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  • Accord Trump-Kim : dénucléarisation historique ou pétard mouillé?

    L'animatrice Michèle Viroly présente un reportage au Téléjournal.  En mortaise, une photo de l'ex-président Jimmy Carter.
    L'animatrice du « Téléjournal », Michèle Viroly, présente un reportage sur l'accord de dénucléarisation obtenu par l'ex-président Jimmy Carter avec la Corée du Nord. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Un chapitre effrayant de l'histoire se termine-t-il? L'entente qui vient d'être signée à Singapour par les présidents Donald Trump et Kim Jong-un pourrait-elle clore définitivement à la fois la question de la dénucléarisation nord-coréenne et la guerre de Corée? Nos archives suggèrent que la prudence est de mise.

    En guerre depuis 1945

    Le document de Singapour n’est pas le premier du genre. Les espoirs de pacification de la péninsule coréenne ont souvent été déçus au cours des dernières décennies.

    Les États-Unis et la Corée du Nord communiste se regardent en chiens de faïence depuis 1945. Entre 1950 et 1953, la puissance américaine veut militairement empêcher l’annexion de la Corée du Sud par son voisin du Nord. L’administration du président américain Harry S. Truman envisage même l’utilisation de la bombe atomique au début du conflit coréen.

    La possibilité de voir la Corée du Nord se doter de l’arme atomique hante Washington depuis les années 1950. En octobre 2006, cette crainte devient une réalité. Dès lors, les États-Unis et la communauté internationale s’évertuent à convaincre le régime nord-coréen de démanteler sa capacité à fabriquer des engins atomiques.

    Arriver à un accord relève de la gageure. D’une part, la plupart des pays de la planète se méfient de la Corée du Nord. D’autre part, la famille Kim, qui dirige le pays depuis 1945, voit dans l’arme nucléaire une garantie indispensable à la survie de son pouvoir.

    Des accords vite oubliés

    « Téléjournal », 19 juin 1994

    Comme le rappellent nos archives, un premier espoir d’entente est survenu en 1994. Le 19 juin 1994, l’animatrice du Téléjournal, Michèle Viroly, présente un reportage de Jean-Michel Leprince, alors correspondant à Washington. Le journaliste analyse la visite de l’ex-président américain Jimmy Carter en Corée du Nord.

    L'ex-chef d'État revient de son séjour avec, dans sa main, un engagement conclu avec le président nord-coréen, Kim Il-sung. Selon Jimmy Carter, « l’accord était complet et le pire a été évité. »

    Au cours de cette rencontre historique assortie d’honneurs exceptionnels, il [le président Kim-Il sung] lui a promis un gel de son programme, la fin de la production de plutonium nécessaire à fabriquer les bombes, la reprise des inspections par les instances internationales et, de plus, le dialogue avec la Corée du Sud.

    Jean-Michel Leprince

    Un accord plus formel de dénucléarisation avec l’administration du président Bill Clinton est signé à Genève en octobre 1994. Hélas, la Corée du Nord n’a jamais honoré cet engagement.

    « Téléjournal », 3 octobre 2007

    Un deuxième espoir de pacification émerge le 3 octobre 2007. Comme le mentionne ce jour-là l’animateur du Téléjournal, Bernard Derome, la Chine obtient une promesse de dénucléarisation de la Corée du Nord. Le journaliste Paul Gascon nous en rapporte les éléments essentiels.

    Un pas important vers l’abandon par la Corée du Nord de ses ambitions nucléaires : Pyongyang accepte de démanteler son principal site nucléaire et s’engage à fournir une liste complète de ses activités atomiques d’ici la fin de l’année [1994].

    Paul Gascon

    Cette promesse, la Corée du Nord l’a vite oubliée.

    L’entente Trump-Kim signée à Singapour constitue un troisième espoir de régler une fois pour toutes la crise dans la péninsule coréenne. Certains croient que les États-Unis et la communauté internationale ont déjà joué le rôle de dupes dans ce film avec la Corée du Nord. D’autres expriment un enthousiasme prudent.

    Chose certaine, un règlement définitif s’annonce long et parsemé d’embûches. Le président Trump doit se croiser les doigts pour que cette fois-ci soit la bonne. Autrement, son accord sur la bombe nord-coréenne pourrait se transformer en pétard mouillé.

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