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La francophonie négligée par le programme scolaire proposé en Alberta

Un drapeau franco-albertain en premier plan et des enfants tenant des petits drapeaux.
La francophonie négligée par le programme scolaire proposé. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Une ébauche de la première partie de la réforme du programme scolaire proposé par le gouvernement albertain fait déjà l'objet de critiques. Elle est, entre autres, trop proche du programme d'immersion, et l'histoire francophone n'y figure pas.

Un texte de Marie-Pier Mercier

Le ministère de l’Éducation avait pourtant promis de créer trois nouveaux programmes scolaires : un pour les écoles anglophones, un pour les écoles d’immersion et un pour les écoles francophones de la maternelle à la 12e année.

Il reconnaissait ainsi l'importance de la culture et de l'histoire des francophones en l'Alberta au sein des programmes d'enseignement.

Selon Éric Cloutier, président de l'unité locale francophone de l'Association des enseignants de l'Alberta, la première ébauche du programme scolaire francophone consiste plutôt en une traduction du programme scolaire des écoles d’immersion, alors que le gouvernement avait promis de créer un programme entièrement en français.

« Évidemment, ça ne fait pas notre affaire parce qu’on fait une traduction. On perd la richesse, on perd certains éléments du vocabulaire », explique-t-il.

Le gouvernement avait également promis d’y faire une place à la contribution des communautés francophones et autochtones dans la province.

Si la promesse a été remplie pour la perspective autochtone, c’est tout le contraire pour l’histoire des francophones, selon Éric Cloutier.

« On dirait que le français a un peu été oublié. Il n’y a rien de précis, rien de concret qui va obliger les enseignants à inclure la perspective francophone dans leurs cours. »

« C’est certain que ça serait incroyable si tous les élèves en Alberta connaissaient notre langue et notre culture, mais notre priorité, c’est qu’au moins nos jeunes francophones les apprennent », dit Gillian Anderson, présidente de la Fédération des parents francophones.

Évidemment, il ne s'agit pour le moment que d'une ébauche. Le gouvernement veut mettre en place sa réforme d'ici 2022. Éric Cloutier et Gillian Anderson espèrent tous les deux que la province changera, d'ici là, son fusil d’épaule.

« On veut vraiment travailler là-dessus avec la province, mais on s’attendait à ce que ces éléments soient présents dans la première ébauche. On ne pensait pas être obligés de se battre », conclut Éric Cloutier.

Le ministre de l'Éducation, David Eggen, a répondu dans un communiqué : « Le développement du futur programme d'études ne consiste pas à traduire le programme d'anglais complet en français. » Il dit vouloir élaborer un programme d'étude provincial et honorer son engagement d'ajouter les points de vue, la contribution, l'histoire et la culture francophones dans tous les cours et tous les niveaux.

Une deuxième vague de consultations à l'échelle de la province débute jeudi et se terminera le 18 juin.

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