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Le jour où la maison de Gabrielle Roy a failli être déplacée au Québec

La Maison Gabrielle-Roy, dans le quartier Saint-Boniface à Winnipeg, le 7 juin 2013.

La Maison Gabrielle-Roy, dans le quartier Saint-Boniface à Winnipeg, est devenue un musée le 19 juin 2003.

Photo : Radio-Canada / Carla Oliveira

Radio-Canada

À Saint-Boniface, la maison natale de l'écrivaine Gabrielle Roy fête en juin les 15 ans de son ouverture en tant que musée. Une histoire qui aurait pu ne jamais avoir lieu, si le ministre manitobain de la Culture de l'époque, Ron Lemieux, n'avait pas eu vent, un peu par hasard, des projets de la province du Québec.

Un texte de Barbara Gorrand

En juin 2003, après de longues années de mobilisation, de travaux et de recherche de fonds, la Maison Gabrielle-Roy ouvrait ses portes à un public heureux de pouvoir déambuler dans les pas de la célèbre écrivaine, disparue 20 ans plus tôt.

Une réussite à mettre au crédit d’un comité déterminé à restaurer cette maison chère au cœur et à l’œuvre de Gabrielle Roy, qui en parle notamment dans son roman Rue Deschambault.

Mais ce que l’histoire ne dit pas, c’est qu’il a fallu un petit coup de pouce du destin pour y parvenir.

« J’avais rencontré Annette Saint-Pierre et Huguette Le Gall, qui étaient très actives dans la défense de la maison de naissance de Gabrielle Roy et étaient venues demander un soutien de la province », se souvient Ron Lemieux, qui venait alors de prendre ses fonctions de ministre de la Culture, du Patrimoine et du Tourisme. « J’en avais parlé avec Gary Doer, qui était alors le premier ministre, et nous avions convenu de soutenir cette initiative, mais cela prenait du temps. »

Or, poursuit Ron Lemieux, quelque temps plus tard, une banale conversation lors d'une conférence sur le tourisme à Québec a précipité le calendrier politique.

« Je parlais avec des fonctionnaires, qui travaillaient d’ailleurs pour la ministre québécoise qui portait le même nom que moi, Diane Lemieux. Ils se sont mis à me parler de Gabrielle Roy, en insistant sur le fait qu’elle était Québécoise, et que d’ailleurs, il y avait un projet très avancé de racheter sa maison natale de Winnipeg pour la déplacer à Québec. Je n’en revenais pas! »

Gabrielle Roy est assiste dans son salon, sérieuse. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Gabrielle Roy, en 1961

Photo : Radio-Canada

« Dès mon retour au Manitoba, j’ai dit : “Nous devons protéger la maison de Gabrielle Roy, ces gens de Québec sont très sérieux.” Jusque-là, sans doute, certains élus n’avaient-ils pas conscience de l’importance de Gabrielle Roy pour les francophones et les Métis, non seulement au Manitoba, mais partout au Canada. Cela a permis de faire avancer le dossier rapidement », se remémore encore l’ancien ministre.

Le 21 novembre 2001, la Maison Gabrielle-Roy est enfin déclarée site provincial du patrimoine, « ce qui empêche qu’elle ne quitte le Manitoba », précise M. Lemieux.

L’ironie veut que, quelques mois plus tard, Ron Lemieux ait recours au même procédé, classant la statue de Timothy Eaton actuellement visible sur la Place Bell MTS, de Winnipeg, au titre d'objet du patrimoine provincial, pour éviter qu’elle ne soit rapatriée en Ontario.

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