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Itinérance à Winnipeg : rien n’a changé depuis trois ans, selon une étude

Campement de sans-abri dans le secteur Broadway Ouest.

Près de 15 % des personnes interrogées vivaient dans un espace public comme un abribus, un parc ou une voiture.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Conseil de planification sociale de Winnipeg vient de rendre publics les résultats de son deuxième recensement des sans-abri dans les rues de Winnipeg, qui dresse un portrait plus détaillé de l'itinérance dans la capitale manitobaine. Les auteurs espèrent que ces résultats permettront d'influer sur les politiques locales en matière d'aide à cette population démunie.

Les 17 et 18 avril, quelque 300 personnes ont rencontré près de 1500 sans-abri, dans le cadre du deuxième recensement mené par le Conseil de planification sociale de Winnipeg. Le but était d’amasser des informations importantes comme leur situation de logement, leurs renseignements personnels et leurs antécédents.

« Il est pratiquement impossible d'établir avec précision la population de sans-abri. Pour un sans-abri, être invisible est un moyen de survie », explique notamment le rapport.

Aussi, plutôt que d'estimer le nombre total de sans-abri à Winnipeg, le sondage veut-il offrir aux chercheurs et aux décideurs une idée du type de personne qui vit en situation d'itinérance, de la façon dont elle est devenue itinérante ainsi que des obstacles qu'elle doit surmonter pour tenter de se sortir de cette situation.

Peu d’évolution en trois ans

La première analyse qu’en tire Josh Brandon, animateur communautaire au Conseil de planification sociale de Winnipeg et auteur du rapport, c’est que la situation n’a pas beaucoup évolué depuis la précédente enquête, menée en 2015.

« Nous sommes déçus de voir qu’il y a encore tellement de problèmes profonds d’itinérance à Winnipeg, dit-il. Et de voir que les mêmes populations sont encore surreprésentées : les Autochtones et les jeunes. »

Le recensement révèle que 65,1 % des personnes interrogées étaient des hommes, et 61,2 % étaient Autochtones.

Les auteurs du rapport disent que les personnes qui vivent l'itinérance dans leur jeunesse sont plus susceptibles de la revivre durant leur vie.

L'âge médian des gens qui deviennent itinérants est de 20 ans, et l'âge le plus fréquent est de18 ans.

Une question de priorité

Pour Josh Brandon, il existe cependant des solutions.

« Il faut commencer par mettre en oeuvre des programmes qui permettent de connaître la vie des itinérants, pour comprendre ce qui a mené à cette situation, explique-t-il. Et ensuite, il faut investir dans des programmes qui répondent à ces besoins. »

L’animateur communautaire cite l’exemple de Medicine Hat, en Alberta, qui a mis en place un programme permettant aux sans-abri qui le souhaitent de se voir proposer un logement.

« Ils ont réussi à réduire à zéro le nombre d’itinérants. Et c’est certainement un défi que nous devons relever à Winnipeg. Il suffit d’en faire une priorité. »

Dans cette optique, M. Brandon pense que la décision d’Ottawa, annoncée lundi, de permettre aux villes de dépenser les fonds fédéraux pour des initiatives locales de lutte contre l’itinérance est une bonne étape.

Les autres enseignements de l’étude 2018

Près de 15 % des répondants vivaient dans un espace public comme un abribus, un parc ou une voiture. Près du quart ont séjourné dans un refuge d'urgence, un foyer de violence familiale ou un refuge pour les jeunes, tandis qu'un autre quart des personnes questionnées vivaient chez une autre personne.

L’âge médian des personnes interrogées était de 39 ans. L'enquête a permis de créer des liens avec 367 jeunes de moins de 29 ans, dont 80,2 % étaient Autochtones et 18,6 % LGBTQ, ce qui est supérieur aux 10,7 % des autres répondants.

Les bénévoles ont interrogé 94 jeunes de moins de 18 ans et 20 aînés de plus de 65 ans.

Plus de la moitié des personnes interrogées n'avaient pas terminé leurs études secondaires. Un peu plus du quart avaient un diplôme d'études secondaires, 10,1 % avaient fait des études postsecondaires, 9,1 % avaient obtenu un diplôme d'études postsecondaires et moins de 1 % avaient un diplôme d'études supérieures.

La moitié des sans-abri ont passé du temps en famille d'accueil ou dans des foyers d'accueil, 5,9 % ont servi dans l'armée ou la GRC, et 1,8 % sont des immigrants ou des réfugiés arrivés au Canada au cours des cinq dernières années.

Les méthodes d'enquête utilisées cette année ont été changées depuis la dernière enquête menée en 2015, ce qui signifie que les résultats ne sont pas directement comparables. Les sondeurs espèrent que ces données pourront servir de balises pour les recensements à venir.

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