•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trans Mountain : criblé de critiques, Justin Trudeau défend sa décision

Le reportage de Philippe-Vincent Foisy
Radio-Canada

Justin Trudeau a été la cible de vives critiques, mercredi, lors de la période de questions à Ottawa. Visiblement, les partis d'opposition n'ont pas digéré l'engagement de son gouvernement d'acheter le pipeline Trans Mountain pour 4,5 milliards de dollars à l'entreprise pétrolière Kinder Morgan.

Au cours d’une séance houleuse et bruyante, durant laquelle il a été attaqué de toutes parts sur sa décision d’acheter le controversé pipeline, le premier ministre a répondu à toutes les questions sur le sujet.

D’abord à celles du chef de l’opposition officielle, Andrew Scheer, qui a déployé plusieurs lignes d’attaques.

Il a notamment demandé à Justin Trudeau pourquoi il n’a pas appuyé d’autres projets de pipeline. Mais il a surtout critiqué l’utilisation de fonds publics pour financer le pipeline Trans Mountain.

« Le premier ministre dit aux contribuables qu’ils devront payer pour ses erreurs », a lancé M. Scheer en Chambre.

« Il écrit un chèque d’une valeur de 4,5 milliards de dollars pour un pipeline déjà existant, a-t-il ajouté. Pas un centimètre de nouveau pipeline ne sera construit avec cette facture des contribuables. Cet argent ira à une compagnie pétrolière du Texas, plutôt que de rester au Canada. Pourquoi avec les libéraux au pouvoir, les contribuables doivent payer 4,5 milliards de dollars pour quelque chose qu’il aurait pu avoir gratuitement? »

« Les conservateurs ont essayé pendant 10 ans de transporter nos ressources à des marchés autres que celui des États-Unis, et ils ont échoué », a répondu le premier ministre.

« Et maintenant que nous assurons l’accès à de nouveaux marchés, a-t-il poursuivi, tout en garantissant des emplois aux Canadiens, des emplois aux Albertains, leur idéologie se met en travers du chemin. »

Après les multiples échanges entre M. Scheer et M. Trudeau, le président de la Chambre des communes, Geoff Regan, a dû se lever pour calmer les esprits et rappeler aux députés d’attendre leur tour avant de s’exprimer.

De son côté, le leader parlementaire du NPD, Guy Caron, a déclaré que « des champions de l’environnement ça n’achète pas un oléoduc ».

Des champions de l’environnement, ça ne choisit pas de faire assumer par les contribuables les risques financiers et environnementaux d’un oléoduc. Les champions de l’environnement, ça investit dans les énergies propres.

Guy Caron, leader parlementaire du NPD

Quant au député du NPD Alexandre Boulerice, il n’a pas été tendre envers le premier ministre.

« Le premier ministre l’a dit lui-même, je le cite : "Le pipeline de Kinder Morgan est un projet trop risqué pour le secteur privé." Donc il fait quoi? Il sort 4,5 milliards de dollars de nos poches pour acheter un vieux tuyau de 65 ans. Si c’était trop risqué pour une compagnie privée, pourquoi il prend ce risque-là et le met sur le dos des citoyens et des citoyennes. Parle-moi d’une décision de sans-dessein! »

« On peut être en désaccord, sans manquer de respect les uns envers les autres, surtout quand on parle d’enjeux importants pour les Canadiens », a calmement répondu M. Trudeau.

M. Boulerice a d’ailleurs été réprimandé par le président de la Chambre pour les propos qu’il a tenus.

Par ailleurs, certains députés qui ont parlé aux journalistes avant la période de questions n’ont pas mâché leurs mots pour exprimer leur mécontentement envers le premier ministre canadien.

C’est le cas du député du Groupe parlementaire québécois, Rhéal Fortin.

Je pense que cette attitude-là de dictateur qui décide sans tenir compte de ce que les autres décideurs autour de lui pensent, à mon avis ça n’a pas sa place en démocratie.

Rhéal Fortin, député du Groupe parlementaire québécois

M. Trudeau n'aurait jamais été élu en 2015 s’il avait tenu un tel discours, a ajouté M. Fortin.

Politique fédérale

Politique