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Redonner vie à une tourbière ravagée, puis envahie

Un homme contemple l'horizon.
Sur le site du boisé des Terres noires à L’Assomption, dans Lanaudière, le biologiste Réjean Dumas contemple le nouvel étang aménagé pour lutter contre le phragmite, une plante envahissante. Photo: Radio-Canada / Chantal Srivastava

Un territoire protégé de L'Assomption, au nord-est de Montréal, fait l'objet de vastes travaux de restauration. L'effort colossal qui y est déployé permettra à une tourbière ravagée, puis occupée par une espèce exotique envahissante, de retrouver son intégrité écologique.

Un texte de Chantal Srivastava, de l'émission Les années lumière

Dans les années 80, le boisé des Terres noires, un îlot naturel situé en territoire agricole, a été dévasté par des prélèvements massifs de terre, utilisée entre autres pour le jardinage. La terre a été prélevée sur près d’un mètre de profondeur sur ce site de 37,4 hectares.

Au fil du temps, la surface dénudée a été colonisée par le phragmite, ou roseau commun (Phragmites australis), une plante envahissante venue d’Europe qui s’est tout d’abord établie chez nous sur le bord des routes.

Petit à petit, grâce à ses graines, le phragmite a fait son chemin beaucoup plus loin, jusqu’au cœur de cette petite forêt.

Un champ de phragmiteLe phragmite a fortement colonisé le massif boisé des Terres noires. Photo : Michel Leboeuf/FCEL

Le reportage de Chantal Srivastava est diffusé à l'émission Les années lumière, dimanche à 12 h 10, à ICI Radio-Canada Première.

Une forêt pour lutter contre l’envahisseur

Pour lutter contre l’envahisseur, des amoureux de la nature ont sorti l’artillerie lourde… pour le plus grand bonheur des grenouilles, des lièvres, des lapins et des cerfs, qui retrouveront un vrai habitat.

Réjean Dumas et ses partenaires de la Fiducie de conservation des écosystèmes de Lanaudière (FCEL) sont derrière le vaste effort de réaménagement amorcé cet hiver.

Sans leur intervention, l’écosystème risquait de continuer à se dégrader, au péril de la biodiversité et aussi des ressources en eau, par effet de pompage de la nappe phréatique par la plante envahissante.

Ici, on vise à recréer une érablière rouge à sapin!

Réjean Dumas, biologiste

La première illustration montre le boisé des Terre noires avant les travaux. La seconde imagine ce que le site sera devenu dans 50 ou 70 ans.
Faites défiler le curseur pour voir la transformation :

L’objectif est de créer un habitat diversifié qui fera littéralement de l’ombre au phragmite. Les travaux ont commencé en février dernier. La topographie du terrain a été complètement refaite.

Durant trois semaines, trois pelles mécaniques ont complètement refaçonné le terrain pour aménager des plans d’eau au pourtour desquels seront plantés au total 4800 arbres : des érables rouges, des sapins baumiers, des cerisiers tardifs, des bouleaux jaunes, des pins blancs et même des saules noirs. Quelque 2000 arbres ont déjà été plantés.

Un champ avec plusieurs petits drapeaux.À chaque drapeau correspond un arbre qui sera planté : bleu pour le sapin baumier, rouge pour l’érable rouge et orange pour l’aulne rugueux. Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Un travail de longue haleine

D’ici 10 ans, lorsque tous ces arbres auront grandi, la canopée se refermera, diminuant ainsi l’ensoleillement au sol. Le roseau, déjà noyé par les nouveaux cours d'eau, ne pourra plus supporter la concurrence des arbres pour obtenir de la lumière.

L’espoir, c’est qu’à la fin du siècle, la forêt imaginée par les concepteurs soit arrivée à maturité.

C’est un peu comme les grandes cathédrales en Europe où ça se passe sur des générations. Les concepteurs ne voient pas le produit fini!

Réjean Dumas, biologiste

Ce projet d’envergure a mobilisé toute la communauté, qui a mis la main à la pâte pour faire le ménage du site qui avait pris des allures de dépotoir.

Pour les écoliers de la région, le boisé des Terres noires est aussi devenu un précieux lieu d’apprentissage. Même les universitaires profitent de ce laboratoire à ciel ouvert pour valider leurs hypothèses sur l’aménagement forestier et la lutte aux espèces envahissantes.

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