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Plus d'aînés pauvres en Colombie-Britannique qu'ailleurs au Canada

Un homme à la barbe foisonnante poivre et sel arbore une casquette noire et des lunettes à épaisses montures. Il se trouve sur un trottoir du centre-ville.

Fred Card a vécu plusieurs années dans la rue, dans le quartier de Downtown Eastside, avant de retrouver un logement.

Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Radio-Canada

Près d'un aîné sur dix souffre de pauvreté dans la province : c'est le résultat du bilan publié par le Conseil de recherche et de planification sociale de la province et Centraide dans le Grand Vancouver (SPARC BC).

La première donnée marquante dans le bilan publié mardi (Nouvelle fenêtre), c’est que la province britanno-colombienne est nettement au-dessus de la moyenne nationale en matière de pauvreté des personnes de plus de 65 ans. Au Canada, moins de 7 % des aînés sont pauvres, alors qu’en Colombie-Britannique, on atteint 8,9 %. Bien loin devant la Saskatchewan, qui a le taux le plus bas au pays, avec 3,1 %.

En l’an 2000, 33 780 aînés étaient pauvres en Colombie-Britannique. La hausse est considérable depuis, puisqu’en 2015, on en comptait 70 990. De plus, cela fait trois ans de suite que le nombre d’aînés en situation de pauvreté grandit à un rythme soutenu, après une courte pause en 2012.

Les villes les plus touchées par la pauvreté des aînés appartiennent à la région du Grand Vancouver. Dans la ville de Vancouver, le quartier de Chinatown a 41,9 % d'aînés en situation de pauvreté et le quartier du Downtown Eastside domine le classement, avec 46 %. Dans la région, 20 % des aînés de Richmond sont pauvres, et Burnaby en compte 16 %. Seules les communautés de plus de 500 aînés ont été comptabilisées dans l'étude.

Annie Fillion travaille à l’entretien de toilettes publiques dans la rue Pender, à Vancouver. Avec un loyer de 1200 $ à débourser chaque mois, elle a besoin des banques alimentaires pour survivre : « Vancouver devient de plus en plus dur. Tout l’argent va dans le loyer, il reste un tout petit peu pour manger. » Dès qu’elle aura pris sa retraite, dans une dizaine d’années, elle compte quitter la province.

Le nombre d’aînés sans-abri a quadruplé en moins de dix ans

Fred Card a vécu dans la rue avec sa femme durant quatre ans, dans le quartier de Downtown Eastside. Désormais, il bénéficie de l’aide sociale à hauteur de 710 $ par mois et vit dans un logement social qu’il paye 350 $ par mois : « L’aide sociale devrait être de 1200 à 1300 $. On est tellement loin du seuil de pauvreté. » Il aimerait pouvoir quitter Vancouver, mais sa femme, en fauteuil roulant, est dans une maison adaptée : il doit rester auprès d’elle.

En 2017, on dénombrait 123 aînés sans-abri dans le Grand Vancouver, contre 32 en 2008. Une donnée qu’on peut mettre en corrélation avec le fait qu’un aîné sur cinq dans la province vit dans un logement qui est trop élevé pour ses revenus, c’est-à-dire que le loyer représente plus de 30 % de ses revenus mensuels.

D'autre part, le nombre d'aînés qui ont rejoint les listes de demandes de logements sociaux ou dans des coopératives a augmenté de plus de 50 % en cinq ans. En 2017, 5988 aînés étaient inscrits sur ces listes.

La communauté francophone touchée

Plus la personne âgée est isolée, plus elle est à risque d'être pauvre, selon l’étude. Moins de 5 % des aînés qui vivent en couple sont pauvres contre 16 % pour les aînés seuls.

Serge Coté, président de l’Assemblée francophone des retraité(e)s et des aîné(e)s de la Colombie-Britannique, a constaté que plusieurs des membres de son association vivent des années difficiles, financièrement parlant. « Beaucoup de gens n’ont pas prévu assez d’économie pour avoir un niveau de vie suffisant. J’ai un ami dont c’est le cas. Il planifiait de travailler jusqu’à la fin. La maladie s’est installée et il vit de façon précaire actuellement ». Selon lui, le fait de ne pas maîtriser l'anglais peut favoriser l'isolement pour un aîné francophone.

Pour définir la pauvreté, l’étude se base sur la mesure du seuil de faible revenu, c’est-à-dire un seuil en dessous duquel un individu consacre 20 % de son revenu de plus que la moyenne de la population pour subvenir à ses besoins élémentaires (nourriture, logement, habillement).

Colombie-Britannique et Yukon

Pauvreté