•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les professeurs se font entendre contre le budget de l'Université de Saint-Boniface

L'Université de Saint-Boniface, à Winnipeg
L'Université de Saint-Boniface, à Winnipeg Photo: Radio-Canada / Rosalie Loiselle
Radio-Canada

Les professeurs de la seule université francophone du Manitoba manifesteront, à midi, jeudi, pour faire connaître leur opposition au budget approuvé par le Bureau des gouverneurs. Ce budget prévoit une hausse de 0,75 % du salaire des professeurs, une hausse de 6,6 % des droits de scolarité et l'abolition de deux postes de professeur de sciences.

Le président de l'Association des professeurs et des professionnels de l'Université de Saint-Boniface, Jean Valenti, souligne que l'élimination de ces deux postes va entraîner une suspension de programmes. Il estime que cette décision aura des conséquences importantes pour certains étudiants qui seront forcés d'aller terminer leurs études à l'Université du Manitoba, en anglais.

Jean Valenti croit que l'Université avait d'autres options pour faire face aux compressions de 0,9 %, annoncées dans le budget du gouvernement provincial. Selon lui, les autres universités manitobaines ont fait les choses différemment et ont trouvé des façons de ne pas nuire à l'offre en enseignement.

Nous demandons pourquoi notre université, université de la communauté francophone du Manitoba, a décidé de toucher à l'enseignement avant de rationaliser ses coûts opérationnels.

Jean Valenti, président de l'Association des professeurs et des professionnels de l'Université de Saint-Boniface
Un homme avec une chemise grise et portant des lunettes à monture noire dans un studio de radio.L'Association des professeurs et des professionnels de l'Université de Saint-Boniface s'oppose au budget adopté par le bureau des gouverneur, dit son président, Jean Valenti.s Photo : Radio-Canada

Le président du syndicat note que l'Université de Saint-Boniface (USB) va supprimer un poste de professeur de microbiologie et un poste de professeur de mathématiques. Il indique que les étudiants francophones du Manitoba ont des résultats plus faibles en mathématiques que la plupart des étudiants canadiens. Il rappelle du même coup l'importance accordée par le gouvernement fédéral à l'augmentation du nombre de diplômés en sciences et que la décision de l'Université va ainsi à l'encontre de cette priorité.

En entrevue, Jean Valenti a toutefois été incapable de préciser quelles compressions auraient pu être effectuées. Il estime toutefois que c'est le travail des administrateurs de trouver une façon d'éviter la suppression de postes.

L'éducation comme un simple secteur économique

Professeur d'économie à l'USB, Faïçal Zellama s'oppose à ce qu'il qualifie de système mercantile en éducation qu'impose le gouvernement progressiste-conservateur. Il dénonce la baisse de salaire réel des professeurs depuis quelques années et l'augmentation du nombre de chargés de cours par rapport au nombre de professeurs.

Il estime que les prochaines années seront plus difficiles pour les universités parce que l'effet de ces compressions se fait de plus en plus sentir. Selon lui, l'effet de cette vision mercantile sera d'autant plus grand pour l'enseignement en français en milieu minoritaire.

Dans ce contexte, une question demeure sans réponse : où est l'étudiant dans tout cela? Celui qui devrait être la raison d'être de l'Université n'est nulle part dans tout ce débat, dans toutes ces prises de décision.

Faïçal Zellama, professeur d'économie à l'Université de Saint-Boniface

Faïçal Zellama croit que les administrateurs de l'Université devraient explorer d'autres façons de faire face aux compressions de la province et d'autres sources de financement. Il mentionne le parrainage de salles de classe par des entreprises, une pratique qu'il dit avoir observée dans d'autres universités.

Manitoba

Éducation