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Superman, 80 ans et toujours en forme

La bande dessinée Superman

Superman

Photo : DC Comics

Agence France-Presse

« It's a bird... It's a plane... No, it's Superman! » (« C'est un oiseau... C'est un avion... Non, c'est Superman! ») Quatre-vingts ans après sa naissance, le superhéros continue de représenter dans l'imaginaire collectif la référence en la matière. Son éditeur, DC Comics, mise plus que jamais sur lui.

Au printemps 1938, l'ancêtre de DC Comics publiait une nouvelle série, Action Comics. Dans son premier numéro, 13 pages étaient alors consacrées à un superhéros inconnu, un extraterrestre aux pouvoirs surnaturels, dernier rescapé de la planète Krypton : Superman, l'homme d'acier.

Le succès avait été immédiat. Un an plus tard, DC Comics lui créait sa propre série de BD, Superman. Elle lançait aussi un nouveau personnage hors-norme qui allait également marquer l'histoire : Batman.

Un exemplaire de la première bande dessinée consacrée à Superman, sortie en 1939, est posé sur un meuble lors d'une exposition.

Un exemplaire de la première bande dessinée consacrée à Superman, sortie en 1939

Photo : AFP / FREDERIC J. BROWN

En 80 ans, la recette n'a pas changé d'un iota : Superman porte toujours son costume aux couleurs des États-Unis, orné du célèbre S sur fond jaune.

« Le superhéros le plus reconnu dans la culture populaire », tel qu'il est décrit par DC Comics (qui publie également les aventures de Batman, de Wonder Woman et de la Ligue des justiciers), est un des tout premiers du genre. « C'est le moule à partir duquel on a travaillé, un modèle pour le concept de superhéros », explique Jared Smith, vendeur dans une boutique de bandes dessinées de Washington.

Films (où il a été interprété entre autres par Christopher Reeve, Ben Affleck et Henry Cavill), jeux vidéo, dessins animés, ou encore séries télé : Superman s'est décliné à toutes les sauces. Metropolis, bourgade (bien réelle) située dans l'État de l'Illinois, partage son nom avec la ville (fictive) de résidence de Superman, et organise même chaque année un festival en son honneur.

Le règne de l'homme à la cape rouge est loin d'être fini dans les bandes dessinées : DC Comics va relancer cet été la série de 1939. Elle a pour cela débauché Brian Michael Bendis, le scénariste star de son concurrent Marvel (Hulk, Avengers, Spiderman, etc.).

On ressent toujours le patrimoine de ce personnage quand on rejoint ses aventures. J'ai déjà ressenti cette joie, mais il y a quelque chose de différent avec Superman.

Brian Michael Bendis, interrogé par le site Nerdist

Superman – né Kal El sur Krypton – est en quelque sorte un immigré, recueilli par un couple d'agriculteurs du Kansas alors qu'il est encore bébé. Celui qui a grandi sous le nom de Clark Kent mène en parallèle une carrière de journaliste.

Fruit de l’imagination de Jerry Siegel et Joe Shuster, deux Juifs d'origine européenne, il incarne parfaitement le rêve américain : une métaphore pour ces immigrés ayant fui l'Europe dans les années 30 pour trouver la paix et la prospérité aux États-Unis.

Sa perfection a pu lasser

Superman, champion des opprimés, se bat pour la vérité et les valeurs américaines. « C'est un personnage très idéalisé. On l'appelle parfois "le scout de l'Amérique". Il fait toujours ce qui est juste », affirme Jared Smith.

Néanmoins, le public a pu de temps à autre se désintéresser des aventures de cette icône parfaite, quasi indestructible et parfois trop lisse, surtout en comparaison avec d'autres héros comme Spiderman ou les X-Men, auxquels il est plus facile de s'identifier.

« C'est un personnage tellement puissant que rien ne le menace. Ils ont été obligés d'introduire le concept de la kryptonite, la pierre qui peut lui retirer ses pouvoirs », explique Jared Smith. Pour éviter qu'il apparaisse comme trop déconnecté de la réalité, ses auteurs l'ont rendu plus en phase avec les évolutions sociétales et politiques aux États-Unis, loin des extraterrestres géants ou autres savants fous.

Ainsi, en 1978, sort une bande dessinée où Superman rencontre Muhammad Ali. Le champion de boxe l'amène dans les ghettos de Metropolis. Plus récemment, Superman a souhaité se défaire de sa nationalité américaine, se sentant trahi par le gouvernement, ou a sauvé des travailleurs immigrés d'un suprémaciste blanc paupérisé, en écho aux violences de l'extrême droite américaine.

Jared Smith rappelle même que Superman « a eu un début très socialiste. Dans les années 30 et 40, il combattait des capitalistes qui prenaient trop d'argent ou ne traitaient pas bien leurs employés ». Les valeurs américaines défendues par Superman n'ont de cesse d'être réinterprétées, permettant au plus célèbre des superhéros de garder sa modernité.

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