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La chute de Sparte : parce qu’on est en 2018

Lévi Doré et Jonathan St-Armand sont assis sur un escalier. Sur le côté, Karl Walcott, Charles-Antoine Perreault et Gabriel Tremblay les regardent et leur parlent dans une scène de <i>La chute de Sparte</i>.
De droite à gauche : Lévi Doré, Jonathan St-Armand, Karl Walcott, Charles-Antoine Perreault et Gabriel Tremblay dans La chute de Sparte. Photo: Parallaxes/Filmoption International
Radio-Canada

Rarement voit-on un film québécois avec autant de diversité. Basé sur un roman de Biz, La chute de Sparte, long métrage de Tristan Dubois qui sort vendredi, a le grand mérite de faire preuve de réalisme sur la mixité de la jeunesse québécoise.

Un texte d'Antoine Aubert

Quand on veut, on peut : c’est en quelque sorte la leçon qu’on peut tirer en voyant la distribution de La chute de Sparte. Un film grand public québécois peut avoir des acteurs principaux ou secondaires reflétant une mixité ethnique, comme celle qu’on voit tous les jours dans les rues de Montréal et des alentours – l’action du film se déroule à Saint-Lambert, ville de banlieue située sur la Rive-Sud.

Ainsi, le meilleur ami de Steeve Simard (Lévi Doré), Virgile, est d’origine haïtienne (Jonathan St-Armand). Le jeune héros n’a d’yeux que pour Véronique, jeune fille d’origine innue (Lili-Ann de Francesco), causant la colère de son ex, la brute épaisse Maxime Giroux (Karl Walcott), joueur de football noir.

« Avec Biz, on est toujours restés ouverts », indique Tristan Dubois en entrevue. Le cinéaste dit avoir basé ses choix uniquement sur la performance en audition : 174 personnes ont été reçues pour une dizaine de rôles.

Ainsi, pour Lévi Doré, il s’agit carrément d’un coup de foudre, affirme Tristan Dubois. « [Après sa scène], il y a eu 3 minutes de silence avant que quelqu’un ne parle, et il nous en a fallu 15 autres pour nous remettre sur nos pieds. »

Jonathan St-Armand a changé la donne

De son côté, Jonathan St-Armand a bouleversé les plans initiaux du duo de scénaristes Dubois-Biz. Le complice de Steeve devait être arabe et s’appeler Samir. C’était avant que l’essai de l’acteur – vu surtout dans des séries comme 30 vies ou Mère-fille – ne « jette à terre » Tristan Dubois.

Le réalisateur met d’ailleurs cette audition en opposition avec celles d'« acteurs super connus qui sont arrivés sloppy, qui ne connaissaient pas leur texte ».

Le choix de St-Armand permet ainsi au spectateur de faire une incursion rapide dans une famille haïtienne chaleureuse et accueillante, en opposition avec celle de Steeve, où moments d'incompréhension et froids se succèdent.

Karl Walcott, lui non plus, ne correspondait pas au rôle de Giroux, imaginé dans un premier temps comme un « blond, red neck, avec une chaîne en or et une coupe de cheveux de l’armée ». Tristan Dubois avoue toutefois avoir eu quelques hésitations à l’idée de montrer un Noir dans le rôle du méchant, craignant qu’on y perçoive un cliché ou une stigmatisation.

Le réalisateur Tristan Dubois pose pour une photo portrait.Le réalisateur Tristan Dubois Photo : Parallaxes/Filmoption International

Outre celle que l'on voit chez les personnages principaux, la mixité, dans La chute de Sparte, tient aussi aux figurants interprétant les élèves de la Polyvalente Gaston-Miron. Tristan Dubois a d’ailleurs fait ses choix en tenant compte des statistiques disponibles sur les différentes communautés présentes à Saint-Lambert (même si le tournage a eu lieu à l’École secondaire Calixa-Lavallée, de Montréal-Nord).

Mise en abyme pour les jeunes de ce tournage

Le réalisateur peut donc se targuer d’avoir ancré pleinement son propos dans le présent. Il en a eu la conviction devant la réaction des adolescents filmés. Tout comme les personnages du film, ils étaient en 5e secondaire au moment du tournage.

« Ç’a été étrange pour eux de vivre dans un film ce qu’ils vivaient dans la vraie vie. » Et ce, à une période charnière et difficile de leur existence, où les hormones s’en donnent à cœur joie, où tout est amplifié.

« Si on devait dealer avec ça, nous les adultes, on deviendrait fous », estime le réalisateur, qui signe ici son premier film pour le cinéma.

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