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Fermetures de zones de pêche : les homardiers gaspésiens touchés de plein fouet

Débarquements de homard
Débarquements de homard Photo: Radio-Canada / François Vigneault

Pêches et Océans Canada ferme les zones de pêche situées entre Percé et Port-Daniel-Gascons, qui sont fréquentées par des homardiers du sud de la Gaspésie.

Un texte de Joane Bérubé

La mesure touche environ 70 des 163 détenteurs de permis de homard de la Gaspésie.

Jusqu’à maintenant, les mesures de protection de la baleine noire mises en place par le ministère avaient épargné la pêche côtière au homard. Ce n’est plus le cas.

La mesure vise le cœur de la zone 20A et une partie de la zone 20B des homardiers de la Gaspésie.

Carte des zones temporaires fermées (en rouge)Carte des zones temporaires fermées (en rouge) Photo : Pêches et Océans Canada

Cette fermeture, qui sera effective vendredi, survient après l’observation de deux baleines noires à 10 km, au large de Newport, en Gaspésie.

La fermeture temporaire pour une période de 14 jours pourrait précipiter la fin de la saison pour les pêcheurs de la Gaspésie touchés, croit le directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O’Neil Cloutier.

Les homardiers de la Gaspésie disposent de permis selon les sous-zones où ils sont affectés et ne peuvent pas changer de lieu de pêche, comme le font les crabiers ou d'autres flottilles de homardiers.

Si ces sous-zones sont utilisées pour fermer les zones, malheureusement on ne peut pas aller ailleurs, il faut ramasser les casiers.

O'Neil Cloutier, directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie

Les pêcheurs ont complété la semaine dernière leur 6e semaine de pêche.

En Gaspésie, la pêche au homard s’étale sur 10 semaines seulement et se termine à la fin juin.

Bateaux de pêche à quaiHomardiers au quai de l'Anse-à-Beaufils Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

O’Neil Cloutier, lui-même touché par la fermeture, ajoute qu’aucune des zones temporaires fermées par le ministère depuis le printemps n’a été rouverte à la pêche.

Les dernières semaines de pêche sont souvent celles qui assurent la rentabilité des entreprises de pêche. Les homardiers de la Gaspésie mettront en place une cellule de crise.

Des propositions d'atténuation rejetées

Le ministère avait déjà annoncé vendredi en fin de journée la fermeture d’une zone de pêche située près des côtes gaspésiennes en raison de la présence confirmée d’au moins une baleine noire.

Cette fermeture a pris effet lundi à 14 h et touchait un petit secteur de la zone 20A des homardiers gaspésiens.

Les homardiers gaspésiens, voulant éviter une prochaine crise, ont alors demandé au ministère de permettre malgré tout une pêche côtière à un maximum de 10 brasses de profondeur, près des côtes.

Le directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie rappelle que la pêche au homard dans la région se pratique à 5 minutes du quai, sur une mince bande l’exploitation, le long du littoral, dans une zone qui n’est pas fréquentée par les baleines.

Historiquement, soutient M. Cloutier, les homardiers ne comptent aucun incident avec aucune espèce de baleines.

Des pêcheurs de homards au quai de L'Anse-à-Beaufils, en GaspésieDes pêcheurs de homards au quai de L'Anse-à-Beaufils, en Gaspésie Photo : Radio-Canada / Claude Côté

Cette proposition a été conjointement déposée avec des homardiers du Nouveau-Brunswick.

Le ministère a refusé.

Les homardiers sont revenus avec une seconde proposition, soit d’assurer une surveillance 24 heures sur 24, sept jours par semaine de leurs engins de pêche afin d’éviter les empêtrements.

Les coûts du plan de surveillance auraient été entièrement assumés par le Regroupement.

Cette solution discutée par le ministère a aussi été repoussée.

C’est quelque chose d’invraisemblable. Le gouvernement canadien met fin à une pêcherie qui va très, très bien.

O'Neil Cloutier, directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie

Nervosité dans les usines de transformation

Dans les usines, tout le monde est aux aguets. Le vice-président de l’entreprise E. Gagnon et fils, Bill Sheehan, confirme que ces fermetures sont catastrophiques.

Environ 80 % de son approvisionnement proviendrait des secteurs touchés. « On a, dit-il, une usine de homard et de crabe des neiges, si on coupe l’approvisionnement des deux espèces, je ne sais plus vers quoi on pourrait se tourner d’autres. Je commence être à court de solutions. »

L’usine compte plus de 350 employés. Normalement, cette période de l’année correspond au temps fort de la saison.

Ça s’enlignait pour être une belle saison, mais ça déroule comme un cauchemar.

Bill Sheehan, Vice-président d’E. Gagnon et fils.
Bill Sheehan, VP de E.Gagnon et filsBill Sheehan, VP de E.Gagnon et fils Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre

À Grande-Rivière, à Sainte-Thérèse-de-Gaspé, la pêche est au cœur de l’économie.

« Je pense que c’est tout le monde en Gaspésie qui va être touché par ça, à partir des travailleurs d’usine, après ça va être les commerçants. Tout le monde va s’en ressentir, c’est toute l’économie locale qui est touchée par ça », commente Bill Sheehan.

Demandes d'aide à Québec et à Ottawa

La préfète de la MRC de Rocher-Percé, Nadia Minassian, demande à Québec et à Ottawa d’intervenir immédiatement pour aider financièrement l’industrie des pêches et ses travailleurs touchés.

La MRC exige des mesures financières d'urgence.

Nadia Minassian estime que les conséquences économiques seront immenses pour la MRC de Rocher-Percé et que le ministère des Pêches et des Océans a mal géré la crise en n’écoutant pas les solutions proposées par les pêcheurs.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches