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Sanctions américaines : Pékin refuse tout compromis

Liu He écoute attentivement Wilbur Ross.

Le vice-premier ministre Liu He (à gauche) écoute le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross (à droite), après leur rencontre à Pékin.

Photo : Reuters / POOL New

Agence France-Presse

La Chine prévient l'administration Trump qu'aucun compromis commercial ne sera possible en cas de sanctions douanières américaines.

« Si les États-Unis imposent des sanctions commerciales, y compris en haussant leurs droits de douane, alors toutes les négociations commerciales et économiques [entre les deux puissances] seront caduques », a menacé l'agence étatique Chine Nouvelle lors d'une visite à Pékin du secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross.

Alors que les deux premières puissances économiques mondiales avaient annoncé en mai un armistice dans leur différend commercial, la Maison-Blanche a remis sur la table mardi la menace de droits de douane punitifs sur des importations de produits chinois représentant 50 milliards de dollars par an.

Le régime communiste a aussitôt dénoncé une « volte-face » de Washington et a menacé de prendre des « mesures fermes » afin de protéger ses intérêts.

C'est dans ce contexte tendu que Wilbur Ross était en visite samedi et dimanche à Pékin pour reprendre les négociations destinées à rééquilibrer les échanges bilatéraux.

Il a salué dimanche devant la presse des discussions « amicales et franches » avec le vice-premier ministre Liu He, un très proche du président Xi Jinping et grand orchestrateur de la politique économique du pays.

Certes, à l'issue de ces nouveaux pourparlers, M. Liu, cité par Chine nouvelle, s'est félicité d'« avancées positives et concrètes », qui « restent à confirmer », dans des secteurs « comme l'énergie et l'agriculture », la Chine se disant également « prête à accroître ses importations » de produits américains.

Mais Pékin a également envoyé à Washington une mise en garde cinglante : les discussions sino-américaines « partent du principe que les deux parties ne doivent pas se prendre à revers et se mener une guerre commerciale », a martelé Chine nouvelle.

Washington demande des « changements structurels » à Pékin

Les États-Unis réclament une ouverture accrue du marché chinois et la réduction de 200 milliards de dollars par an de l'abyssal déficit de leurs échanges avec la Chine [375 milliards de dollars en 2017] : le régime communiste n'a pas approuvé ce montant, que certains économistes jugent « irréaliste ».

Par ailleurs, Donald Trump dénonce régulièrement les pratiques commerciales « déloyales » de Pékin, fustigeant les barrières réglementaires restreignant les investissements étrangers et les transferts de technologie « imposés » aux entreprises américaines.

Sur ces terrains, Washington réclame donc à Pékin des « changements structurels », a martelé samedi le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, en marge de la réunion du G7 Finances.

« S'il y a des changements structurels qui garantissent à nos entreprises une concurrence libre [dans le pays], alors cela agira sur le déficit commercial », a-t-il plaidé.

La Chine, critiquée pour son soi-disant manque d'ouverture, s'attache néanmoins à présenter des gages de sa bonne volonté.

Elle a ainsi annoncé mercredi de nouvelles baisses de droits de douane sur plusieurs gammes de produits (vêtements, chaussures, cosmétiques, électroménagers), peu après avoir dévoilé des rabais fiscaux sur les automobiles importées, et assure vouloir renforcer la protection de la propriété intellectuelle.

Les alliés de Washington avaient aussi unanimement protesté contre la politique commerciale agressive des États-Unis lors de la rencontre des ministres des Finances du G7, qui s’est tenue à Whistler, en Colombie-Britannique.

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