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Les experts contredisent Ford : se retirer de la bourse du carbone coûtera cher

La Tour CN derrière un nuage de pollution.

Le Parti progressiste-conservateur a promis que le retrait de la bourse du carbone ne coûterait rien aux contribuables ontariens.

Photo : Radio-Canada / Ramna Shahzad/CBC

Radio-Canada

Le premier ministre désigné Doug Ford s'est engagé à annuler la participation de la province à la bourse du carbone, mais les analystes du secteur de l'environnement ne croient pas qu'il pourra le faire sans payer des montants importants aux entreprises ontariennes.

La bourse du carbone a été officiellement implantée en 2017 en Ontario et impose des limites aux émissions de gaz à effet de serre des entreprises.

Celles-ci peuvent tenter de réduire ces émissions ou acheter des permis pour dépasser le plafond imposé. Les coûts additionnels sont souvent passés aux consommateurs : on estimait en 2017 que la bourse sur le carbone faisait grimper les factures d'électricité et les dépenses en essence de 13 $ par mois.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Le premier ministre désigné, Doug Ford, a fait campagne en promettant d'annuler la participation de l'Ontario à cette bourse du carbone. Son plan ne prévoit aucune dépense liée à cette décision.

Leurs chiffres n'ont pas de sens. L'équipe de Patrick Brown [l'ancien chef progressiste-conservateur] avait estimé qu'il en coûterait 500 millions de dollars pour sortir de l'entente sur la bourse du carbone avec le Québec et la Californie.

Keith Stewart, stratège principal, Greenpeace Canada

Le professeur Alain Webster, du Centre universitaire de formation en environnement et développement durable de l'Université de Sherbrooke, croit que le modèle de la bourse du carbone est le moyen le moins coûteux d'amener les entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Lui aussi pense que d'abandonner ce programme coûtera cher à l'Ontario.

Alain Webster, vice-recteur au développement durable et aux relations gouvernementales à l'Université de Sherbrooke.

Alain Webster, vice-recteur au développement durable et aux relations gouvernementales à l'Université de Sherbrooke

Photo : Université de Sherbrooke

Plusieurs entreprises ont déjà acheté des droits d'émission pour plusieurs millions de dollars dans les ventes aux enchères sur ces droits d'émission, et si on veut se retirer, on devra les compenser éventuellement.

Alain Webster, professeur, Université de Sherbrooke

Sara Hastings-Simon, de l'Institut Pembina, souligne que la bourse du carbone a permis de faire des investissements de plus de deux milliards de dollars dans l'économie ontarienne.

L'entente signée par la province précise que l'Ontario peut se retirer de cette bourse en donnant un avis d'un an.

Mme Hastings-Simon croit possible que l'Ontario doive aussi dédommager des entreprises de la Californie et du Québec qui ont investi dans le système de plafonnement et d'échange.

Portrait.

Sara Hastings-Simon, de l'Institut Pembina

Photo : Institut Pembina

Si l'Ontario devait se retirer [de la bourse du carbone], des entreprises au Québec et en Ontario qui ont investi dans des permis d'émission pourraient entamer des recours judiciaires contre la province, ce qui serait aussi coûteux.

Sara Hastings-Simon, Institut Pembina

Mme Hastings-Simon souligne que le premier ministre désigné Doug Ford pourrait bien revenir sur sa promesse quand il en saisira les répercussions.

Elle affirme que le président américain Donald Trump avait aussi promis en campagne électorale de se retirer de l'Accord de Paris sur la réduction des gaz à effet de serre et qu'il reconsidère maintenant cet engagement.

Le professeur Webster partage son optimisme. « Il faut espérer que l'on trouvera des façons de poursuivre la collaboration de l'Ontario dans la lutte aux changements climatiques et, selon toute vraisemblance, on va peut-être réussir à convaincre la nouvelle administration ontarienne que cette logique de plafonnement et d'échange de droits d'émission est un système qui est pertinent. »

Le PDG de la Chambre de commerce de l'Ontario, Rocco Rossi, soutient pour sa part que les entreprises ontariennes paient depuis un bon moment les efforts de réduction des gaz à effet de serre.

Nos membres pensent qu'ils paient déjà une très grande taxe sur le carbone avec des coûts d'électricité parmi les plus élevés au monde, à cause de la fermeture des centrales au charbon et autres investissements verts.

Rocco Rossi, PDG de la Chambre de commerce de l'Ontario

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Rocco Rossi en conférence de presse derrière un podium.

Le président de la Chambre de commerce de l'Ontario, Rocco Rossi.

Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé

Il ajoute que la grande majorité des exportations ontariennes prennent le chemin des États-Unis, et que la plupart des États n'ont pas de taxe additionnelle sur les émissions de gaz à effet de serre, ce qui rend les entreprises de chez nous moins concurrentielles.

Toronto

Politique provinciale