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Les avis divergent sur le moratoire demandé par le maire de l'Île-d'Anticosti

Chevreuil dans un champ sur l'Île d'Anticosti.
Anticosti. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

À Anticosti, les opinions divergent concernant le moratoire sur les coupes forestières demandé par le maire de la municipalité, John Pineault. Ce dernier estime que les coupes forestières sont trop importantes sur l'île et causeraient une baisse de la population de cerfs.

Un texte de Émile Duchesne

Le directeur des opérations de la pourvoirie Safari à Anticosti, Guy Boudoul, partage l'avis du maire. Il croit qu'un moratoire pourrait favoriser la réflexion pour élaborer de meilleures façons de faire.

Peut-être que les gens qui sont en charge de ça auraient le temps de penser si c’est la bonne solution ou avoir d’autres solutions à l’aménagement plutôt que penser à une opération de coupe forestière pour favoriser le chevreuil.

Guy Boudoul, directeur des opérations de la pourvoirie Safari
Les chevreuils broutent aux abords du village de Port-Menier, à l'île d'Anticosti.Les chevreuils broutent à l'abord du village de Port-Menier, sur Anticosti. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Pour sa part, le technicien de la faune retraité et résident de l'île, Gaétan Laprise, demeure sceptique. Selon lui, c'est plutôt la rigueur des derniers hivers qui explique cette diminution du nombre de cerfs à Anticosti. Il ajoute que les coupes forestières procurent également de la nourriture aux cerfs.

D’avoir des aires de coupes disséminées partout sur le territoire, ça assure aux bêtes un accès à une bonne nourriture qui va leur permettre de survivre à l’hiver.

Gaétan Laprise, technicien de la faune retraité
Un chevreuil sur l'île d'AnticostiUn chevreuil sur l'île d'Anticosti Photo : Radio-Canada / Éric Barbeau

Le professeur chercheur au département de biologie de l'Université Laval, Jean-Pierre Tremblay, confirme que les coupes n'ont pas que des effets négatifs sur la population de cerfs. Les bêtes peuvent notamment se nourrir de pousses de cônifères.

Toutefois, si la population de cerfs est trop nombreuse, il affirme que les bêtes peuvent compremettre la repousse des arbres dans les zones de coupe.

La stratégie d’aménagement forestière qui est en place depuis le début des années 2000 visait d'ailleurs à limiter les dégâts.

Des enclos pour protéger les aires déforestées ont été installés en 2001 et ont été retirés en 2015. C'est pourquoi, Jean-Pierre Tremblay estime que le moratoire d'un an demandé par John Pineault ne serait pas suffisant pour mesurer les résultats. Le financement pour analyser ces secteurs et déterminer l'efficacité de cette méthode devrait être approuvé à l'automne, selon Jean-PIerre Tremblay.

Pour établir un bilan, ça va prendre plus de temps que ça. Il faut obtenir le financement. Il faut aller le mesurer, ensuite l'analyser et l'intégrer.

Jean-Pierre Tremblay, professeur au département de biologie de l'Université Laval
Le chevreuil est omniprésent sur l'île d'AnticostiQui dit Anticosti... dit chevreuil Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Jean-Pierre Tremblay indique que les premiers résultats pourraient être connus dans environ deux ans.

Contrairement à ce qu’affirmait John Pineault, Jean-Pierre Tremblay indique qu'il ne s’agirait pas d’une baisse historique de la population. Selon ses dernières données, une reprise serait en cours, mais plusieurs années pourraient être nécéssaires avant d’observer une hausse notable.

Il croit néanmoins qu'un moratoire d'un an pourrait être une solution pour obtenir l'acceptabilité sociale des coupes forestières, qui est nécessaire selon lui.

Avec les informations de Laurence Royer

Côte-Nord

Industrie forestière