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Le Canada conteste les tarifs américains sur l'acier et l'aluminium devant l'OMC

Des lingots d'aluminium.
Les taxes punitives américaines sur l'acier et l'aluminium sont entrées en vigueur à minuit vendredi. Photo: Radio-Canada / Rémi Tremblay
Radio-Canada

Après l'Union européenne plus tôt dans la journée, le gouvernement canadien a déposé vendredi après-midi une plainte auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) contre l'imposition de tarifs douaniers américains sur ses exportations d'acier et d'aluminium.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, en a fait l'annonce à la Chambre des communes, alors que les taxes punitives américaines sont entrées en vigueur à minuit vendredi.

En plus de demander l’arbitrage de l’OMC, le Canada compte aussi faire appel au mécanisme de règlement des différends qui est prévu dans l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

En réponse à la décision de Washington, Ottawa a déjà annoncé jeudi que des tarifs douaniers canadiens entreront en vigueur le 1er juillet sur les produits de l’acier et de l’aluminium américains, ainsi que sur de nombreux produits importés courants, notamment dans le domaine de l’alimentation, et ce, jusqu’à ce que les États-Unis éliminent leurs surtaxes.

La riposte d'Ottawa a inspiré une réplique sur Twitter au président américain Donald Trump.

« Le Canada a très mal traité notre industrie agricole et nos fermiers pendant très longtemps. Très restrictif sur le commerce! », a-t-il écrit.

Pas que l'acier et l'aluminium

Concrètement, Ottawa crée deux listes de produits qui seront surtaxés. La première liste inclut des produits d’acier et d’aluminium, qui seront imposés à 25 %.

La seconde liste inclut une multitude de produits courants, tels que les yogourts, le café torréfié, les fruits et légumes, le ketchup, la moutarde, la mayonnaise, les pizzas, le whisky, le chocolat, le savon, les crèmes de rasage, le papier hygiénique, les tondeuses et de très nombreux autres. Ces produits seront imposés à hauteur de 10 %.

Débat animé à la Chambre des communes

L'enjeu a dominé la période des questions aux Communes vendredi. La ministre Freeland a passé une bonne partie de la séance à se faire interroger sur ce que prévoit faire son gouvernement.

Elle n'a cependant pas fourni de réponse au député néo-démocrate Alexandre Boulerice, qui lui demandait si le gouvernement allait offrir un plan d'aide aux travailleurs frappés par les mesures.

En plus du Canada, les taxes douanières américaines sur l'acier et l'aluminium décrétées jeudi touchent le Mexique et l'Union européenne.

Le processus de règlement à l'OMC

Une demande de consultations constitue le point de départ formel de la procédure de règlement des différends à l'OMC.

Si les parties ne parviennent pas à une entente au bout de 60 jours, le plaignant peut alors demander la constitution d'un groupe spécial d'arbitrage.

Ce comité dispose d'un maximum de six mois pour rendre une décision, laquelle peut ensuite être portée en appel.

Le ministre Morneau espère que Trump fasse marche arrière

Le ministre canadien des Finances Bill Morneau espère que la menace de représailles convaincra les États-Unis de revenir sur leur décision. Il juge les tarifs américains absurdes et affirme qu'ils coûteront des emplois de part et d'autre de la frontière.

On fait du tort aux gens aux États-Unis, on fait du tort aux gens au Canada. Ça n'aide aucune de nos économies et ce ne sera certainement pas une discussion positive autour de la table plus tard aujourd'hui.

Bill Morneau, ministre canadien des Finances

Le ministre Morneau, qui préside une rencontre avec ses homologues du G7 à Whistler, en Colombie-Britannique, ajoute toutefois que le gouvernement fédéral n'est pas encore prêt à discuter d'un éventuel soutien ou même d'un plan de sauvetage pour les secteurs canadiens, qui seront frappés par les mesures américaines.

Le ministre français de l'Économie, Bruno Lemaire, qui participe aussi à la rencontre à Whistler en vue du sommet qui aura lieu à Charlevoix, pense que ces tarifs sur l'aluminium et l'acier constituent un risque pour « la croissance économique mondiale ».

Ce G7 n'est pas un G7, mais plutôt un G6 plus un.

Bruno Lemaire, ministre français de l'Économie

« Il y a d'un côté les États-Unis qui défendent seuls cette augmentation des tarifs, [...] Et puis j'ai vu six autres États qui ont tous passé les mêmes messages aux États-Unis : nous sommes alliés et nous ne pouvons pas comprendre les décisions américaines », a ajouté M. Lemaire.

Avec les informations de Reuters, et La Presse canadienne

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