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De plus en plus de vagues de chaleur au Nouveau-Brunswick

Un thermomètre indique une grande chaleur.

Un thermomètre indique une grande chaleur.

Photo : iStock

Radio-Canada

Des journées très chaudes, comme celles que l'on connaît en ce moment au Nouveau-Brunswick, seront de plus en plus nombreuses dans les prochaines années. Cette manifestation des changements climatiques posera de nombreux problèmes.

Un texte d'Anaïs Brasier

Il y aura de plus en plus de journées très chaudes au Nouveau-Brunswick, selon l’Atlas climatique du Canada (Nouvelle fenêtre), un outil créé par l’Université du Manitoba.

Les journées très chaudes sont celles où la température dépasse les 30 degrés Celsius. C’est d’ailleurs ce qui est prévu pour vendredi dans le sud de la province, alors que la température maximale moyenne à la fin du mois de mai tourne normalement autour de 20 degrés Celsius, selon Environnement Canada.

Selon Guillaume Fortin, professeur spécialisé en changements climatiques à l’Université de Moncton, ce phénomène n'est pas sans conséquence.

Ce n’est pas quelque chose qu’on va connaître dans 30 ans, c’est quelque chose qui commence maintenant. Les vagues de chaleur, on devrait s’y attarder un peu plus.

Guillaume Fortin, professeur spécialisé en changements climatiques à l'Université de Moncton

Les populations urbaines sont plus à risque

Les personnes vivant dans les villes seront davantage touchées par cette augmentation des températures.

« Les environnements urbains, c’est là où on va avoir les impacts les plus importants, affirme Guillaume Fortin. On parle d’îlots de chaleur parce que les centres urbains ont plus de surfaces comme des stationnements, des toits, des surfaces minérales. »

Donc, on va avoir des augmentations des températures encore plus importantes dans les milieux urbains.

Guillaume Fortin, professeur spécialisé en changements climatiques à l'Université de Moncton

Comment protéger les populations les plus vulnérables?

Il existe différentes façons d’atténuer ce phénomène urbain, comme la conservation des parcs et des forêts en ville, l’augmentation du nombre d’espaces verts et l’aménagement de toits verts ou de toits blancs.

Les épisodes de chaleur accablante pourraient avoir des conséquences importantes, surtout sur la santé des populations les plus vulnérables, comme « les populations vieillissantes, les femmes enceintes et les enfants, qui pourraient [présenter] des problèmes cardiorespiratoires », explique le professeur.

Pour ces personnes, il faudra adopter des mesures d’urgence lors des journées très chaudes. « On pourrait identifier des points de ralliement pour un accès pour la fraîcheur, souligne le professeur. On pourrait par exemple laisser les centres d’achat, des endroits généralement climatisés, ouverts plus longtemps lors d’une vague de chaleur. »

Des avantages et des inconvénients pour l’agriculture

Les milieux ruraux aussi subiront les conséquences de l’augmentation des températures au Nouveau-Brunswick.

Notamment, des événements « extrêmes », comme des sécheresses, pourraient engendrer des pertes de récoltes, explique Guillaume Fortin.

Un champ de blé prêt à être récolté, sous un soleil éclatant, avec une vieille maison de ferme bleu gris, à l'aspect délabré, en arrière-plan.

Un champ de blé automnale à proximité de Beausejour, au Manitoba, le 5 octobre 2017

Photo : Radio-Canada / Tyler Koschik

Les nombreuses journées chaudes pourraient aussi attirer des espèces envahissantes ou ravageuses, susceptibles de causer des pertes importantes en agriculture et en foresterie.

« Comme là, on entend beaucoup parler de l’agrile du frêne en foresterie, qui se répand un peu partout, ou [...] le champignon qui est en train de faire disparaître le noyer cendré du Nouveau-Brunswick. »

Un agrile du frêne sur une feuille.

L'agrile du frêne.

Photo : iStock / yod67

Mais le réchauffement n'a pas que des effets néfastes sur l'agriculture : ce phénomène pourrait faire augmenter le nombre de jours de croissance des récoltes. « On pourra peut-être avoir des récoltes de certaines variétés qu’on ne peut pas cultiver présentement ou on pourra cultiver deux cultures de certaines espèces plutôt qu’une seule en une même saison. »

Le Pacific Climate Impacts Consortium est la principale source des données de modèles climatiques présentées par l’Atlas climatique du Canada.

Nouveau-Brunswick

Changements climatiques