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Que veut dire la perte de statut de parti officiel pour les libéraux?

Kathleen Wynne au podium, lors de son discours de démission.
Kathleen Wynne lors de son discours de démission. Photo: La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Jeudi soir, le Parti libéral de l'Ontario a perdu à la fois son chef et son statut de parti officiel à Queen's Park. La dernière fois que le parti avait obtenu si peu de sièges, c'était en 1951.

La première ministre sortante, Kathleen Wynne, s’attendait à ne pas être réélue lors des élections provinciales ontariennes cette semaine. Elle aura finalement perdu 48 sièges à Queen’s Park, d’importants acteurs qui n’ont pas été réélus, en plus d’obtenir le plus bas pourcentage de votes exprimés pour le parti depuis 1923.

Le Parti libéral n'a gagné que sept sièges de député, soit un de moins que la limite fixée pour obtenir le statut de parti officiel à Queen's Park.

21,8% : le plus bas pourcentage des votes exprimés depuis 1923 et le pire résultat depuis 1951 avec seulement 7 élus.Défaite historique du Parti libéral de l'Ontario en deux chiffres Photo : Radio-Canada / Vincent Wallon / Icônes : Freepik de www.flaticon.com

Conséquences pour le Parti libéral de l’Ontario

Lorsqu’un parti perd son statut officiel à l'Assemblée législative de l'Ontario, il cesse de recevoir les fonds qu’accorde Queen's Park pour le salaire des employés du chef de parti et pour la recherche qui aide le parti à établir sa plateforme, en plus de perdre du temps de parole en Chambre. L'interruption du financement entre en vigueur à partir du jour du scrutin.

C’est une défaite humiliante, ce qu’on a vu hier soir pour le Parti libéral. [...] La reconstruction au lendemain des élections sera d’autant plus ardue.

Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au Département de sciences politiques du Collège militaire royal de Kingston

Selon Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au Département de sciences politiques du Collège militaire royal de Kingston, le Parti libéral a perdu des figures importantes et devra trouver de nouveaux acteurs qui sauront participer à la reconstruction du parti.

« Il y aura du recrutement pour aller chercher de nouveaux candidats et il faudra voir, dans les sept qui sont encore présents à Queen's Park, le rôle qu’ils pourront jouer dans cette reconstruction-là », dit la politologue.

La professeure-adjointe accorde une entrevue.La politologue Stéphanie Chouinard Photo : Radio-Canada

La perte du statut officiel n’empêchera pas le parti de continuer son travail, selon Lise Jolicoeur, directrice de StrategyCorp et ex-directrice des communications de Kathleen Wynne. Elle explique que les membres du caucus peuvent tout de même demander la permission de parler lors de débats en Chambre, et donne Elizabeth May, la chef du Parti vert du Canada, en exemple.

C’est une voix forte, elle organise des conférences de presse et fait ce qu’elle peut pour être entendue.

Lise Jolicoeur, directrice de StrategyCorp et ex-directrice des communications de Kathleen Wynne

Pour Dennis Pilon, professeur associé de sciences politiques à l’Université York, c’est l'abandon du financement qui est le plus dur à accepter lors de la perte du statut officiel. « Pour qu’un parti soit à jour dans ses politiques, pour qu’il puisse mettre de l’avant de nouvelles idées, cela prend du temps et de l’argent », souligne-t-il.

Un bandeau annonçant le dossier de Radio-Canada sur les élections provinciales en Ontario

Et si le Parti progressiste-conservateur intervenait?

Le Parti progressiste-conservateur pourrait, s’il le désire, décider que le Parti libéral conserve son statut officiel.

Selon Mme Chouinard, cela dépendra du bon vouloir de l’équipe de Doug Ford. Elle estime que M. Ford pourrait vouloir octroyer un statut officiel ou un financement supplémentaire pour commencer la session parlementaire sur un ton conciliateur.

Doug Ford au lendemain de sa victoire.Doug Ford au lendemain de sa victoire Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Néanmoins, vu la majorité confortable dont hérite le Parti progressiste-conservateur au lendemain des élections, il n'aura pas besoin d'une opposition sympathique pour gouverner.

En 2003, après que le Nouveau Parti démocratique de l’Ontario n'eut pas été en mesure d’obtenir le nombre de sièges nécessaire, le Parti libéral de l’Ontario avait fini par lui octroyer du temps durant les périodes de questions en plus d’un petit budget pour le caucus.

Avec les informations de CBC

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