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  • Exclusif
  • Hébergement des aînés : des Matanais portent plainte

    Le traitement des personnes âgées dénoncé au CHU de Québec

    Le comité a recueilli une dizaine de plaintes concernant l'hébergement des aînés en Matanie

    Photo : iStock / Istock

    Radio-Canada

    Selon nos sources, environ une dizaine de plaintes concernant l'hébergement des personnes âgées en Matanie ont été déposées au printemps par des aînés et leurs familles à la Commissaire aux plaintes et à la qualité des services du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, Stéphanie Bush.

    Un texte de Joane Bérubé

    Ces plaintes ont été accompagnées d’une lettre du Comité vigilance en santé de la Matanie signalant d’importantes préoccupations concernant l’hébergement des aînés.

    La lettre fait état de pressions exercées sur des familles pour accélérer la sortie d’une personne âgée de l’hôpital alors qu’il n’y aurait pas d’hébergement adéquat pour cette personne en Matanie, de familles qui se sentent menacées et jugées non collaboratrices, d'aînés aux prises avec des problèmes financiers à cause de leur hébergement, de conjoints qui ont dû se séparer légalement en raison des coûts d’hébergement d’un des conjoints, de personnes âgées à mobilité réduite qui n'auraient pas accès aux espaces communs d’une résidence et de déménagements à répétition.

    Ce ne sont là que quelques-unes des situations rapportées par le Comité vigilance Matanie à la Commissaire aux plaintes, Stéphanie Bush.

    Stéphanie Bush, qui n'a pas voulu commenter la lettre en raison de la confidentialité des dossiers, décidera s'il y a lieu d'ouvrir une enquête sur les faits allégués.

    Peur de représailles

    Selon le porte-parole du Comité vigilance en santé de la Matanie, Michel Côté, il a fallu beaucoup de courage à ces familles et à ces aînés pour témoigner de ces situations.

    Les gens, selon M. Côté, sont peu enclins à porter plainte.  Beaucoup de personnes âgées ont peur de faire des plaintes, ont peur de demander, ont peur des représailles et ce ne sont pas toutes les familles qui sont prêtes à pousser et à porter plainte parce qu'[elles] aussi ont peur pour leur père, leur mère. 

    Dans sa lettre, le Comité dénonce l’éloignement de plusieurs aînés de leur milieu de vie et de leur réseau de soutien.

    Selon les membres du Comité, la volonté des aînés, leurs besoins de socialisation ou leur désir de demeurer près de leurs proches ne seraient pas respectés ni considérés dans l’évaluation des professionnels de la santé lorsque vient le temps de diriger une personne âgée vers un nouveau milieu d’hébergement.

    L’hébergement hors territoire et la séparation des couples ne seraient pas des situations exceptionnelles en Matanie, soutient Michel Côté.

    Une personne âgée utilise une marchette pour se déplacer.

    Le taux d'abus commis à l'endroit des résidents par le personnel de la résidence Earls Court Village était de 44,53% en 2016.

    Photo : CBC

    Le Comité vigilance en santé de la Matanie s’inquiète aussi que le dossier d’une personne âgée hébergée hors des limites de la MRC puisse être transféré à la MRC hôte, coupant ainsi les liens avec son réseau d’origine. Si quelqu’un est hébergé à Sainte-Luce ou au Kamouraska, explique M. Côté, c’est l’endroit qui héberge la personne de la Matanie qui gère tout ça, il n’y a plus de lien avec Matane.

    La personne est désormais administrativement comptabilisée comme un patient de la Mitis ou du Kamouraska, ce qui complique un éventuel rapatriement auprès de ses proches.

    Multiples situations

    Selon le comité, il manquerait, en Matanie, de ressources adaptées aux diverses situations de santé des aînés, mais aussi aux moyens financiers des personnes âgées.

    L’hébergement en résidence privée pour aînés a un impact financier important que beaucoup ne peuvent pas assumer. Il y a, constate le porte-parole du comité, des gens qui n’y arrivent pas. Une dame, qui, sa vie durant, n’a pas été sur le marché du travail, bien les ressources gouvernementales comme la sécurité de la vieillesse n’arrivent pas à couvrir les besoins de ces gens-là.

    Une femme seule en résidence privée avec un revenu de 18 000 $ utilise 88 % de son budget à son logement et à ses services.
    Source : États des lieux des résidences pour aînés au Québec 2015-2016, Réseau FADOQ

    Selon la SCHL, un loyer standard en résidence privée, en 2016, au Bas-Saint-Laurent, s’élevait en moyenne à 1522 $, comparativement à 1626 $ pour l‘ensemble du Québec

    La lettre du Comité ainsi que les plaintes ont été expédiées le 26 avril dernier.

    La Commissaire aux plaintes, Stéphanie Bush, a indiqué au Comité qu'une réponse lui parviendrait fin juin début juillet.

    Le CISSS n’a pas répondu à nos demandes d’entrevues.

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