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Archives

Les Casques bleus canadiens se retirent de Chypre

Un soldat canadien avec une casquette bleue est assis sur un vélo avec une mitraillette posée sur une hanche. .

Reportage du journaliste André Bédard sur la mission des Casques bleus canadiens à Chypre.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 15 juin 1993, le Canada retire officiellement son contingent de soldats Casques bleus de Chypre. Ce départ met fin à 29 ans de présence militaire canadienne en terre chypriote et d'efforts pour maintenir la paix entre les communautés grecques et turques qui y vivent. Nos archives témoignent de l'ardeur des troupes canadiennes pour empêcher une reprise des hostilités dans cette île de la Méditerranée. 

Chypre a acquis son indépendance en 1960. La nouvelle république est divisée entre des populations grecque et turque, qui n’ont jamais réussi à cohabiter paisiblement.

En 1964, Chypre sombre dans la guerre civile. Les Nations unies doivent créer une force mandatée pour prévenir toute poussée de violence intercommunautaire. Les premiers Casques bleus canadiens arrivent à Chypre le 15 mars 1964.

À l’été 1974, l’armée turque envahit une partie du pays. Les Casques bleus canadiens sont alors chargés de surveiller ce qu’on appelle la « ligne verte ». C’est une zone démilitarisée qui sépare les ennemis grecs et turcs sur tout le territoire chypriote.

Une mission souvent délicate

Reportage du 24 octobre 1971

En 1971, le journaliste André Bédard se rend à Chypre pour le Service des nouvelles de Radio-Canada. Il y rencontre un contingent de soldats appartenant au Royal 22e régiment qui a quitté ses quartiers de la Citadelle de Québec pour venir entretenir la paix sur l’ensemble de l’île.

André Bédard interviewe un officier canadien qui résume l’histoire de la mission et décrit les multiples tâches et défis auxquels ses soldats se heurtent.

Comment, par exemple, maintenir une trêve quand la « ligne verte » n’est large – comme parfois dans la capitale, Nicosie – que de quelques mètres? Il faut aussi occasionnellement se charger de missions particulièrement délicates.

Ce fut le cas quand des soldats du Royal 22e régiment ont dû prendre des dispositions spéciales pour assurer la sécurité d’un match de soccer. Celui-ci se disputait entre deux équipes de sportifs turcs en pleine « zone verte ».

Il faut dire que des gradins, situés dans le secteur grec, étaient occupés par des spectateurs turcs à proximité de plusieurs postes de garde grecs. Un débordement survient et la violence aurait pu éclater.

« Le Canada a fait sa part »

Le sentiment général, c’est que le Canada a fait sa part. Maintenant, c’est aux Chypriotes de régler leurs problèmes.

Lieutenant Pierre Bernard, Casque bleu canadien à son départ de Chypre, 15 juin 1993

Le 11 décembre 1992, le gouvernement de Brian Mulroney annonce le retrait des Casques bleus canadiens de Chypre. Une des raisons qui motivent les autorités canadiennes est que la crise chypriote est dans l’impasse. Ottawa veut « encourager » les Chypriotes à trouver une solution négociée au conflit. Le 15 juin 1993, 515 soldats canadiens commencent leur retrait.

« Téléjournal », 18 juin 1993

Au Téléjournal du 18 juin 1993, le journaliste Michel Morin explique le déroulement de l’opération qui mène au départ des Casques bleus canadiens. L’unifolié est abaissé et les Casques bleus canadiens sont remplacés par des militaires britanniques.

Au total, 25 000 soldats canadiens ont contribué à l’effort de maintien de la cessation des hostilités à Chypre pendant les 29 ans qu'a duré la mission. Le Canada a dépensé 500 millions de dollars.

En 2017, des pourparlers de paix sous l’égide des Nations unies ont lieu en Suisse. Les négociations échouent pour une énième fois. La division et la partition de l’île perdurent.

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