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  • Archives
  • 20 ans après la grève, que reste-t-il de l'Abitibi-Consolidated?

    L'animateur Michel Viens présente le Téléjournal.  Derrière lui, on voit une mortaise avec les mots Wayagamack et Abitibi-Consolidated.
    L'animateur Michel Viens présente au « Téléjournal » un reportage sur l'ultimatum de l'Abitibi-Consolidated à ses travailleurs en grève. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le 15 juin 1998, les 5000 employés de 11 usines de la papetière Abitibi-Consolidated déclenchaient une grève. Ce conflit de travail allait durer cinq mois. Comme en témoignent nos archives, la confrontation s'étendait des méthodes de négociations à la bonification du régime de retraite, et même à la survie de certaines usines de l'entreprise.

    Briser le droit acquis

    L’Abitibi-Consolidated naît en 1997 du regroupement d’Abitibi-Price, inc. et de Stone-Consolidated Corporation.

    La nouvelle entité veut renouveler les conventions collectives avec ses employés. Elle y met cependant au préalable une condition.

    Abitibi-Consolidated exige des ententes négociées avec les syndiqués dans chacune de ses 11 usines en Ontario, au Québec et à Terre-Neuve.

    Les travailleurs veulent pour leur part conserver le droit acquis de pourparlers communs. À cette divergence s’ajoutent d’importantes revendications à propos d'une bonification des salaires et du régime de retraite. Les positions sont irréconciliables et entraînent la rupture.

    Le 15 juin 1998, l’animateur du Téléjournal, Bernard Derome, annonce que les travailleurs des usines d’Abitibi-Consolidated situées dans l'est du Canada ont déclenché une grève spontanée.

    Le reportage du journaliste Ghislain Beaulieu précise les doléances des employés. L’exigence par l'entreprise d’une négociation fractionnée par usine les indigne tout spécialement. Les propos de plusieurs travailleurs captés par Ghislain Beaulieu sont révélateurs.

     On n’a pas le choix parce qu’on va perdre notre syndicat. Ça va devenir un syndicat de boutique si on se divise de même. 

    Jacques Labranche, travailleur en grève

    Une question de survie

    Un reportage du journaliste Claude Frigon nous présente l’ultimatum lancé par Abitibi-Consolidated. Si les travailleurs ne cessent pas leur grève, deux usines, dont celle de Wayagamack, près de Trois-Rivières, seront fermées.

    Cela signifierait la perte de 600 emplois dans la région de la Mauricie. La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), auquel appartient le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier qui représente les grévistes, crie au chantage.

    Le 27 juillet 1998, l’animateur du Téléjournal, Michel Viens, révèle les répercussions de la stratégie patronale. Devant la menace, comme le démontre un reportage de la journaliste Nancy Sabourin, la partie syndicale doit réviser ses positions.

    Par exemple, le Fonds de solidarité de la FTQ propose un soutien financier à Abititi-Consolidated pour assurer la survie des emplois mauriciens. Le syndicat exerce aussi des pressions sur ses membres de la Wayagamack pour qu’ils retournent au travail.

    Déchirés entre leur emploi et leur devoir de solidarité, les employés de métier et leurs collègues papetiers interrompent à regret leur grève. Si la décision ravit la direction patronale, celle-ci refuse catégoriquement de s’engager à garder ouverte l’usine de Wayagamack.

    Le 14 novembre 1998, l’Abitibi-Consolidated et le Syndicat canadien des Communications s’entendent sur une convention collective. Cette dernière concerne les 3000 employés des 10 usines demeurées en grève.

    Les autorités syndicales jubilent. Selon celles-ci, des gains importants ont été réalisés, et ils bonifient à la fois les conditions salariales et le régime de retraite.

    En 2001, Abitibi-Consolidated vend l’usine de la Wayagamack à la papetière Kruger. La transaction permet une fois de plus la sauvegarde de la plupart des emplois. Mais les travailleurs doivent concéder à leur nouvel employeur une baisse de salaire et une paix syndicale imposée de 10 ans.

    Quant à la papetière Abitibi-Consolidated, elle est devenue, au fil des acquisitions et des fusions, l'entreprise Produits forestiers Résolu.

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