•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • Archives
  • André Laurendeau, un intellectuel au service du Canada français

    André Laurendeau, crayon à la main, regarde les résultats de l'élection fédérale de 1958.
    André Laurendeau, une des grandes figures intellectuelles du Canada français, en 1958. Photo: Radio-Canada / André Le Coz
    Radio-Canada

    Le 1er juin 1968, André Laurendeau, un des intellectuels les plus respectés du Canada français, meurt, victime d'une rupture d'anévrisme cérébral. Il n'avait que 56 ans. Pour souligner cet anniversaire, nous vous proposons un portrait de cet homme notamment par un montage et des reportages conservés dans nos archives.

    Un géant intellectuel

    Le cégep et l’école secondaire André-Laurendeau à Montréal et à Longueuil honorent la mémoire d’un géant intellectuel. 50 ans après son décès, André Laurendeau demeure une importante référence dans l’analyse des maux de la société canadienne-française.

    Un des fils conducteurs de la vie d’André Laurendeau est sa défense passionnée de l’éducation à laquelle s’ajoute une soif de justice sociale.

    Cette double préoccupation se révèle dans l’extrait sonore de l’émission Le bloc populaire canadien, diffusé en 1943 et qu’illustrent des photographies.

    Replaçons cet extrait dans le contexte de l’époque.

    Le gouvernement du premier ministre Adélard Godbout soumet au Parlement une loi sur l’instruction publique. Elle rend obligatoires les études scolaires jusqu’à l’âge de 14 ans et la gratuité de l’éducation au primaire.

    Le Québec est alors la dernière province canadienne à adopter une telle loi.

    Si André Laurendeau applaudit l’initiative d’Adélard Godbout, il soutient que cette dernière s’arrête à mi-chemin. Plusieurs familles souligne-t-il, particulièrement dans le milieu rural, ont besoin de leurs enfants pour assurer la subsistance de leurs fermes.

    André Laurendeau en déduit que pour garantir le succès d'élargissement de la scolarisation, le gouvernement doit indemniser financièrement les familles d’agriculteurs. C’est un vaste chantier de réforme que proposent ces commentaires.

    Un animateur qui fait voyager les Canadiens français

    L’engagement pour la diffusion de l’éducation chez André Laurendeau l’amène à s’investir dans le domaine télévisuel.

    Précurseur de René Lévesque et de Point de mire, il se donne comme mandat dans l’émission Pays et merveilles d’expliquer le monde à ses concitoyens canadiens-français.

    Dans cet extrait de Pays et merveilles, diffusé le 16 février 1953, André Laurendeau nous transporte en Égypte. Il décrit son histoire et sa culture. Il y parle du Nil, le fleuve nourricier d’une des premières civilisations.

    Et c'est là au bord du Nil, dans une vallée qui n'a que 1 à 8 milles de largeur que vit une population de 20 millions surtout de paysans, de fellahs, dont nous aurons à parler tantôt.

    André Laurendeau

    De l’autre côté de l’écran, les téléspectateurs découvrent le monde.

    Défendre le français dans le fédéralisme canadien

    L’engagement pour la réforme sociale amène André Laurendeau tout au long de sa carrière à vouloir corriger les failles du système politique canadien.

    Il juge le système fédéral canadien trop souvent défavorable aux francophones. Ce besoin de réforme s’est notamment démontré dans sa ferme volonté de promouvoir la langue française au sein du gouvernement canadien.

    Dans un extrait de l’émission Aujourd’hui du 9 janvier 1963, André Laurendeau s’entretient avec l’animateur Wilfrid Lemoine.

    Il explique à ce dernier les motifs pour lesquels il a réclamé une enquête d’Ottawa sur la situation du bilinguisme au Canada. Il y précise ses objectifs et commente l’attitude des opposants à ce projet.

    Le 19 juillet 1963, le premier ministre canadien Lester B. Pearson cède. La Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, aussi appelée la Commission Laurendeau-Dunton, est créée.

    Ses conclusions, publiées en 1967, influenceront profondément l’adoption de la loi sur les langues officielles du gouvernement de Pierre Elliot Trudeau de 1969.

    André Laurendeau, un intellectuel qui a défendu par la plume, la radio et la télévision, l’avancement des Canadiens français.

    Encore plus de nos archives

    Archives

    Société