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La Commission des normes du travail ouvre une enquête sur l'Église de scientologie

Un membre du personnel tient la porte d'entrée de l’Église de scientologie de Québec
L’Église de scientologie de Québec Photo: Radio-Canada / Maxime Corneau
Gaétan Pouliot

L'Église de scientologie devra répondre aux questions de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui a déclenché une enquête à la suite des révélations de Radio-Canada portant sur les maigres salaires que reçoivent les membres de son personnel.

« La CNESST va intervenir », a indiqué la porte-parole Geneviève Trudel, sans vouloir divulguer les modalités de l'enquête pour « ne pas compromettre celle-ci ». « [La Commission] n’est pas tenue d’attendre qu’une plainte soit déposée pour faire enquête », a-t-elle expliqué.

Des membres de l'Église de scientologie de Québec reçoivent de petits salaires sous prétexte qu'ils sont des « travailleurs religieux », a révélé Enquête, talon de paye à l’appui. Ce statut, inexistant au Québec, ouvre la porte à un système de rémunération en infraction avec la loi.

Par exemple, un membre du personnel aurait travaillé près de 40 heures au cours d’une semaine pour un salaire de 70 $, c’est-à-dire moins de 2 $ de l’heure.

Sur le relevé de paye, on voit que le travailleur a gagné 69,57 $ pour une semaineRelevé de paye de l’Église de scientologie de Québec Photo : Source confidentielle

L’Église de scientologie de Québec n’a pas voulu répondre aux questions au sujet du salaire minimum.

Par courriel, elle a indiqué que les membres de son personnel n’étaient pas des « employés », mais des « travailleurs religieux ». « Ils contribuent volontairement aux activités de l'Église et [à] ses buts humanitaires. Ils ne travaillent pas pour un gain monétaire, mais pour aider les autres », écrit Michelle Lacombe, directrice des affaires publiques de l’organisation.

Mercredi, la ministre responsable du Travail, Dominique Vien, s'était dite préoccupée par les révélations de Radio-Canada. « J’ai demandé à la CNESST d’aller vérifier ce qui se passe là-bas [...] Quand on aura du nouveau, on vous le fera savoir », a-t-elle dit dans les corridors de l’Assemblée nationale.

Les résultats de l'enquête ne seront toutefois pas publics, puisque « seules les décisions du tribunal le sont », a indiqué la CNESST.

Qualifiant les révélations d'« inacceptables » et de « troublantes », la députée péquiste Agnès Maltais avait demandé qu’une enquête en bonne et due forme soit ouverte par la CNESST.

« On ne peut pas se soustraire aux lois québécoises sous couvert de la liberté de religion », dit la députée de Taschereau, circonscription où se trouvent les locaux de l’Église de scientologie de Québec.

L’Église de scientologie a des bureaux dans les villes de Québec et de Montréal. Elle est aussi présente ailleurs au pays et dans le monde.

Des informations? Contactez-nous!

Si vous avez des informations concernant l’Église de scientologie, écrivez-nous : gaetan.pouliot@radio-canada.ca

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