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Pénurie d’enseignants : du personnel non qualifié appelé en renfort

Une secrétaire face à son ordinateur.

Une secrétaire au téléphone à la polyvalente des Baies, à Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Olivier Roy Martin

Radio-Canada

En raison de la pénurie d'enseignants dans les écoles, les établissements doivent parfois avoir recours à du personnel non qualifié pour agir à titre de suppléants dans les classes, affirment deux syndicats qui représentent le personnel de soutien.

Un texte de Olivier Roy Martin

Les secrétaires affiliées à la CSN et à la CSQ doivent souvent multiplier les appels pour trouver des suppléants quand les enseignants s'absentent. Une situation qui met beaucoup de pression sur leur travail, dénoncent les syndicats.

Ces employés se réfèrent d'abord à des listes de suppléants qualifiés, mais doivent parfois se résigner à envoyer du personnel non qualifié pour superviser les classes.

Actuellement, les listes de remplacement [de personnel] qualifié sont complètement vides

Janine Houlde, présidente du syndicat de la CSQ des employés de soutien pour la Commission scolaire du Fer.

« Souvent, ils doivent se tourner vers des gens qui ne sont pas qualifiés, explique Janine Houlde. Alors, ça peut être des gens qui sont disponibles à même l'école. Souvent pour le primaire, des éducateurs en service de garde ».

Des choix « difficiles »

Les secrétaires sont parfois mal à l'aise à l'idée de choisir un suppléant non qualifié.

« C'est difficile. Des fois, il n'y a plus personne », raconte la présidente du Syndicat des employés de soutien de la CSN pour la Commission scolaire de l'Estuaire, Anouk Lévesque. « Elle demande à une technicienne en éducation spécialisée (TES). Puis elle envoie la TES à l'école, dans une classe ».

Une femme devant une école.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La présidente du syndicat CSN pour la commission scolaire de l'Estuaire, Anouk Lévesque

Photo : Radio-Canada / Olivier Roy Martin

Comme d'autres suppléants, les techniciens en éducation spécialisée ne sont pas qualifiés pour enseigner. « Souvent [les élèves] vont au local informatique, ajoute Anouk Lévesque. Ils regardent un film. Il y a de l'enseignement qui ne se fait pas ».

Les élèves sont tous pénalisés.

La présidente du syndicat CSN pour la commission scolaire de l'Estuaire, Anouk Lévesque.

Pas un cheval de bataille syndical

La CSN comprend qu'il est difficile pour les commissions scolaires de résoudre ce problème dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre. Le syndicat ne cherche pas à faire de cette problématique un cheval de bataille syndical.

« On se voit aussi en comités paritaires avec l'employeur. On travaille. On a fait deux rencontres. Il n'y a pas de solution qui est sortie pour l'instant, mais on travaille chacun de notre bord », indique Anouk Lévesque

Fermont habituée à la pénurie

L'image d'une secrétaire qui a 6 bras au mur. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sheila Leblanc pose près de son portrait caricatural qui a été dessiné par une élève.

Photo : Sheila Leblanc

À Fermont, une secrétaire à la polyvalente Horizon-Blanc, Sheila Leblanc, vit le problème de trouver des suppléants depuis son entrée en fonction, il y a environ 4 ans. Pour éviter d'avoir à trouver des suppléants 30 minutes avant le début des cours, elle communique avec les suppléants par textos avant de commencer à travailler.

« Moi, ma cloche, elle sonne à 8 h 15. Si j'arrive dans le corridor et qu'il n'y a personne, bien mes élèves sont dans le corridor, explique Sheila Leblanc. Ça [...] dérange les profs à côté. Ça dérange beaucoup de monde. Tandis que là, ça dérange une personne, et c'est moi. Le matin, je le fais. C'est réglé, à 8h15, ça sonne, ma suppléance s'en vient, mes élèves sont là ».

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Éducation