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ALENA : la Maison-Blanche a informé le Canada de sa volonté de négocier un accord séparé

Larry Kudlow avec, devant lui, le visage flou de Donald Trump.
Larry Kudlow, conseiller économique du président Trump, est assis derrière son patron. Mardi, M. Kudlow a indiqué que M. Trump envisageait sérieusement de mener des négociations bilatérales avec le Canada et le Mexique dans le cadre de la renégociation de l'ALENA. Photo: Reuters / Jonathan Ernst
Radio-Canada

L'administration Trump a informé le gouvernement Trudeau qu'elle considérait désormais la possibilité de négocier un accord commercial séparé avec le Canada pour remplacer l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), affirme le principal conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow.

« J'attends de voir quelle sera leur réaction », a indiqué M. Kudlow lors d'une entrevue accordée mardi matin à Fox News. « J'ai parlé hier à un de leurs plus hauts responsables (top people), proche du premier ministre. Il va probablement me rappeler aujourd'hui. »

Il m'a appelé, et je lui ai fait savoir quelle allait être la pensée du président. Alors nous attendons, et nous allons voir. Espérons que nous allons avoir des nouvelles le plus tôt possible et peut-être que tout ce processus pourra aller de l'avant.

Larry Kudlow, au sujet de sa discussion avec un proche du premier ministre Trudeau

Vendredi dernier, le président Donald Trump avait affirmé qu'il n'aurait « pas d'objection à avoir un accord séparé avec le Canada [...] et un autre avec le Mexique », reprenant du coup une idée qu'il a déjà maintes fois lancée dans l'espace public. Il n'avait cependant pas été question d'une demande formelle à Ottawa.

« Sa préférence maintenant – et il m'a demandé de transmettre ça – est de négocier avec le Canada et le Mexique séparément », a confirmé M. Kudlow à Fox News. « Il préfère des négociations bilatérales, et il a devant lui deux pays très différents. »

Il croit que des [accords] bilatéraux ont toujours été meilleurs. Il hait les multilatéraux. Il hait les grands traités. [...] Souvent, quand il faut faire des compromis avec un paquet de pays, vous avez le pire de l'accord. Pourquoi ne pas essayer d'avoir le meilleur de l'accord?

Larry Kudlow, expliquant l'approche du président Trump

Au bureau de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, on dit que le Canada tient toujours à un accord trilatéral, avec le Mexique.

Par ailleurs, on souligne qu'il y a déjà des négociations bilatérales qui se tiennent dans le cadre de la renégociation de l'ALENA, puisque la ministre Freeland rencontre parfois le représentant américain au Commerce sans la présence de leur collègue mexicain.

Plusieurs ministres du gouvernement Trudeau ont répété mardi qu’ils voulaient une entente trilatérale.

« Nous savons que cela fonctionne, nous savons que cela soutient une chaîne d'approvisionnement très intégrée, a dit le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, à La Presse canadienne.

« Lorsque vous parlez de cet enjeu, vous devez regarder la réalité, a-t-il ajouté. La réalité est qu'au cours des 24 dernières années, nous avons construit une chaîne d'approvisionnement très intégrée, qui a été bonne pour l'économie, bonne pour les consommateurs, bonne pour les travailleurs de toutes les parties. »

« On n’a pas changé d’idée », a indiqué de son côté le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, en mêlée de presse.

« Nous, on est en négociation pour une entente trilatérale. C’est ce qu’on a commencé à faire au début et on va continuer dans cette direction-là », a-t-il martelé.

On pense que c’est la plus grosse entente de commerce entre trois pays au monde, on trouve que c’est une bonne entente, on va l’améliorer. Mais ça demeure une entente entre trois pays.

Marc Garneau, ministre fédéral des Transports

« Si le gouvernement fait le choix d’aller vers une entente bilatérale avec les Américains, on s’attend naturellement qu’il va faire un exercice similaire avec les Mexicains, comme il le fait avec tous les autres pays, comme tout ce à quoi on s’attendrait d’un gouvernement canadien », a pour sa part souligné le député conservateur Alain Rayes. « Donc notre objectif c’est d’avoir les meilleures ententes, et avec le plus grand nombre de pays afin d’aider notre économie canadienne. »

Négociations difficiles

Peu après l'arrivée à la Maison-Blanche du président Trump, les États-Unis, le Canada et le Mexique ont entrepris de renégocier l'ALENA, par lequel ils sont liés depuis 1994. Il appert maintenant qu'aucun nouvel accord ne sera trouvé avant 2019, en raison de la présidentielle mexicaine du 1er juillet et des élections américaines de mi-mandat, début novembre.

« Des pays qui sont différents méritent probablement des accords différents », a encore dit M. Kudlow à Fox News, avant de dire que des ententes négociées séparément permettaient probablement d'aboutir « plus rapidement ». « Je crois que c'est le point clé », a-t-il ajouté.

Le conseiller économique du président Trump a ensuite ajouté une phrase quelque peu mystérieuse : « Vous savez, le président ne va pas se retirer de l'ALENA. [...] Il va simplement essayer une approche différente ».

« Je ne peux pas avancer d'échéances, mais si je me base sur ce qu'il [Trump] nous a dit hier [lundi], je pense qu'il souhaiterait démarrer cette approche plutôt rapidement », a souligné M. Kudlow.

Économie