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Opération antidrogue au N.-B. : « On a été surpris de voir la quantité de drogues qui transite par ici »

Gyrophares

La police a procédé à l'arrestation de 14 personnes dans le cadre de l'enquête J-Thunder.

Photo : CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plus de cinq kilogrammes de cocaïne ont été saisis ce printemps dans le cadre de l'opération J-Thunder, dans le nord du Nouveau-Brunswick. La drogue arrivait en grande quantité dans la région de Bathurst pour être ensuite redistribuée dans la région Chaleur, mais aussi dans la Péninsule acadienne et à Miramichi.

Un texte de Karine Godin

« Pour la région ici, oui c’est beaucoup », confirme le gendarme Jean-François Dulac, de la Section fédérale des crimes graves et du crime organisé à Bathurst, qui a participé à l’enquête J-Thunder au terme de laquelle 14 associés des Hells Angels ont été arrêtés et accusés, dans la province.

« On a été surpris dans le cadre de l’enquête [de] voir les quantités de drogues qui se passent par ici. On ne pensait pas ça. »

— Une citation de  Jean-François Dulac, Section fédérale des crimes graves et du crime organisé à Bathurst

En plus de la drogue, environ 900 000 $ en argent ont été saisis. Selon la GRC, les accusés ne sont pas des membres en règle des Hells Angels, mais auraient des liens avec le groupe de motards criminalisés. D’autres arrestations pourraient être faites.

« C’est lié au Hells Angels au Québec », confirme la porte-parole de la GRC, Jullie Rogers-Marsh, au sujet de la drogue saisie sur le territoire néo-brunswickois.

Un membre du chapitre nomade des Hells Angels au Nouveau-Brunswick est de dosAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un membre du chapitre nomads des Hells Angels au Nouveau-Brunswick est arrêté

Photo : Radio-Canada

La cocaïne était destinée principalement aux villes de Bathurst, de Miramichi et à la Péninsule acadienne. L’enquête portait aussi sur le trafic de cocaïne dans les comtés de Madawaska, de Restigouche et de Victoria.

« Les cinq kilos et demi, c’est recoupé. Ça s’en va en demi ou en quart quand c’est vendu au niveau de la rue. [...] Ça en fait des sachets », s’étonne le gendarme Dulac.

« Ce n’est pas populeux tant que ça, le Nouveau-Brunswick. Quand on regarde des quantités de drogue comme ça, c’est quand même impressionnant! »

— Une citation de  Jean-François Dulac, Section fédérale des crimes graves et du crime organisé à Bathurst

La cocaïne omniprésente dans les communautés acadiennes

L’enquêteur à la retraite de Bathurst, Alain Tremblay, connaît bien la façon de faire des Hells Angels. De  2008 à 2009, il a travaillé sur l’opération SharQc qui a mené à l’arrestation de nombreux membres du groupe de motards. Il n’est pas surpris de voir autant de cocaïne, mais aussi des drogues de synthèse, aboutir dans la région Chaleur et dans la Péninsule acadienne.

« Au fil des années, le prix de la coke a descendu », explique M. Tremblay. « Aujourd’hui, il y a des places que tu peux avoir un quart de grammes à 15 ou 20 $. [...] De Val Doucet à aller à Lamèque, à Miscou. Il n’y a pas beaucoup de communautés où il n’y a pas de vendeurs de coke. »

Selon l’ancien policier, le Nouveau-Brunswick a toujours été une porte d’entrée importante pour la distribution de drogues pour les groupes criminalisés.

« On est entouré d’eau. On a de petits aéroports qui ferment la nuit. Pour faire des drop off, c’est excellent. Par [la route], c’est encore la façon de faire la plus courante. »

— Une citation de  Alain Tremblay, enquêteur à la retraite

Selon les renseignements reçus par la GRC à l’époque où il y travaillait, des livraisons de drogues arrivaient par voie maritime et par avion.

« À Caraquet, on avait de l’information dans le passé de certains riverains que la nuit il y avait des bateaux qui arrivaient à Grande-Anse. Il y avait des camions du Québec qui étaient là pour les accueillir », se souvient Alain Tremblay. « On a eu de l’information dans le passé qu’un aéroport de la Péninsule acadienne, il y avait des avions qui passaient et qui faisaient des drop off. »

Déstabiliser le crime organisé

Plusieurs intervenants au fait du dossier s’entendent pour dire que l’opération J-Thunder n’aura pas d’effet à long terme sur le trafic de drogues dans le nord-est du Nouveau-Brunswick.

« Quand on arrête ces gens-là, on fait juste déstabiliser une cellule. Ça ne prend pas de temps qu’ils vont trouver d’autres personnes pour prendre un territoire. »

— Une citation de  Alain Tremblay, enquêteur à la retraite
Un homme avec un tatouage NomadsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La nouvelle section Nomads en Atlantique regroupe sept membres

Photo : Radio-Canada

« Un membre des Hells, c’est une business, explique l'ancien enquêteur Alain Tremblay. Chaque membre a son territoire, chaque membre a [son] right hand guy. Le right hand guy a de petits vendeurs. »

La GRC affirme que la surveillance des groupes de motards criminalisés reste une priorité, surtout depuis l’implantation du chapitre des Nomads au Nouveau-Brunswick, à l’automne 2016. Dans le langage des motards, les clubs sans attache territoriale, nommés Nomads, sont au sommet de la hiérarchie.

« Nous continuons à surveiller leurs activités afin de déterminer s’ils songent à étendre leur influence dans la province », explique Jullie Rogers-Marsh, porte-parole de la GRC.

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