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Emirates remplacera les hublots de ses avions par des écrans

Un avion Boeing 777-300ER se préparant à décoller sur la piste d'un aéroport.
Les nouveaux appareils 777-300ER de Boeing acquis par Emirates l'hiver dernier comportent des cabines centrales équipées de hublots virtuels. Photo: iStock

Les passagers volant en première classe avec Emirates peuvent depuis peu admirer un paysage virtuel lorsqu'ils regardent vers l'extérieur. Et ce ne serait qu'une question de temps avant que tous les hublots de la flotte aérienne d'Emirates soient remplacés par des écrans.

Loin d’être un caprice technologique, cette initiative de l’entreprise dubaïote vise en réalité à améliorer son bilan écologique. « Les avions sont plus légers, peuvent voler plus vite, brûlent moins de carburant et peuvent atteindre une plus grande altitude », a expliqué le président de la compagnie aérienne, Sir Tim Clark, à BBC News.

De l’extérieur, les futurs avions auront l’air complètement lisses et fermés, à l’image de certains appareils appartenant à des entreprises de transport et de livraison. Toutefois, dès le pas de la porte franchi, les passagers pourront voir à l’extérieur comme dans un avion traditionnel.

Cette illusion est rendue possible grâce à un système de caméras branchées par fibre optique qui retransmettent des images de l’extérieur en temps réel.

« Imaginez un fuselage sans hublot avant l’embarquement, mais avec des hublots une fois à l’intérieur! s’est exclamé M. Clark dans son entrevue avec BBC News. Vous avez maintenant un fuselage sans faiblesse structurelle. »

Les premiers hublots virtuels ont déjà été installés sur des appareils 777-300ER de Boeing dont Emirates a fait l’acquisition l'hiver dernier, mais seulement dans les cabines de luxe, situées au centre de l’appareil (et non le long du fuselage).

L’intention de l’entreprise est d’en installer, un jour, sur toute la longueur de ses futurs appareils à la place des hublots actuels, y compris en classe économique. Dans une entrevue en anglais diffusée durant les vols effectués par Emirates, le président de l'entreprise dit qu'il croit pouvoir y arriver d'ici 15 à 20 ans.

Des risques pour la sécurité et des malaises

Graham Braithwaite, un professeur de l’Université de Cranfield rencontré par BBC News, a toutefois émis des réserves quant à l’élimination complète des hublots dans les avions civils. Selon lui, il est essentiel de pouvoir regarder à l’extérieur de l’appareil en cas d’urgence, ce qui pourrait être impossible si le système de caméras en venait à faire défaut.

« Les agents de bord doivent être en mesure de voir à l’extérieur lors d’une urgence, par exemple s’il y a un incendie, avant d’ouvrir une porte et de commencer l’évacuation, explique M. Braithwaite. Il pourrait être difficile de faire certifier un système qui requiert de l’énergie pour permettre de voir dehors. »

Cet expert en sécurité aéronautique entrevoit un autre problème de taille : la cinétose. Les personnes qui en sont victimes ressentent des nausées et des étourdissements causés par une discordance entre ce qu’elles voient et les mouvements qu’elles ressentent.

Ce malaise, semblable au mal des transports, est bien connu des adeptes de la réalité virtuelle et serait causé par un décalage entre les mouvements effectués par les utilisateurs et la retransmission des images correspondantes à l’écran. Les hublots virtuels d’Emirates pourraient déclencher la cinétose chez certains passagers.

Dans son entrevue avec BBC News, Tim Clark s’est toutefois fait rassurant. « La qualité de l’image est si bonne que c’est encore mieux qu’à l’œil nu », a-t-il assuré.

Avec les informations de BBC News, et NPR

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