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Le « bain de forêt », une solution pour aider à prévenir la dépression

Un pont japonais rouge dans la verdure d'une forêt.
Au Japon, le « bain de forêt » pratiqué depuis les années 1950 a démontré ses vertus thérapeutiques. Photo: Marie-Sophie L'Heureux
Radio-Canada

Des études menées au Japon, où la sylvothérapie est pratiquée depuis les années 1950, ont démontré les effets positifs de cette méthode sur l'anxiété liée à la vie quotidienne. Au Canada, cette thérapie pourrait être facilement mise en pratique, a déclaré Marie-Sophie L'Heureux au micro de L'actuel.

Les suicides récents de personnalités médiatiques, l’animateur Anthony Bourdain et la designer Kate Spade, viennent rappeler une réalité dont s’alarment régulièrement les chercheurs : la dépression touche chaque année plus de personnes à travers le monde.

Selon la Harvard School of Public Health, la dépression se classera même d’ici 2020 au deuxième rang des principales causes d’incapacité à l’échelle mondiale, juste derrière les maladies cardiaques.

Le Canada n’est pas épargné. L’Agence de santé publique affirme qu’au pays, environ 11 % des hommes et 16 % des femmes feront une dépression majeure au cours de leur vie.

Pour tenter d’enrayer ce phénomène, les chercheurs sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à la sylvothérapie, une méthode développée au Japon, comme l’explique la Montréalaise Marie-Sophie L’Heureux, journaliste spécialisée en santé et ex-infirmière clinicienne.

« Déjà dans les années 1950,  le Shinrin-Yoku ou littéralement “bain de forêt” avait été intégré par le gouvernement au programme national de santé publique du Japon, rapporte-t-elle. Mais c’est surtout dans les années 1980 que le Shinrin-Yoku a connu son principal essor. »

Se déconnecter du stress de la vie urbaine

De retour d’un voyage au Japon centré sur la médecine naturelle, Marie-Sophie L’Heureux a pu faire elle-même l’expérience de ces « bains de forêt ».

« On éteint évidemment les téléphones cellulaires, les appareils photo et en fait toutes les sources de distraction possibles, l’idée étant de se déconnecter de la vie urbaine et de se connecter à autre chose : regarder la mousse sur les roches, écouter le chant des oiseaux, le murmure du ruisseau, toucher aux arbres, aux pierres… Prendre son temps. »

Un escalier de pierre entouré de végétation.Pour pratiquer la sylvothérapie, il faut laisser ses sens s'imprégner de la nature, explique Marie-Sophie L'Heureux. Photo : Marie-Sophie L'Heureux

Cette méthode apparemment simple aurait des vertus thérapeutiques avérées, selon plusieurs études. « En 1995, décrit Mme L’Heureux, les scientifiques Miyazaki et Motohashi ont observé que des sujets qui passaient 40 minutes en forêt le matin et l’après-midi voyaient une diminution de la tension, la dépression, l’anxiété, la fatigue et la confusion. »

Une autre étude datant de 2007 et conduite par l’équipe de recherche de Morita a analysé l’humeur de 498 sujets ayant marché en forêt durant 4 jours, poursuit Marie-Sophie L’Heureux.

« Leur constat est qu’il y avait non seulement une baisse de l’hostilité et de l’état dépressif, mais aussi un meilleur sentiment de vivacité. »

L'effet positif de l'odeur des épinettes ?

À l’heure où les autorités sanitaires veulent mettre l’accent sur la prévention des suicides -- dont 60 % sont en partie liés à une composante dépressive, selon Marie-Sophie L’Heureux --, la journaliste pense que les Canadiens pourraient bénéficier de cette thérapie facilement accessible.

« Et comme on sait que, par exemple, respirer l’odeur des cèdres du Japon a pour effet de faire baisser la pression artérielle systolique dès 40 à 60 secondes après l’inhalation, il faudrait voir ce que nos forêts d’épinettes et de feuillus canadiens ont comme effet positif sur l’humeur », conclut-elle.

Avec des informations de Martine Bordeleau

Manitoba

Santé publique