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Les États-Unis vont durcir les procédures de demande d'asile

Plan rapproché de M. Sessions.

Le procureur général Jeff Sessions a réitéré l'intention de l'administration Trump de limiter l'immigration.

Photo : Getty Images / Alex Wong

Agence France-Presse

Les États-Unis vont durcir les procédures de demande d'asile afin de limiter le flux d'immigrants originaires d'Amérique centrale, a annoncé lundi le procureur général Jeff Sessions.

Les allégations de violence conjugale ou de violences de la part de gangs criminels ne seront ainsi plus suffisantes pour déposer une requête aux postes-frontières, a déclaré M. Sessions.

Un étranger peut être victime de menaces et de violences pour un certain nombre de raisons liées à des questions sociales, économiques, familiales ou d'autres circonstances personnelles. Mais le statut de bénéficiaire d'asile ne sert pas à réparer tous les malheurs.

Jeff Sessions, procureur général des États-Unis

S'exprimant sur la requête d'une Salvadorienne qui affirmait avoir été violée et battue par son époux pendant des années, il a rappelé que les demandeurs d'asile devaient prouver avoir été victimes de persécution en raison de leur nationalité, de leurs convictions politiques ou de leur appartenance à un groupe ethnique, religieux ou social. Ils peuvent aussi faire valoir une « peur crédible » pour leur vie.

La définition de ces motifs ne peut pas être élargie ou être vague, a assuré M. Sessions, rejetant une précédente décision qui considérait les femmes mariées victimes de violence conjugale comme un groupe persécuté.

Le simple fait qu'un pays puisse avoir des difficultés à empêcher certains crimes, comme la violence conjugale ou les violences de gangs, ou que certaines catégories de la population soient plus enclines à subir des violences ne peut justifier une demande d'asile.

Jeff Sessions, procureur général des États-Unis

Cette déclaration intervient dans un contexte de lutte accrue de l'administration américaine contre l'immigration illégale à la frontière mexicaine, alors que Donald Trump a décrété une « tolérance zéro ».

De nombreux ressortissants du Guatemala, du Honduras et du Salvador, y compris des mineurs non accompagnés, se pressent à la frontière après avoir fui la violence endémique dans leur pays pour demander l'asile aux États-Unis.

Début mai, le président américain a ordonné d'engager désormais des poursuites contre toutes les personnes traversant illégalement la frontière et de séparer les enfants de leurs parents lorsque des familles traversent la frontière.

La loi était déjà en vigueur sous l'administration de son prédécesseur, Barack Obama, mais rarement appliquée.

En mai dernier, les arrestations à la frontière étaient néanmoins en hausse de 160 % par rapport à mai 2017.

Plus tôt dans la journée, M. Sessions avait assuré que « la vaste majorité des demandes d'asile déposées actuellement n'[étaient] pas valides » et que seules 20 % d'entre elles étaient justifiées.

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