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Le « requin du Canada » menacé?

Un requin-taupe commun s'est échoué sur une plage d'Inverness en Nouvelle-Écosse.
Un requin-taupe commun échoué sur une plage d'Inverness en Nouvelle-Écosse. Photo: Sean O'Connell
La Presse canadienne

Il est un nageur rapide, mais sa vitesse ne l'a pas protégé contre les pêcheurs commerciaux. Après des années de surpêche, la population des requins-taupes communs ou requins maraîches a chuté et Ottawa songe à adopter des mesures de protection.

Pêches et Océans Canada a publié récemment les résultats d’un sondage pour déterminer si le requin maraîche – un imposant prédateur qui peut atteindre une taille de 3 mètres – devrait être ajouté à la Liste des espèces en péril.

On trouve couramment ce requin dans les eaux de l’Atlantique Nord. Il a une grande tolérance au froid.

De 80 % à 90 % de la population des requins maraîches se trouve dans les eaux canadiennes, ce qui a valu à l’espèce le surnom de « requin du Canada ».

Une chute draconienne du stock

La population des requins maraîches a diminué de 78 % depuis 1961, l’année où le Canada a autorisé sa pêche.

La pêche commerciale du requin maraîche a été interdite en 2013, mais l’espèce se rétablit difficilement à cause de son système de reproduction lent. La femelle de l’espèce n’atteint sa maturité sexuelle qu’à 13 ans et sa période de gestation est de neuf mois, comme chez les êtres humains.

Un requin-taupe commun qui fait surface à côté d'un bateauUn requin-taupe commun qui fait surface à côté d'un bateau Photo : Steven Campana/Institut océanographique de Bedford

Et ces requins donnent naissance à très peu de jeunes comparativement aux autres espèces.

Shannon Arnold, du Centre d’action écologique d’Halifax, souhaite qu’Ottawa ajoute le requin maraîche à la Liste des espèces en péril, non seulement pour favoriser sa reprise, mais aussi parce qu’il sera ainsi plus facile d’obtenir des fonds pour mieux l’étudier.

La dernière évaluation du stock de requins maraîche date de 2009. On estimait alors qu’il y en avait de 197 000 à 297 000 dans les eaux canadiennes.

Un régulateur de l'écosystème marin

Une doctorante en biologie marine de l’Université Memorial de Terre-Neuve-et-Labrador, Emilie Novaczek, estime que le requin maraîche mérite une place sur la Liste des espèces en péril à cause de son cycle de reproduction lent et de son importance, en tant que grand prédateur, pour la régulation de l’écosystème.

Or, des espèces marines sont rarement ajoutées à la liste. Une étude sur la politique canadienne des océans concluait, en 2016, que seulement cinq espèces marines sur 39 jugées dans un état précaires avaient obtenu cette désignation.

Emilie Novaczek estime que le gouvernement fédéral doit prendre une décision rapidement dans le cas du requin maraîche. « Nous avons [déjà] raté l’occasion de protéger une génération entière de ces requins », dit-elle.

Pêches et Océans Canada fera une recommandation au ministère fédéral de l’Environnement après avoir examiné les commentaires reçus au cours de sa consultation publique. Il n’y a pas d’échéancier pour la prise d'une décision, selon un porte-parole.

Terre-Neuve-et-Labrador

Environnement