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Des Autochtones d'Amazonie protègent leurs terres grâce à un drone

Plan aérien d'une zone forestière traversée par une route.
Capture d'une vidéo prise par le drone de l’Association interethnique pour le développement de la forêt pluviale péruvienne. Photo: YouTube/AIDESEP
Radio-Canada

Des Autochtones de l'Amazonie ont récemment réussi à bloquer la construction d'une route illégale sur leurs terres en accumulant des preuves vidéo à l'aide d'un drone, rapporte le magazine américain Fast Company.

C’est l’an dernier que les résidents de communautés situées entre la ville de Yurimaguas et le village de Lagunas, dans le nord du Pérou, ont constaté que l’aménagement d’une nouvelle route sur des terres qui leur appartiennent avait débuté.

Tout portait à croire qu’une entreprise avait pris cette initiative sans se préoccuper des règles.

Ils ont vite appris qu’effectivement, le gouvernement péruvien n’avait pas autorisé la construction de cette route. Si celui-ci l’avait fait, il aurait d’abord dû lancer une consultation auprès d’eux, membres des collectivités touchées. Ils auraient alors pu exprimer leurs inquiétudes.

Pour les Autochtones de l’Amazonie, la construction d’une nouvelle route veut souvent dire qu’une compagnie minière ou forestière s’apprête à s’installer dans leur région pour en moissonner les ressources naturelles. Et les impacts sur l’environnement peuvent être dévastateurs. Depuis une quinzaine d’années, l'Amazonie péruvienne a vu disparaître 2 millions d'hectares de forêt, l’eau est de plus en plus polluée et le sol s’assèche.

Cette fois-ci, la route était aménagée par une grande société produisant de l’huile de palme.

Mais le fardeau de la preuve incombait aux plaignants. Ils devaient démontrer aux autorités de Lima qu’une route était bel et bien en construction. Ce n'est qu'à ce moment que le gouvernement prendrait les mesures nécessaires pour mettre un terme aux travaux.

Avec l’aide financière d’Oxfam, l’Association interethnique pour le développement de la forêt pluviale péruvienne (AIDESEP), un groupe de défense des droits des Autochtones basé à Lima, a lancé au-dessus des territoires des communautés lésées un drone équipé d’une caméra vidéo.

L'appareil leur a permis, au cours des derniers mois, de documenter les changements qui survenaient sur leurs terres et de fournir des données de localisation précises et fiables.

Les leaders des communautés avaient maintenant en main les preuves nécessaires, qu’ils ont montrées à des agences gouvernementales. Et comme ils l'espéraient, « ça a mené à l’arrêt des travaux », a expliqué Waldir Eulogio Azaña, représentant de l’AIDESEP, à Fast Company.

Plan aérien d'une plantation de palmiers à huile traversée par une route.Capture d'une vidéo prise par le drone de l’Association interethnique pour le développement de la forêt pluviale péruvienne. Photo : YouTube/AIDESEP

Projet-pilote

Le programme de drones d’Oxfam n’est encore qu’un projet-pilote, a indiqué Neal McCarthy, administrateur au sein de l’organisation.

L’AIDESEP, qui représente plus d’une centaine de collectivités, a reçu environ 25 000 dollars d’Oxfam pour acquérir le drone et enseigner aux leaders de différentes communautés amazoniennes à l’utiliser.

Ce premier drone que nous avons financé, c’était en fait une expérience. Mais maintenant que l'expérience a fonctionné, il faut se demander comment faire évoluer le programme.

Neal McCarthy, administrateur d'Oxfam
Un drone traverse le ciel.Un drone semblable à celui de l'AIDESEP. Photo : iStock

L’AIDESEP avait précédemment eu bien du mal à documenter les cas de violation de droits fonciers.

Le gouvernement ne se contentait pas des déclarations de témoins. Et même les photos géolocalisées captées par des téléphones intelligents ne suffisaient pas, car elles pouvaient avoir été trafiquées, manipulées.

« Nos gens ont réalisé que les preuves qu’ils apportaient étaient toujours remises en question », a relaté Neal McCarthy.

Ce que les drones permettent de faire, c’est de présenter des images continues, sans montage, partant d’un endroit de référence connu et se déplaçant vers le lieu de l’infraction qu’on souhaite documenter.

« Ce sont des données assez inattaquables », a souligné M. McCarthy.

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