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La Nation Anishinabek élit de nouveaux grands chefs

Un groupe de personnes membres de communautés autochtones assis en cercle.
Les chefs des Premières Nations Anishinabek sont réunis au centre communautaire de la Première Nation de Fort William Photo: Jason Laronde / Twitter
Radio-Canada

Mardi et mercredi, des représentants d'une quarantaine de Premières Nations de l'Ontario sont réunis au sud de Thunder Bay, pour élire un nouveau grand chef du conseil et de grands chefs adjoints.

Un texte de Miguel Lachance

Cette année, la Nation Anishinabek a décidé de créer quatre postes de grands chefs régionaux, qui remplaceront au besoin le grand chef adjoint.

Photo du grand chef Patrick Madahbee au micro.Le grand chef de la Nation Anishinabek, Patrick Madahbee. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Selon le grand chef sortant Patrick Madahbee, ce changement permettra non seulement de mieux représenter chaque région et ses besoins, mais aussi de réduire les déplacements pour le grand chef, qui pourra se concentrer sur les enjeux plus généraux.

En neuf ans, le grand chef adjoint et moi avons parcouru plus de 3 millions de kilomètres avec nos véhicules.

Patrick Madahbee, grand chef sortant

« Nous avons besoin de rencontrer chaque communauté, explique Patrick Madahbee. C’était particulièrement important pour notre système d’éducation. »

Défense des droits et développement des communautés

L'hôte du rassemblement, le chef de la Première Nation de Fort William, Peter Collins, souhaite que le nouveau grand chef poursuive le travail du chef précédent, surtout concernant les droits de sa communauté en lien avec le territoire.

Nous continuons d’avoir des problèmes de taxation sur des territoires dont nous avons été expropriés injustement.

Peter Collins, chef de la Première Nation de Fort William

Le chef Collins a été nommé candidat au poste de grand chef adjoint de la région Supérieur Nord.

Des autochtones autour d'un drapeau qui est sur le point d'être hissé à un mât.Le rassemblement s'est ouvert lundi avec un lever du drapeau de la Nation Anishinabek devant les bureaux de la Première Nation de Fort William. Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Myeengun Henry, chef de la Première Nation des Chippewas de la Thames, a souligné l’importance des dossiers de la dépendance aux drogues et de la légalisation du cannabis.

La chef de la Première Nation de Scugog Island, Kelly LaRocca, a mentionné l’importance de soutenir les plus petites communautés comme la sienne, notamment pour le système d’égouts.

Nous ne sommes pas que des Premières Nations. Nous sommes une nation et il est temps d’être reconnu comme tel.

Gordon Wainducence

Déroulement de l’élection

Le processus d’élections, encore aujourd’hui, est très ancré dans la tradition.

« On crée un grand cercle avec tous les leaders de chaque Nation, raconte Patrick Madahbee. Chacun leur tour, les chefs se présentent et s’ils veulent proposer un candidat ou une candidate, ils doivent lui donner du tabac. »

Si la personne nommée prend le tabac, cela signifie qu’elle accepte la mise en candidature.

Un homme debout remet un objet à un homme assis. Plusieurs autres personnes sont assises en cercle.Le chef de la Première Nation de Whitefish River en train d'accepter le tabac traditionnel, ce qui confirme sa candidature pour le poste de grand chef du conseil de la Nation Anishinabek. Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

« Il y a parfois des nominations à la toute dernière minute, à la toute fin du cercle », explique le grand chef sortant

Ceux qui proposent une candidature ont cinq minutes pour expliquer leur choix.

En soirée, les candidats vont dans une hutte à sudation pour une cérémonie de purification.

Mercredi matin, le grand chef et son adjoint vont remettre leur coiffe cérémonielle, la massue et la pipe à l’aîné de la Nation, Gordon Waindubence

Des personnes debout devants la porte d'un édifice pour une cérémonie tradionnelle. Gordon Waindubence, à droite, préside les cérémonies officielles pendant le rassemblement. Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Les candidats sont alignés par les anciens, puis les chefs locaux sont invités à aller se placer debout derrière le candidat de leur choix.

Un candidat a besoin d’une majorité de plus de 50 % pour être élu.

Une fois qu’un grand chef sera désigné, tout le monde présent se placera derrière lui ou elle en signe d’unité.

Le processus est répété pour les grands chefs régionaux, à la différence que seuls les chefs de la région en question ont le droit de vote.

Une montagne recouverte d'arbres.Si les conditions météos sont favorables, l'élection se déroulera sur le Mont McKay, qui surplombe la Première Nation de Fort William. Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Après les élections, une cérémonie sera présidée par quatre femmes, une de chaque région, pour expliquer comment les grands chefs doivent se comporter.

Ces mêmes quatre femmes ont le pouvoir de démettre de ses fonctions un grand chef qui ne respecterait pas les règles et qui porterait atteinte à la réputation de la Nation Anishinabek.

Les candidats :

Grand chef du conseil (mandat de trois ans)

  • Glen Hare (grand chef régional adjoint sortant)
  • Chef Shining Turtle (Première Nation de Whitefish River)

Grands chefs adjoints régionaux (mandats de trois ans)

Supérieur Nord

  • Chef Peter Collins (Première Nation de Fort William)
  • Chef Edward Wawia (Première Nation Red Rock Indian Band)

Lac Huron

  • Aucune nomination. Élection reportée

Sud-Est

  • Chef James R. Marsden, élu par acclamation (Première Nation d'Alderville)

Sud-Ouest

  • Joe Miskokomon - élu par acclamation (Première Nation des Chippewas de la Thames)

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