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analyse

Parti libéral du Québec : l’inattendu coup de pouce de Trump

Le premier ministre Philippe Couillard salue la foule, pouce levé, réunie au conseil général du Parti libéral du Québec, à Montréal.

Le premier ministre Philippe Couillard salue la foule réunie au conseil général du Parti libéral du Québec, à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Depuis des mois, les stratèges libéraux se cassent la tête : comment combattre le vent de changement politique au Québec qui gonfle les voiles de la Coalition avenir Québec? Vaste défi, considérant qu'ils sont au pouvoir de façon presque ininterrompue depuis 15 ans. La réponse au questionnement est venue d'un allié aussi improbable qu'imprévisible : Donald Trump lui-même.

Si l’imposition de tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium aux États-Unis a eu l’effet d’un coup de tonnerre, dans les bureaux du Parti libéral du Québec (PLQ), elle a provoqué une illumination.

Philippe Couillard avait fait du « nouveau Québec » son argument de vente principal pour incarner le changement. Le concept reste flou dans l’esprit de bien des gens, mais il se base essentiellement sur une économie de nouvelles technologies dont l’intelligence artificielle.

Il avait aussi mis de côté son bilan des trois dernières années. Difficile de vendre l’austérité ou la rigueur budgétaire. « On se fera élire sur ce qu’on a à proposer, pas sur ce qu’on a fait », disaient ses conseillers.
À en croire les sondages, cette stratégie pour combattre l’image d’un gouvernement usé n’a pas porté.

Les deux mains sur le volant

Puis, Donald Trump entre en scène. Dans l’esprit du PLQ, les tarifs sur l’acier et l’aluminium provoquent une instabilité économique. Ajoutez les négociations ardues sur le libre-échange et vous avez un cocktail explosif qui menace l’économie québécoise. Quoi de mieux pour combattre cette instabilité économique que la stabilité politique?

« Euréka! », a-t-on entendu dans les bureaux du PLQ. Voilà la façon de combattre le vent de changement.

L’argument est simple : le changement, donc la CAQ, crée de l’instabilité; le PLQ, lui, incarne la stabilité.

Ramenez l’expression de Jean Charest en 2008 – « deux mains sur le volant » pour plus de stabilité – et la formule est trouvée : le changement devient une menace!

Ramenez aussi le bilan des dernières années. Oui oui, ce bilan de rigueur ou d’austérité qui, il y a quelques mois, était un boulet politique, devient maintenant un avantage. On transforme l’eau en vin.

Le PLQ a démontré qu’il est capable de maintenir le cap financièrement de façon responsable. Il saura donc le faire devant l’imprévisible président des États-Unis. C’est le message à retenir du conseil général du PLQ, qui a réuni la flotte libérale samedi, à Montréal.

Les deux mains sur le volant avaient permis à Jean Charest de remporter un gouvernement majoritaire en 2008. Dix ans plus tard, au moment où le PLQ roule sur l’accotement, les stratèges libéraux font le pari que cette vieille formule leur évitera de prendre le champ et les ramènera sur le chemin de la victoire.

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