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Quatre manifestations marquantes des sommets du G7, G8 et G20

Le protestataire est couché sur le ventre, avec derrière lui un mur de policier en marche.

Manifestation en marge du G20 à Toronto, en juin 2010.

Photo : La Presse canadienne / Adrien Veczan

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plusieurs manifestations sont au menu en marge du Sommet du G7 dans Charlevoix. Au cours des dernières années, de nombreux rassemblements de dirigeants ont marqué l'actualité. Voici quatre villes qui ont accueilli des sommets au cours des 17 dernières années.

Un texte de Charles D'Amboise et Fanny Samson


Gênes, Italie – G8 en 2001

Des manifestants sont repoussés par une ligne de policiers antiémeute dans une rue de Gênes, en Italie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Affrontements entre manifestants et policiers en marge du sommet du G8 à Gênes en 2001

Photo : Getty Images / AFP/Gerard Julien

Cette rencontre a été marquée par de violentes manifestations qui ont mobilisé plus de 100 000 manifestants antimondialisation. La répression policière a même fait un mort, un militant de 23 ans, et des centaines de blessés. Les émeutes ont duré trois jours.

Les rencontres des leaders de la planète étaient accompagnées de protestations hostiles depuis celle de l’Organisation mondiale du commerce à Seattle, en 1999, mais Carlo Giuliani a été la première victime de ces manifestations.

Amnistie internationale avait même affirmé que ces tristes événements avaient constitué « la plus grave atteinte aux droits démocratiques dans un pays occidental depuis la Seconde Guerre mondiale ».

Carlo Giuliani a été tué par balle durant les émeutes anti-G8 de Gênes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Carlo Giuliani a été tué par balle durant les émeutes anti-G8 de Gênes.

Photo : Reuters / Dylan Martinez

« Le pic du mouvement, le moment où les gens avaient vraiment une conscience. Ils étaient conscients que leurs actions avaient un impact global, c’était vraiment au tournant du millénaire », souligne l’expert de ces mouvements, André Drainville, professeur titulaire au département de sociologie de l’Université Laval.

Ce sommet est le dernier G8 tenu dans une grande ville, à l’exception de Bruxelles en 2014. Les violences des manifestations et les attentats du 11 septembre 2001 ont poussé les membres à organiser leurs réunions dans des endroits moins accessibles, comme c’est le cas à La Malbaie.


Toronto, Canada – G20 en 2010

Une voiture de police en feuAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une voiture de police incendiée au centre-ville de Toronto durant les manifestations du G20

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Il y a huit ans, le sommet du G20 à Toronto a été le théâtre de la plus importante vague d'arrestations de l'histoire canadienne. À l’époque, les policiers ont arrêté plus de 1100 manifestants anticapitalistes, qui avaient été pour la plupart pris en souricière par des policiers antiémeutes.

Selon M. Drainville, la comparaison entre le sommet à La Malbaie et celui de Toronto est à éviter, notamment parce qu’une petite municipalité comme La Malbaie est plus facile à sécuriser.

« Il va y avoir des affrontements avec la police, mais ce ne sera pas de la même ampleur », soutient le professeur, qui rappelle l’examen de conscience qu’avait fait la police de Toronto après le sommet du G20.

Rappelons qu’un rapport du Bureau ontarien du directeur indépendant de l'examen des autorités avait conclu que certains policiers avaient ignoré les droits fondamentaux des manifestants pendant les protestations. Le document montrait du doigt, entre autres, le chef adjoint de la police de Toronto, qui avait ordonné aux policiers de « reprendre le contrôle de la rue ».


Hambourg, Allemagne – G20 en 2017

Une centaine de policiers allemands faisant face à des milliers de manifestants contre le G-20 à Hambourg en AllemagneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Affrontements à Hambourg entre les manifestants contre le G-20 et les forces de l'ordre allemande

Photo : Reuters / Fabrizio Bensch

Marqué par de graves violences entre les forces de l’ordre et des militants d'extrême gauche, le sommet qui se tenait l’an dernier à Hambourg a plongé la ville dans un climat de quasi-urgence pendant près de trois jours. Ainsi, de nombreux casseurs ont fait du grabuge dans la ville de 1,7 million d’habitants qui est réputée pour sa tradition anarchiste.

« On promettait une centaine de milliers de manifestants et, au final, il y a eu une douzaine de milliers », indique M. Drainville, qui rappelle que les policiers n’ont pas hésité à répliquer sans ménager leurs efforts.

« Il y a eu des affrontements assez secs avec la police, qui a parlé de 500 policiers qui avaient été blessés durant les manifestations. Il s’est avéré que sur ces 500, 455 sont retournés au travail le lendemain matin. La grande majorité avait été victime soit de déshydratation ou avait été incommodée par les gaz lacrymogènes. Les gaz lacrymogènes de la police, on s’entend. »

Toutefois, selon M. Drainville, la tradition anarchiste des groupes de manifestants en Allemagne n’est pas la même qu’au Canada, ou au Québec.


Taormine, Italie – G7 en 2017

Des heurts ont eu lieu samedi entre manifestants et forces de l'ordre à la fin d'un défilé organisé pour protester contre les chefs d'État et de gouvernement des pays du G7 réunis à Taormine en Sicile.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Affrontements entre forces de l'ordre et manifestants à Giardini Naxos près de Taormine, en Sicile, où se tient le sommet du G7.

Photo : Reuters / Alessandro Bianchi

Le sommet de l’an dernier s’est déroulé à Taormine, une ville similaire à La Malbaie en ce qui concerne la population. Cette station balnéaire compte environ 3000 habitants de plus que La Malbaie.

La plupart des manifestations ont donc eu lieu à quelques kilomètres du lieu du sommet, où plusieurs centaines de personnes se sont réunies. Sauf quelques affrontements entre police et manifestants, ces événements sont loin d’être comparables aux émeutes de Gênes en 2001, même si les autorités s'attendaient au pire.

L’expert André Drainville souligne que la sécurité lors de ce type d’événements a beaucoup changé au courant des dernières années. « Il ne faut pas oublier que la police fait partie de cette violence-là. Parfois, elle répond à la violence, parfois elle constitue la violence. »

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