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Le président américain Donald Trump, le poing droit vers le ciel, salue des sympathisants lors de son arrivée à Houston, au Texas, le 31 mai 2018.

Le président américain Donald Trump salue des sympathisants, lors de son arrivée à Houston, au Texas, le 31 mai 2018.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Radio-Canada

Le président place tranquillement ses pièces en vue des élections de mi-mandat, en novembre prochain. Le scrutin est dans plus de 150 jours, beaucoup de choses peuvent donc changer. Cependant, force est de constater que les pions républicains semblent bien alignés.

Une analyse de Yanik Dumont Baron, correspondant à Washington

Il est facile d’imaginer la raison pour laquelle le président a rompu avec le protocole, vendredi matin. Les dernières données sur l’économie américaine étaient trop bonnes pour ne pas en donner un avant-goût avant qu’elles ne soient connues publiquement.

La santé de l’économie, c’est l’un des atouts dont disposent les républicains de Donald Trump en cette année électorale. Des emplois sont créés à un bon rythme et les salaires augmentent légèrement – mais ils augmentent tout de même.

Bilan positif, donc. Le ciel n’est pas tombé sur la tête des Américains comme plusieurs le craignaient après la victoire-choc de Donald Trump en 2016. (D’ailleurs, le scénario rappelle les craintes énoncées à l’arrivée de Barack Obama.)

Depuis plusieurs semaines, Donald Trump et son équipe s’affairent à souligner que le président tient parole, qu’il fait ce qu’il a promis. Faites le bilan : retrait d’accords internationaux (Paris, Partenariat transpacifique, nucléaire iranien), déménagement de l’ambassade à Jérusalem et diminution des règles encadrant les industries.

Le mince bilan législatif républicain est aussi avantageux. Il y a moins de décisions controversées à défendre. L’accent sera mis sur le positif : nomination de nombreux juges conservateurs, diminution des impôts et de certaines formes d’assistance sociale, et élimination de grands pans de l’Obamacare.

L’imposition de tarifs douaniers doit aussi être inscrite à ce tableau. Donald Trump a promis de défendre les emplois du secteur manufacturier, de la métallurgie et du charbon en particulier. Comme on dit aux États-Unis : check!, promesse tenue!

Porteurs de mauvaises nouvelles discrédités

Un autre atout républicain pour les élections de mi-mandat, c’est cette campagne contre le FBI et le procureur spécial Robert Mueller. Le président parle souvent d’une « chasse aux sorcières », d’une invention démocrate visant à l’empêcher de travailler.

Peu importe les mises en accusation et les reconnaissances de culpabilité de membres de l’organisation de campagne de Donald Trump, de récents sondages montrent clairement que les républicains y voient plutôt une machination contre leur président.

Les attaques de Donald Trump contre la presse américaine semblent aussi faire mouche. Le messager est discrédité. Les écarts du président soulignés par de nombreux médias sont perçus comme une forme de propagande par une partie de l’électorat.

Donald Trump, président des États-Unis

Énergiser les troupes républicaines

Ces attaques, c’est bien sûr une façon pour le président de fouetter ses troupes. De les motiver à se rendre aux urnes en novembre en défendant leurs idéaux. La tactique est importante, puisque les adversaires démocrates, eux, débordent d’énergie.

C’est aussi pour cela que la Maison-Blanche a décidé que le président tiendrait plusieurs grands rassemblements partisans en prévision des élections. Des événements dans lesquels le ton et le discours reprennent ce qui a si bien fonctionné lors de la présidentielle.

Donald Trump l’a fait au Tennessee cette semaine. Il a parlé des « animaux » du très cruel gang de rue MS-13, dont les membres sont originaires d’Amérique centrale. Il a répété que le Mexique payerait pour la construction de son fameux mur.

Les stratèges républicains espèrent aussi motiver leurs partisans en laissant planer la menace de procédures de destitution contre Donald Trump. Les leaders démocrates semblent avoir compris le piège et tentent de taire les discussions sur le sujet.

Encore une fois, la crainte du pire peut inciter à voter...

Bien sûr, ces atouts ne garantissent pas que les républicains vont conserver le pouvoir en novembre. Bien des Américains ont toujours bien des raisons de voter « contre » Donald Trump et ses républicains.

Mais depuis quelques semaines, le président donne à ces mêmes Américains des raisons de voter « pour » lui et son parti. C’est peut-être assez pour garantir que la partie ne sera pas aussi facile pour les candidats démocrates qu’ils ne le croyaient.

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