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Toronto reste sécuritaire malgré un regain de violence, selon la police

Photo d'une banderole jaune de police qui bloque une rue; des véhicules de police en arrière-plan.

La fusillade à Oshawa a eu lieu près d'un commerce de la rue Bloor Est.

Photo : CBC/Tony Smyth

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La police de Toronto tient à se faire rassurante auprès de la population après une recrudescence de violence dans les rues de la métropole. Un homme a été tué mardi soir à Etobicoke dans l'ouest de la ville, mais la police refuse de révéler les circonstances de ce 19e meurtre par balles de l'année.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Le nombre de fusillades mortelles n'a pas augmenté de façon sensible dans les dernières années à Toronto, selon la police. Depuis le début de l'année, 19 Torontois ont été tués dans 177 fusillades dans la métropole, d'après les statistiques de la police.

Le taux reste donc bien inférieur à celui enregistré durant l'année meurtrière de 2005. A l'époque, 52 personnes avaient été tuées dans plus de 350 fusillades. L'année s'était conclue par la mort tragique de Jane Creba en pleine période de l'Après-Noël au centre-ville.

Le porte-parole de la police, Mark Pugash, affirme que Toronto reste donc une ville sécuritaire en Amérique du Nord, mais il reconnaît que la police prend toutes ces fusillades très au sérieux. « Nous appréhendons des suspects, nous saisissons des armes à feu dans la rue et nous renforçons nos patrouilles dans certains quartiers », dit-il.

Selon Statistique Canada, Toronto reste effectivement l'une des villes les plus sécuritaires du Canada au prorata de la population, par rapport à des municipalités comme Thunder Bay ou Edmonton.

Le portrait d'un homme.
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Mark Pugash

Photo : Radio-Canada / CBC News

Lutte entre cartels de drogue, violence juvénile armée, crime organisé... Mark Pugash refuse toutefois d'émettre des hypothèses sur les origines de ces fusillades. Il ne veut pas non plus se prononcer sur le mobile des plus récentes fusillades de la dernière semaine ou encore sur leurs auteurs.

Dans un communiqué, le maire John Tory répète que la violence armée des derniers jours est choquante et inacceptable. Il affirme qu'il est en contact avec le chef Mark Saunders et que la police fait tout son possible pour traduire les responsables en justice et pour faire respecter la paix et l'ordre dans la ville.

Deux hommes côte à côte.
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Mark Saunders, à gauche, et John Tory

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Selon le criminologue Irvin Waller, la police n'est toutefois pas assez proactive et il y a lieu de s'inquiéter. « Depuis 2005, la Ville n'a pas pris suffisamment d'actions concrètes pour lutter contre la violence, ce qui pourrait me rassurer sur les efforts qui sont faits pour y réduire le nombre de fusillades. »

«  »

— Une citation de  Irvin Waller, criminologue

M. Waller pense que le conseil municipal doit d'abord commander une étude sur les causes associées à ces fusillades pour mieux comprendre la situation et le profil des assaillants. « Le moment est venu pour le conseil municipal de réfléchir à cette situation, même si le nombre d'homicides à Toronto est bien moindre que dans une ville comme Chicago. » Il pense en outre que les auteurs de ces fusillades viennent des banlieues de la métropole.

Irvin Waller en entrevue à Radio-Canada.
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Irvin Waller, professeur de criminologie à l'Université d'Ottawa, croit qu'un investissement en amont préviendrait la hausse des crimes par arme à feu à Ottawa.

Photo : Radio-Canada

Outre la lutte contre la pauvreté, le chômage et le décrochage scolaire, il faut selon M. Waller investir dans les services sociaux de la municipalité, en particulier dans les services aux jeunes dans les écoles ou à l'extérieur des écoles.

L'appui aux familles en difficulté ne doit pas être négligé non plus. La prévention commence selon lui dès l'école. « Il faudrait pour cela modifier le programme scolaire de la province », reconnaît-il.

Objectif : éviter que les jeunes à risque ne tombent dans le cycle de la violence ou que leurs victimes ne réagissent par des actes de représailles.

Des policiers sur un trottoir.
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Une fusillade a fait un mort près du restaurant Pick 6ix au centre-ville, le 20 mai 2018

Photo : Radio-Canada / Michael Charles Cole/CBC News

Le criminologue, qui enseigne à l'Université d'Ottawa, cite l'exemple de Glasgow en Écosse, où le taux des attaques à l'arme blanche a diminué de 50 % en trois ans après une recrudescence de la violence de rue, grâce aux actions combinées de la police et des services sociaux.

Le professeur Waller ajoute que des travailleurs de rue écossais sont allés à la rencontre des jeunes pour les convaincre de retourner en classe et de quitter les gangs de rue.

La même stratégie peut et doit donc être appliquée selon lui à Toronto, mais pour ce qui est de la violence perpétrée par des armes de poing.

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