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Premier round d’observation terminé à l’Assemblée albertaine

Le dôme de l'assemblée albertaine à Edmonton
Les députés albertains ont adopté 18 projets de loi en trois mois de session. Photo: Radio-Canada / Gaetan Lamarre
Radio-Canada

Les députés albertains quittent l'Assemblée, jeudi, au terme d'une session de printemps relativement peu productive marquée par les tensions autour du pipeline Trans Mountain et qui a été l'occasion pour les deux principaux partis de jauger leurs faiblesses respectives.

Un texte de Laurent Pirot

Le conservateur Jason Kenney, qui a fait ses débuts en mars comme chef de l'opposition officielle, tente de se présenter comme meilleur défenseur de l’économie albertaine. La première ministre, Rachel Notley, accuse en retour les conservateurs d’être rétrogrades en ce qui concerne les questions sociales.

Dans l’ombre de Trans Mountain

La session de printemps a été largement dominée par les difficultés du pipeline Trans Mountain et les tentatives pour en imposer la construction, malgré l’opposition du gouvernement de la Colombie-Britannique.

Jason Kenney assure que c’est lui qui donne l’exemple et que le gouvernement Notley n’a fait que reprendre avec du retard sa suggestion d’adopter une ligne plus dure face à Ottawa et à Victoria.

« Les électeurs ont été clairs : ils veulent que nous soyons concentrés sur l’économie et le pipeline », a affirmé Jason Nixon, leader de l’opposition à la Chambre.

Les conservateurs ont présenté un projet de loi privé demandant un référendum avant toute hausse de la taxe carbone et plusieurs motions demandant au gouvernement fédéral d’en faire plus pour assurer l'expansion du pipeline Trans Mountain.

Rachel Notley s’oppose à cette stratégie frontale et juge que son style a porté des fruits.

Nous avions promis de faire construire ce pipeline, nous obtenons la construction de ce pipeline.

Rachel Notley, première ministre albertaine

Un des outils de cette lutte a été le projet de loi 12, qui donne les moyens au gouvernement de contrôler les exportations d’hydrocarbures et, donc, de priver la Colombie-Britannique de carburant en représailles.

La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, parle devant un micro lors d'une conférence de presse à EdmontonRachel Notley, la première ministre de l'Alberta Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Le projet de loi a été adopté, mais le gouvernement a choisi de ne pas le promulguer. Depuis le rachat du pipeline par le fédéral, l’Alberta a préféré temporiser et le « remettre dans la boîte à outils », selon l’expression de la ministre de l’Énergie, Marg McCuaig-Boyd.

Jason Kenney pense au contraire que le gouvernement devrait l’utiliser pour tenter de briser l'opposition au projet.

Dette massive

Le gouvernement a aussi fait adopter deux lois pour accentuer la diversification économique de la province en offrant des crédits d’impôt au secteur de la pétrochimie et à celui des nouvelles technologies.

Le budget a été un autre temps fort. Le déficit, toujours élevé, de 8,8 milliards de dollars et surtout la dette, qui devrait atteindre 96 milliards dans cinq ans, ont suscité de nombreuses attaques des conservateurs.

« L’image qui en est ressortie, c’est que le gouvernement est incapable de maîtriser les finances publiques », constate le politologue de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily.

Divisions sur les questions sociales

C’est sur les questions sociales que le chef conservateur, Jason Kenney, a moins bien géré son entrée à l’Assemblée provinciale, estime le chercheur.

Jason Kenney a dénoncé le projet de loi interdisant les manifestations à proximité des cliniques d’avortement comme un « jeu politique » sur un sujet qui n’était pas au coeur des préoccupations des Albertains.

Les députés conservateurs ont refusé d’en débattre et sont sortis à 14 reprises de la Chambre pour éviter de donner leur avis lors des différents votes.

Ce choix très inhabituel pour un groupe d’opposition est dénoncé fortement par tous les autres partis. Rachel Notley estime que c’était « une façon lâche de voter contre » le texte sans « sans être honnêtes » sur leurs intentions exactes.

« Est-ce que ça va laisser des traces assez profondes au sein de l’électorat? Pour le moment, je n’en ai pas l’impression », estime Frédéric Boily.

Jason Kenney, chef du Parti conservateur uniJason Kenney parle aux médias après l'adoption de la motion sur les alliances gai-hétéro lors de l'assemblée générale du parti. Photo : Radio-Canada / Geneviève Tardif

La première assemblée générale du Parti conservateur uni, début mai, a également donné lieu à une démonstration de force, avec plus de 2000 militants réunis pour afficher leur soutien à Jason Kenney.

Le chef du PCI a toutefois dû couper court aux tentatives de l’aile conservatrice de son mouvement, qui a fait adopter des motions allant dans le sens de la limitation du droit à l’avortement ou des alliances gai-hétéro à l’école. Pas question de faire campagne sur ces propositions, a-t-il tranché.

Élections en vue

Les élections qui auront lieu au printemps 2019 retiennent déjà beaucoup d’attention. Presque tous les ministres souhaitent être candidats, à l’exception de la ministre des Services aux citoyens de l'Alberta, Stephanie McLean et de la ministre associée de la Santé, Brandy Payne.

Chez les conservateurs, quatre députés ont annoncé qu'ils ne se représentaient pas, et sept autres, dont Jason Kenney, ont déjà reçu l’investiture de leur parti. Le Parti conservateur uni a enregistré plus de 170 candidatures de la part de militants qui souhaitent se présenter.

Candidats et députés vont profiter de l’été pour faire du porte-à-porte. Les travaux de l’Assemblée albertaine devraient reprendre le 29 octobre.

Alberta

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