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La vie a rapidement repris après la chute de l’astéroïde au Mexique

Représentation artistique d'un astéroïde qui frappe la Terre.
Représentation artistique d'un astéroïde qui frappe la Terre. Photo: iStock

La vie a rapidement repris dans la zone d'impact de l'astéroïde qui est tombé au Mexique il y a 66 millions d'années et qui a mené à l'extinction massive de 75 % des espèces sur Terre, dont les dinosaures.

Un texte d'Alain Labelle

La chute de l’astéroïde de 10 kilomètres de diamètre, qui s’est écrasé à une vitesse de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres-heure, a laissé un cratère de 180 kilomètres à Chicxulub Puerto dans la péninsule du Yucatan à la fin du Crétacé.

Le cratère a marqué la terre ferme, mais une grande partie de celui-ci se trouve au fond du golfe du Mexique.

La zone d'impact de l'astéroïde.La chute de l’astéroïde a laissé un cratère de 180 kilomètres à Chicxulub Puerto dans la péninsule du Yucatán. Photo : NOAA

Le saviez-vous?

  • Une équipe internationale de chercheurs, appelée Expédition 364 et relevant du Programme international de découverte des océans, a creusé un puits de 1,3 kilomètre de profondeur dans le cratère en 2016.
  • L'équipe a ainsi ramené des centaines de carottes de sédiments du lieu d’impact. Certains portent les cicatrices des températures et des pressions extrêmes qui ont marqué l'événement. Une carotte, prélevée à environ 600 mètres sous le fond marin moderne, contenait 76 centimètres de calcaire brun terne considéré comme l’une des plus précieuses couches de sédiments de l'ensemble du projet de forage.

Le paléonto-océanographe Chris Lowery, de l’Institut de géophysique de l’Université du Texas à Austin, et ses collègues ont procédé à l’analyse des sédiments recueillis dans le cratère d'impact submergé, pour constater que la vie y avait rapidement repris.

Selon eux, de minuscules créatures marines s’y sont développées, quelques années seulement après le cataclysme, grâce à la circulation d'eau riche en nutriments.

Des carottes contenant des sédiments remontés à la surface, le 7 mai 2016.Des carottes contenant des sédiments remontés à la surface, le 7 mai 2016. Photo : Getty Images / Ronaldo Schemidt

Ainsi, dans les 30 ans après l’impact, un écosystème s’était déjà recréé dans le bassin. Les chercheurs estiment que cette rapide récupération indique que la proximité de l'impact n'a pas retardé le retour de la vie.

Outre les présents résultats, l’analyse des sédiments extraits a permis de confirmer le modèle numérique selon lequel la force de l’impact aurait affaibli la roche au point de former, en seulement cinq ou dix minutes, des dénivelés importants, un peu à l’image d’une goutte qui tombe dans un verre d’eau.

Une carotte contenant des sédiments.Une carotte contenant des sédiments. Photo : Getty Images / Ronaldo Schemidt

Cette structure d'impact est la seule liée à un événement d'extinction à l’échelle planétaire. Pour cette raison, elle offre une vitrine exceptionnelle sur la façon dont les écosystèmes marins pourraient se rétablir après des changements dramatiques causés, par exemple, par les changements climatiques.

En s’appuyant sur des équations qui décrivent le temps qu'il faut à de minuscules particules pour se déposer à travers un liquide, les chercheurs ont calculé que les grains se sont déposés sur le fond marin rapidement après l'impact, en quelques années seulement.

Lorsqu’ils ont analysé les couches de calcaire, les scientifiques ont trouvé de nombreux fossiles et terriers, preuves de la présence de petites créatures connues sous les noms de foraminifera et de plancton. La vie était donc de retour.

Selon Chris Lowery, la vie est réapparue rapidement en raison de la forme du cratère. Le flanc nord-est du cratère était ouvert sur le golfe du Mexique, ce qui a permis à l'eau profonde transportant des nutriments de circuler dans tout le cratère.

Un exemple de résilience

Cet impact est certainement une leçon pour la vie océanique actuelle, qui est menacée par l'épuisement de l'oxygène, l'acidification des océans et la hausse des températures.

« C'est probablement le seul événement qui s'est produit plus rapidement que les changements climatiques et la pollution modernes », explique M. Lowery.

Ce pourrait être un exemple pour le rétablissement de la biodiversité après la réduction des émissions de dioxyde de carbone et de la pollution.

Chris Lowery

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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Science