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Des grutiers quittent le chantier du pont Champlain; la Commission de la construction enquête

Cortège de grues dans une rue

Le 5 mai, des grutiers ont participé à une manifestation organisée par l'Union des opérateurs grutiers, affiliée à la FTQ-Construction.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Alors que la Commission de la construction (CCQ) a lancé une enquête, jeudi, après que des grutiers eurent quitté le chantier du nouveau pont Champlain, à Montréal, le syndicat qui les représente assure qu'il n'y a eu « aucune grève illégale » et que c'est plutôt le consortium qui a décrété l'arrêt des opérations à cause de la pluie.

De son côté, le consortium Signature sur le Saint-Laurent n'a pas voulu confirmer l'information, se limitant à dire qu'il ne commenterait pas « la présente situation ». Impossible donc de savoir si c'est vraiment lui qui a décidé de fermer son propre chantier à cause des « intempéries », comme le soutient la section locale 791-G de la FTQ-Construction, qui représente les grutiers. Il pleuvait légèrement et sporadiquement à Montréal, jeudi.

Enquête de la CCQ

La CCQ a confirmé qu'elle a lancé une enquête sur l'événement. S'il s'agissait d'une grève, celle-ci serait illégale, puisque la convention collective est toujours en vigueur et qu'elle l'est jusqu'en 2021.

La Loi R-20, qui encadre l'industrie, prévoit des amendes salées en cas de grève illégale ou de ralentissement de travail concerté et illégal. Celles-ci vont de 7960 $ à 79 587 $ par jour pour les associations ou les représentants d'une association et de 57 $ à 199 $ par jour pour les travailleurs qui y prennent part.

La semaine dernière, la CCQ avait affirmé avoir reçu « plusieurs signalements qui confirment l'organisation de moyens de pression de la part des grutiers, notamment le refus du temps supplémentaire afin de ralentir les travaux ». Des rumeurs faisaient aussi état d'une grève en juin.

Elle disait également qu'elle « déploiera ses équipes sur les chantiers » pour donner de l'information et constater les infractions, le cas échéant.

Le syndicat blâme le consortium

Le syndicat, quant à lui, assure qu'il n'y a « pas de grève illégale » et parle de harcèlement de la part de la CCQ. « Depuis plusieurs semaines, des inspecteurs de la CCQ surveillent en permanence les faits et gestes des grutiers, allant jusqu'à chronométrer leurs allées et venues », affirme l'Union des opérateurs grutiers dans un communiqué. Cette surveillance « s'apparente plus à une opération de harcèlement », ajoute-t-il.

« Ce matin, c'est le consortium Signature sur le Saint-Laurent qui a décrété l'arrêt des opérations en raison des intempéries, sans respecter la convention collective, laquelle prévoit que les grutiers doivent être payés un minimum de 5 heures lorsque les opérations sont arrêtées en raison des intempéries », a affirmé la section locale 791-G.

Litige sur la formation

Le fond du litige est la grogne des grutiers – et même de plusieurs entreprises de grues – à l'endroit des modifications qui sont entrées en vigueur, le 14 mai dernier, quant à la formation des grutiers.

L'accès au métier pour les grutiers non diplômés sera facilité pour le mettre au même niveau que les autres métiers. Une formation en entreprise remplacera le cours de perfectionnement appelé Utilisation sécuritaire d'une grue, qui était déjà offert aux travailleurs non diplômés.

Les employeurs qui tiennent à n'embaucher que des grutiers qui détiennent un Diplôme d'études professionnelles en conduite de grues pourront continuer de le faire.

Ces modifications ont particulièrement mécontenté la section locale 791-G qui représente les grutiers. Ceux-ci disent craindre pour leur propre sécurité et pour la sécurité du public, puisque les grues transportent de lourdes charges à proximité d'habitations, de voitures et de piétons.

Ils ont même déjà porté plainte au Protecteur du citoyen, en évoquant la sécurité du public. Et ils avaient manifesté avec des grues, le 5 mai dernier, devant le bureau montréalais du premier ministre Philippe Couillard.

Grand Montréal

Relations de travail