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Sur les traces d'une nouvelle enzyme liée au cancer du sein

Le reportage de Marianne Meunier
Radio-Canada

Raghuveera Goel, étudiant en biochimie à l'Université de la Saskatchewan, s'intéresse aux activités cellulaires de l'enzyme SRMS depuis plus de six ans. Après avoir découvert que cette enzyme est active dans les cellules cancéreuses du sein, voilà qu'il dénombre plus de 600 protéines ciblées par l'enzyme.

Un texte de Marianne Meunier

Le docteur Erique Lukong et son étudiant Raghuveera Goel travaillent à Saskatoon sur une famille de protéines appelées kinases. Elles sont utilisées par le corps pour réguler les fonctions des protéines nécessaires au développement et au maintien des cellules.

Les kinases regroupent trois enzymes : BRK, FRK et SRMS.

« Plusieurs études ont permis de démontrer que le BRK est un oncogène, soit un gène qui pourrait causer le cancer du sein, alors que la protéine FRK, elle, montre un potentiel à guérir le cancer du sein. Toutefois, malgré ces avancées, le rôle de l’enzyme SRMS demeurait encore inconnu », explique Raghuveera Goel.

M. Goel est assis à son poste de travail devant une panoplie d'instruments biochimiques.Raghuveera Goel poursuit ses recherches au sein de l'équipe de biochimistes du Dr Erique Lukong à l'Université de la Saskatchewan, à Saskatoon. Photo : Radio-Canada / Trevor Bothorel

En 2013, Raghuveera Goel et ses collègues biochimistes établissent un premier lien entre l’enzyme SRMS et le cancer du sein en comparant deux échantillons de tissus extraits d’une même patiente.

Ils découvrent que la concentration de l'enzyme SRMS est beaucoup plus élevée dans l’échantillon de cellules cancéreuses que dans l’échantillon de cellules non infectées par la maladie. Aussi, ils observent que plus la concentration de l'enzyme augmente, plus le cancer progresse.

Suivre l'enzyme dans les cellules

Les nouvelles recherches menées par M. Goel lui ont permis de tracer les activités enzymatiques du SRMS lors du processus de phosphorylation.

Une dizaine de protéines contenues dans une même cellules sont colorées en bleu. On y distingue facilement l'enzyme SRMS par sa couleur verte. En colorant la molécule de phosphate en vert, Raghuveera Goel a pu suivre les déplacements cellulaires de l'enzyme SRMS. Photo : Radio-Canada / Trevor Bothorel

Cette réaction chimique est catalysée par diverses kinases, dont l'enzyme SRMS, qui provoque le transfert d'un groupe de phosphate vers des protéines présentes dans la cellule.

Nous avons identifié 663 cibles pour l’enzyme SRMS qui n’avaient jamais été découvertes auparavant.

Raghuveera Goel, étudiant en biochimie

Selon Raghuveera Goel, une dysfonction enzymatique lors du processus de phosphorylation, comme une hyperactivité de l'enzyme SRMS, pourrait conduire au développement de certaines maladies telles que le cancer.

Cette information est une ressource globale qui permettra d’étudier différents types de cancer pour voir si l’enzyme SRMS y est active ou non.

Raghuveera Goel, étudiant en biochimie

Mais les recherches ne s’arrêtent pas là pour Raghuveera Goel et l’équipe du Dr Lukong qui souhaitent maintenant se pencher sur le lien de causalité entre l’enzyme SRMS et le cancer du sein.

« On essaie de voir si cet enzyme-là est à la base de la progression du cancer du sein ou son initiation même », dit le Dr Erique Lukong.

« Le cancer est le résultat de nombreux gènes. On ne connaît pas exactement l’importance de l’enzyme SRMS dans ce concert de gènes qui causent le cancer du sein. C’est la direction que prendra notre laboratoire pour tenter d’identifier le rôle spécifique de cet enzyme dans ce type de cancer », ajoute Raghuveera Goel.

Au cours des prochains mois, Raghuveera Goel entamera ses études postdoctorales à Boston, au Massachusetts, où il étudiera entre autres le rôle de l’enzyme SRMS dans les autres types de cancer.

Médecine

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