gestionnaire, mais celle-ci a simplement dit : "Ce ne sont que les garçons qui agissent comme des garçons", dit-il.

Port et bateaux à Scrabster, en Écosse.Scrabster, dans les Highlands du nord de l'Écosse. Photo : Getty Images / mikec54

Selon M. Daly, Mme Fitzpatrick a été la cible d’injures racistes et de comportements sexistes menaçants. Elle a affirmé au journaliste de la BBC qu’on s’était moquée d’elle au travail parce qu'elle avait fait une fausse couche, et qu’on lui avait dit que l’organisation ne voulait pas d’une femme comme employée, et surtout pas une femme venant d’un autre pays.

M. Daly dit avoir vu des courriels échangés par Mme Fitzpatrick avec ses superviseurs, notamment ceux où la Canadienne a été menacée de mesures disciplinaires pour s’être rendue d’urgence à Terre-Neuve afin d'être au chevet de son père gravement malade.

Dans un premier article sur le sujet en mai, la BBC a publié le nom des deux hommes accusés par Mme Fitzpatrick d’avoir attaché la Canadienne à une chaise. L’un d’entre eux, selon le média britannique, était toujours à l’emploi de Marine Scotland et n’a pas commenté l’affaire. L’autre a qualifié de mensonges les allégations.

Insultes dans des cartes de Saint-Valentin

À la suite d'une plainte de DeeAnn Fitzpatrick, un tribunal du travail en Écosse s’est saisi de l’affaire.

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon assise à un bureau au parlement.La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon (photo), s'est dite « horrifiée » d'apprendre les allégations de la Canadienne DeeAnn Fitzpatrick. Photo : Associated Press / Jane Barlow

Parmi les preuves présentées au tribunal, des cartes qui ont été remises à la plaignante pour son anniversaire ou à la Saint-Valentin dont les textes la qualifient de vieille troll et l’accusant d’avoir des organes génitaux masculins.

En revanche, le tribunal ne prend pas en compte la photo de Mme Fitzpatrick attachée à une chaise, estimant que le cliché est trop ancien pour faire partie de la preuve.

Mme Fitzpatrick a indiqué au tribunal de l’emploi que le harcèlement allégué l’avait poussé à téléphoner à Dignitas, un organisme sans but lucratif situé en Suisse qui est au service des personnes malades n'ayant pas accès à l’aide médicale à mourir dans leur pays et souhaitant mettre fin à leurs jours.

La famille fait le voyage en Écosse

Sherry Fitzpatrick, qui vit à Bell Island, à Terre-Neuve-et-Labrador, est la belle-soeur de DeeAnn Fitzpatrick. Elle se trouve présentement en Écosse, où elle s’est déplacée pour suivre les audiences du tribunal et apporter son soutien à la plaignante.

Sherry Fitzpatrick dit que sa belle-soeur a été accusée de chercher à extorquer de l’argent à son ancien employeur.

L’argent n’a jamais été un enjeu. Elle dit qu’elle veut juste que cela arrête, répond Sherry Fitzpatrick. Sa belle-soeur, dit-elle, espère qu’en dénonçant la situation publiquement, elle pourra ouvrir la voie à d’autres travailleuses qui essaient de faire cesser ce genre d’abus.

Sherry Fitzpatrick dit avoir été contactée par des responsables du gouvernement écossais, qui lui ont promis une rencontre avant son retour au Canada.

La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, s'est dite horrifiée d'apprendre les allégations et a commandé une enquête.

Avec les informations de BBC et CBC

Terre-Neuve-et-Labrador

Société