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Fred Neegan, figure de proue autochtone du Nord de l'Ontario, s'est éteint

Fred Neegan lors de la remise de son doctorat honorifique.

Fred Neegan a passé une grande partie de sa vie à diffuser l'histoire de la rivière Missinaibi.

Photo : courtoisie Marc Johnson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Amoureux de la nature et mémoire de la région de Mattice, dans le Nord-Est de l'Ontario, Fred Neegan est décédé vendredi à l'âge de 87 ans.

Un texte de Bienvenu Senga

C’est un « grand-père adoptif » que perd Nicolas Rice, également originaire de Mattice. Il s’apprêtait à passer son 26e été consécutif à la rivière Missinaibi aux côtés de Fred Neegan.

« Il avait beaucoup de leçons de vie et de sagesse à partager. Il pouvait rendre positive n’importe quelle situation négative. »

— Une citation de  Nicolas Rice, habitant de Mattice
Fred Neegan dans un canoeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fred Neegan à la rivière Missinaibi

Photo : courtoisie Marc Johnson

Fred Neegan est né d’une mère crie et d’un père ojibwé au bord de la rivière Missinaibi, où la chasse et la trappe ont rapidement fait partie de sa vie quotidienne.

M. Neegan a toutefois été arraché à ses proches à l'âge de cinq ans. Il a ensuite passé 12 ans dans le pensionnat autochtone de St-John’s de Chapleau, sans pouvoir rendre visite à sa famille en été, faute de moyens financiers.

Un exemple de réconciliation

Selon M. Rice, il n'avait pas de rancune. « C’est clair que ça l’a marqué, mais il me parlait surtout des anecdotes avec ses copains de classe plutôt que des mauvais moments », affirme-t-il.

Fred Neegan pose devant le pensionnat indien de St. JohnAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fred Neegan pose devant l'école indienne de St. John

Photo : courtoisie Marc Johnson

Marc Johnson, un ami de longue date de M. Neegan, ajoute que même si ce dernier a toujours regretté avoir perdu sa langue maternelle, l'oji-cri, à la suite de son passage au pensionnat, il a toujours entretenu d’excellentes relations avec les francophones, les anglophones et les Autochtones de sa région.

« À un moment où nous parlons de plus en plus de réconciliation avec les peuples autochtones, Fred vivait cette réconciliation. »

— Une citation de  Marc Johnson, ami de longue date de Fred Neegan

Un legs de taille

Fred Neegan a passé la majeure partie de sa vie d'adulte à raconter l’histoire de la rivière Missinaibi et de la région.

L’Université de Hearst lui a d'ailleurs décerné un doctorat honorifique en 2016.

Fred Neegan devant des chutes d'eauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fred observe les chutes d'eau

Photo : courtoisie Marc Johnson

L’actuel recteur de l'établissement postsecondaire, Luc Bussières, affirme que son legs est très important.

« On va retenir de lui le calme, la patience, l’humilité et la connaissance intime d’une rivière qui fait partie du paysage, mais qu’on a tendance à oublier. »

— Une citation de  Luc Bussières, recteur de l’Université de Hearst

S’il estime qu’il est « difficile de remplacer des personnes avec la stature, le calme et la sagesse tranquille de M. Neegan », M. Bussières espère que quelqu’un tentera de prendre sa relève.

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