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Les décès liés à l'alcool augmentent plus vite chez les Canadiennes

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Une femme avec un panier dans une allée d'une succursale de la Société des alcools du Québec

Près de 70 % des heures supplémentaires effectuées par les employés en succursale sont travaillées pendant le temps des fêtes.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les problèmes de santé liés à la consommation d'alcool sont de plus en plus présents chez les femmes, selon un rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS).

Un texte de Gavin Boutroy

Le nombre de femmes canadiennes qui meurent de causes directement liées à l’alcool a augmenté de 26 % depuis 2001, comparativement à une hausse d'environ 5 % pour les hommes.

Plus de 25 000 femmes ont été hospitalisées pour des maux attribuables à l’alcool en 2016-2017. Cela représente une hausse de près de 3 % du taux d’hospitalisations liées à l’alcool chez les femmes, en un an. Un taux qui n’a augmenté que de 0,6 % au cours de la même période chez les hommes.

La porte-parole de l'ICIS, Chantal Couris, évoque des facteurs physiologiques : « Les femmes sont plus sensibles aux effets de l’alcool. À consommation égale, elles ont des effets qui sont plus marqués sur leur santé. »

Mme Couris ajoute que la hausse des hospitalisations liées à l’alcool chez les femmes pourrait aussi être expliquée par des facteurs psychologiques : « Les hommes boivent plus, et peut-être que les femmes, selon un processus d'égalité, tentent de rattraper ce qui se fait avec l’homme. »

Ces augmentations augmentent à la même vitesse que l’on voit s’améliorer la situation économique des femmes et le changement du rôle des sexes dans la société.

Chantal Couris, porte-parole de l’ICIS

Consommation chronique

La majorité des hospitalisations et des morts directement liés à l’alcool sont dus à des effets chroniques de la boisson, selon Mme Couris, dont des syndromes de dépendance et des maladies du foie.

« On voit également dans les populations les plus jeunes, entre 10 et 19 ans, des personnes qui sont hospitalisées pour des raisons d’intoxication aiguës et, plus particulièrement, chez les jeunes femmes que chez les hommes », poursuit-elle.

En moyenne, au pays, six personnes de 10 à 19 ans sont hospitalisées pour consommation excessive d’alcool chaque jour.

L’Ouest et les Territoires plus touchés

« Quand on regarde les résultats sur les hospitalisations [...] globalement, on voit des disparités au niveau provincial et au niveau également régional. Au niveau provincial et territorial, on observe que les taux élevés sont principalement dans les Territoires », indique Mme Couris.

Les taux d'hospitalisation et de décès directement liés à l’alcool sont plus élevés dans les provinces de l’ouest que dans l’est du Canada, à l’exception de la Nouvelle-Écosse.

Une infographie qui illustre le paradoxe décrit dans la légende l'image. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les canadiens à faible revenu déclarent une moins forte consommation d'alcool, mais ils sont deux fois plus susceptibles d'être hospitalisés pour des affections entièrement attribuables à l'alcool, selon l'ICIS.

Photo : Institut canadien d'information sur la santé

Mme Couris souligne qu'en 2002 le coût des soins de santé directement liés à l’alcool se chiffrait à 3 milliards de dollars. Selon elle, le coût global des méfaits liés à l’alcool se chiffrait la même année au-delà de 14 milliards, si on prend en compte des facteurs comme l’application de la loi et la perte de productivité.

Mme Couris soupçonne que ces chiffres datent déjà et qu'ils sous-estiment largement le véritable impact de la consommation d'alcool.

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