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Miser sur les médias sociaux pour rendre le cannabis plus attrayant

Cinq hommes sont assis sur une scène et discutent alors qu'un écran géant au-dessus d'eux diffuse la conférence pour le public.
Une conférence dans le cadre du Congrès international du cannabis Photo: Radio-Canada

Oubliez les stéréotypes associés aux drogues. Au Congrès international du cannabis, on mise sur de nouveaux consommateurs, dont des femmes d'affaires branchées qui ont des milliers d'abonnés sur Instagram.

Un texte d’Elisa Serret

Plus de 500 personnes de partout dans le monde ont assisté au Congrès international du cannabis à Saint-Jean, qui s'est terminé mardi.

À 10 h 30 lundi, les cocktails à la mode étaient déjà servis; c’est l’industrie du plaisir au sommet de sa forme.

Dans la salle comble, il y avait des producteurs, des détaillants, des représentants de gouvernement, mais surtout des dieux du marketing.

Tous venus charmer producteurs et détaillants, car lorsque le jour J arrivera au Canada, et peut-être ailleurs dans le monde, les consommateurs seront aussi des femmes et des jeunes branchés.

Du moins, c’est ce que prédisent ces géants du marketing qui animaient la conférence « Surmonter les barrières de marketing dans une industrie hautement réglementée ».

Les restrictions concernant la publicité sont claires : on ne peut pas, par l'intermédiaire de la publicité, inciter les jeunes à consommer. Et il est presque impensable d’avoir une entreprise et de ne pas faire de promotion sur les médias sociaux en 2018.

Alors, comment faire pour promouvoir une entreprise du cannabis?

La publicité sera-t-elle autorisée?

Les restrictions proposées concernant les activités de promotion visent à protéger les jeunes contre l'influence du marketing et de la publicité qui pourrait les inciter à consommer du cannabis.

En même temps, les consommateurs doivent avoir accès à des renseignements clairs et objectifs en fonction desquels ils peuvent prendre des décisions éclairées au sujet de la consommation.

Par conséquent, la loi fédérale proposée autoriserait la publicité à titre d'information, autrement dit, des renseignements factuels et exacts sur le cannabis (ingrédients, teneurs en THC et CBD, etc.).

Des renseignements qui permettent aux consommateurs de distinguer entre les marques seraient également autorisés. Dans tous les cas, ces types de publicités ne seraient autorisés que dans les publications et les lieux qui sont inaccessibles aux jeunes.

Le projet de loi prévoit des restrictions quant à plusieurs types d'activités de promotion, par exemple :

  • Celles qui visent à attirer les jeunes;
  • Celles qui comprennent des renseignements faux, trompeurs ou mensongers;
  • Les commandites, les témoignages professionnels d'appréciation et les endossements;
  • La promotion à l'aide de représentation de personnes, de célébrités, de personnages ou d'animaux.

Sur la scène, trois spécialistes, des sommités du marketing, sont venus de San Francisco et de Seattle. Beaux, éloquents, ils pourraient faire la première page de magazines branchés.

April Pride est la fondatrice de l’entreprise Van der Pop de Seattle. Sa boîte se consacre au marché féminin du cannabis. Elle mise sur l’éducation et l’information scientifique. « Il faut rendre le produit attrayant et sans jugement, car les prochains consommateurs seront de jolies femmes avec des comptes Instagram très populaires », croit-elle.

Une jeune femme aux cheveux bruns sourit à la caméra dans un corridor où des tasses à café sont déposées sur des tables.April Pride, fondatrice de Van der Pop Photo : Radio-Canada

Elle raconte l’histoire d’utilisatrices qui consomment du cannabis sous toutes ses formes. On peut lire sur son site Internet, dont l'image de marque est scrupuleusement pensée pour un public féminin, comment le cannabis a amélioré la vie sexuelle d’une telle ou encore comment la marijuana a adouci les douleurs insupportables des menstruations d’une autre, même comment la consommation de cannabis a facilité l'entraînement d’une femme dans la quarantaine pour un marathon.

Les détails sont importants, précise Mme Pride, car il y a encore une forte proportion de femmes qui se sentent stigmatisées quand vient le moment de dire qu’elles consomment du cannabis. Selon elle, beaucoup de ses clientes se plaignent du jugement des autres. C’est un défi supplémentaire pour les propriétaires d’entreprises qui visent le marché féminin.

Et il faut pouvoir diversifier ses produits, ajoute la femme d’affaires, car la consommation de l’herbe chez les femmes se fait souvent sous d’autres formes : crèmes, huiles et produits comestibles. C’est un marché complètement différent, affirme April Pride.

Plusieurs produits comestibles à base de cannabis sont présentés dans la vitrine d'un commerce.Les produits du cannabis comestibles seraient plus attrayants pour une clientèle féminine. Photo : iStock

Bref, conquérir ces nouveaux marchés par les médias sociaux n'est pas gagné d'avance. Les spécialistes affirment avoir recours régulièrement à des conseillers juridiques pour y arriver.

D’ailleurs, aussi dans la salle pour charmer les producteurs, quelques firmes d'avocats flairent les bonnes affaires.

Des normes pour l’industrie du cannabis

Le groupe Global Partnership Cannabis a annoncé sa création et la mise en place d’un label. Le but est de standardiser le plus possible les produits de la marijuana dans le monde.

Les parties prenantes de partout dans le monde pourront y adhérer de façon volontaire. Il y aura quatre niveaux de standardisation.

L’objectif est de calmer les opposants à la légalisation et ainsi de permettre aux consommateurs de savoir si ce qu’ils achètent répondra à certains critères quant à la méthode de production, à la protection de l’environnement ou à l’éthique.

Ceux qui adhèrent à ce groupe doivent partager des valeurs communes :

  • Faire seulement la promotion de produits qui répondent aux exigences du label;
  • Éduquer la population et l'aider à faire des choix;
  • Collaborer à la recherche dans le monde et partager les informations;
  • S’engager dans la protection des consommateurs.

L’organisation à but non lucratif affirme qu’elle nommera un vérificateur afin d’assurer le respect de ces normes.

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