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Première marche de la fierté handicapée en Alberta

Deux personnes tiennent une banderole de la Marche de la fierté handicapée 2018, devant la foule réunie au centre-ville de Calgary, juste avant le départ de la marche

Les organisateurs de la marche offraient plusieurs accomodements, comme un service d'interprète en langue des signes et des casques à réduction de bruit, afin d'offrir un moment de calme aux participants qui en auraient besoin.

Photo : Audrey Neveu

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Crier sa différence haut et fort dans la rue n'est pas dans les habitudes de bien des personnes vivant avec un handicap. C'est pourtant ce qu'ont fait une centaine de personnes dimanche lors de la première marche de la fierté handicapée à Calgary.

Rires et sourires étaient sur tous les visages des participants, réunis au centre-ville de Calgary. Sur les banderoles, les déclarations d’amitié et de solidarité invitent les passants à regarder au-delà des différences. Ici, pas question d’avoir honte d’être en fauteuil roulant. « Nous voulons célébrer les handicaps et nous réapproprier ce mot », affirme Colleen Huston, de l’organisme Disability Action Hall.

Les organisateurs se sont inspirés d’un événement similaire à Vancouver pour redonner de la fierté aux personnes vivant avec un handicap, qu’il soit physique ou intellectuel. C’est mission réussie pour Kurtis Matson, un Calgarien vivant avec l’autisme. Celui-ci écrit d’ailleurs un livre sur la vie vue par des personnes vivant avec l’autisme.

Je suis fier d’être ici. Je ne me sens pas seul. Je vois que notre communauté est plus grande que je ne le pensais.

Kurtis Matson, Calgarien vivant avec l'autisme

Briser l’isolement passe par une meilleure compréhension et une meilleure éducation, selon l’organisatrice de l’événement, Andrea Van Vugt. Celle-ci a réussi à surmonter son trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité pour obtenir un diplôme universitaire.

Elle voudrait qu’à partir de la maternelle, les enfants soient en contact avec des personnes ayant différents handicaps, afin de se familiariser avec leur réalité et voir au-delà de leur différence. « Nous avons besoin d’avoir ces conversations », affirme Andrea Van Vugt.

Au centre-ville de Calgary, une jeune femme tient une affiche multicolore affirmant ''Ce qui vous rend différent est ce qui vous rend beau''.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un Canadien sur sept vit avec une forme de handicap, selon Statistique Canada

Photo : Audrey Neveu

Encore du chemin à faire

Bien que les rampes d’accès soient beaucoup plus nombreuses qu’auparavant, bien des initiatives pourraient améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec un handicap physique, selon de nombreux participants.

Kevin Heikkila, qui est devenu paraplégique après un accident de travail il y a 24 ans, pense que les compagnies aériennes devraient par exemple modifier leurs protocoles et former leurs employés, pour éviter que de monter à bord d’un avion soit un casse-tête pour les personnes à mobilité réduite.

Beaucoup de travail doit aussi être fait pour améliorer l’employabilité des personnes handicapées. Le plus grand défi demeure de surmonter les préjugés. Selon lui, la ville de Calgary et d’autres municipalités devraient suivre l’exemple du gouvernement de l’Alberta, qui a créé le tout premier poste de défenseur des personnes handicapées.

« Parfois les gens essaient de nous aider, mais c’est comme s’ils lisaient un manuel. Ils ne comprennent pas réellement notre réalité », déplore Kevin Heikkila. Selon lui, l’idéal serait que ce défenseur soit lui-même une personne handicapée, pour qu’il comprenne véritablement et aide sa communauté à créer une véritable égalité.

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