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Le froid pousse des crabes hors de l’eau

Une femelle crabe commun sur une plage
Une femelle crabe commun s'est retrouvée hors de l'eau sur la plage de Sainte-Luce. Photo: Radio-Canada / Sandra Fillion
Radio-Canada

Le temps anormalement frais en cette période de l'année pourrait expliquer pourquoi des dizaines de crabes communs se sont échoués vivants sur des plages de l'Est-du-Québec au cours des derniers jours.

Un texte d’Ariane Perron Langlois

Des riverains du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie ont observé des visiteurs inhabituels sur les plages depuis une semaine : des crabes communs vivants, dont des individus en pleine mue ainsi que des femelles qui portaient des œufs.

Le phénomène surprend la biologiste Mélanie Cantin, qui est responsable de l'interprétation chez Exploramer, puisque le crabe commun passe normalement toute sa vie dans l'eau.

Selon elle, le froid a peut-être poussé les crabes à se déplacer plus près des berges, là où l’eau est moins glaciale. Par la suite, ces crabes ont probablement été balayés sur les plages par les fortes vagues des derniers jours.

Des crabes échoués sur la plage de Sainte-Luce.Des crabes échoués sur la plage de Sainte-Luce. Photo : Radio-Canada / Sandra Fillion

Le biologiste responsable de l’évaluation des stocks de crabes communs chez Pêches et Océans Canada, Benoît Bruneau, confirme que la température de l’eau est « un peu atypique » en ce début de saison et que ce froid peut avoir un impact sur la distribution des espèces sur les fonds marins.

Ce sont certainement des crabes qui ont été lavés sur la plage avec les grands vents. Ça veut aussi dire que ces crabes-là étaient dans des profondeurs qui étaient faibles.

Benoît Bruneau, biologiste responsable de l’évaluation des stocks de crabes communs, Pêches et Océans Canada

M. Bruneau précise qu’il est encore trop tôt pour savoir si ce phénomène est lié aux changements climatiques et au réchauffement des eaux observé dans le Saint-Laurent.

Chances de survie réduites

Parmi les crabes qui se sont échoués sur les berges, on compte plusieurs femelles qui portent des œufs. Celles-ci se déplacent plus difficilement et s’agrippent moins facilement à des roches, de sorte qu’elles sont facilement emportées par le courant, selon la biologiste Mélanie Cantin.

Une femelle crabe commun vient de pondre des oeufs sur la plage de Sainte-Luce.Une femelle crabe commun vient de pondre des oeufs sur la plage de Sainte-Luce. Photo : Radio-Canada / Sandra Fillion

Mme Cantin ajoute que les chances de survie des crabes qui se retrouvent hors de l’eau et des œufs pondus par les femelles sont réduites, entre autres parce qu’ils sont plus exposés aux prédateurs, comme les oiseaux marins ou les goélands.

Être en dehors de l’eau, pour eux, c’est comme retenir leur souffle. Ils ont une tolérance d’environ 24 heures.

Mélanie Cantin, biologiste responsable de l'interprétation chez Exploramer

Le phénomène ne menace toutefois pas l’espèce, qui reste abondante dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Cependant, le biologiste Benoît Bruneau observe que le crabe commun subit probablement davantage de pression vu l’abondance du homard, un important prédateur.

Selon M. Bruneau, l’effort de pêche au crabe commun a diminué ces dernières années en Gaspésie et sur la Côte-Nord, mais il est resté stable aux Îles de la Madeleine.

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