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La Malbaie : le périmètre de sécurité se resserre en vue du G7

La clôture de la zone verte.

La clôture de la zone verte.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Radio-Canada

À quelques heures de la fermeture de la zone de circulation restreinte en prévision du G7 dans Charlevoix, les résidents et les travailleurs du secteur se préparent à voir leur quotidien bouleversé jusqu'à la fin du sommet, dans une semaine.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

La zone verte, d’une superficie d’une vingtaine de kilomètres carrés, englobe la route 362 jusqu’au fleuve Saint-Laurent, entre Saint-Irénée et la côte Bellevue à La Malbaie.

Une accréditation sera nécessaire à compter de lundi pour circuler dans cette zone. Plus de 800 résidents, de même que les personnes qui doivent s’y rendre pour travailler ont reçu leur accès au cours des dernières semaines.

Délimitation de la zone verteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La zone verte

Photo : Radio-Canada / Google Earth

« Il paraît qu’il faut toujours l’avoir au cou à l’intérieur de la zone verte, parce qu’il va y avoir tellement de policiers qu’il faut être identifié en tout temps », affirme une résidente de la zone, Louise Laplante.

Une clôture est installée sur 1,4 kilomètre dans le secteur de Pointe-au-Pic pour limiter l’accès à la zone verte. Le reste du secteur est surveillé par des agents des forces de l’ordre.

« Ça change les habitudes. Je regardais en descendant la côte pour faire mon jogging ce matin, je voyais le mur de béton avec les grillages 20 pieds dans les airs. J’avoue que ça me dérangeait un peu », explique Christiane Larivière, une résidente de la zone qui quittera la région durant la tenue du G7.

Le périmètre immédiat autour du Manoir Richelieu, la zone rouge, est quant à lui déjà fermé au public.

Un « enclos » pour les manifestants

Des manifestations se tiendront à La Malbaie durant le sommet du G7. Une zone d'expression libre a d’ailleurs été aménagée à cet effet dans le secteur de Pointe-au-Pic.

Carte situant la zone d'expression libre, en bordure du Chemin du Havre et du musée de Charlevoix. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La zone d'expression libre est située à côté du musée de Charlevoix.

Photo : Radio-Canada / Google Earth

Une première initiative citoyenne s'organise ce dimanche, alors qu'une chaîne humaine sera formée près de la clôture de la zone d'expression libre. Les organisateurs souhaitent faire comprendre « que la tenue du G7 n’est pas sans impact pour la population et pour la région. »

Le 9 juin, 300 à 400 manifestants sont aussi attendus lors d'un rassemblement du groupe Québec libre en action.

La zone de libre expression à La Malbaie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La zone de libre expression à La Malbaie.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Le site prévu pour les manifestations est enclavé entre la barrière de la zone verte et le fleuve. Le seul moyen d’y accéder est un couloir créé par le chemin du Havre.

« On appelle ça une zone de libre expression, mais si vous regardez comment c’est organisé, c’est un enclos, qu’ils ont fait », dénonce Sylvie Boulianne.

L'entrée de la zone d'expression libreAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'entrée de la zone d'expression libre

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Mme Boulianne réside dans la zone verte, à quelques mètres de la zone d'expression libre. Elle envisage de participer à quelques manifestations.

Sylvie Boulianne déplore toutefois le traitement accordé aux gens qui souhaitent exprimer leur opposition au sommet du G7.

« J’aimerais plus ou moins manifester dans un endroit où déjà, en partant, on te prend pour un agresseur. Alors que les manifestants, en général, ce n’est pas eux qui font les agressions. C’est plus d’autres types de personnes qui viennent infiltrer ceux qui ont le droit de manifester », mentionne-t-elle.

Sylvie Boulianne habite à proximité de la zone de libre expression.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sylvie Boulianne habite à proximité de la zone de libre expression.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Selon elle, les sept dirigeants auraient pu discuter d’enjeux internationaux sans engendrer de dépenses se chiffrant à plus de 600 millions de dollars et créer tout ce « tapage ». Les retombées positives pour la région sont surestimées, selon la résidente.

« Je demande aux gens de me nommer dans quelles villes ont eu lieu les trois autres rencontres? Ils ne sont pas capables de les nommer », affirme Mme Boulianne.

Ce n’est pas vrai que ça va mettre Charlevoix sur la planète. On est déjà sur la planète.

Sylvie Boulianne, résidente de la zone verte

« Dans les loges du spectacle »

La propriétaire du Motel 500 Richelieu sera elle aussi très près des manifestations. Le balcon de la résidence de Guylaine Fournier offre une vue imprenable sur la zone d'expression libre.

La propriétaire du Motel 500 Richelieu, Guylaine Fournier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La propriétaire du Motel 500 Richelieur, Guylaine Fournier.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

« Nous, on est comme dans les loges du spectacle. Espérons qu’il n’y aura pas trop de manifestations qui vont se passer ici. On va être sur place. Mon conjoint va être ici tous les jours et on va surveiller », dit-elle.

Ce n’est pas très sécurisant, mais on se dit que ça va bien se passer.

Guylaine Fournier, propriétaire du Motel 500 Richelieu

L’ensemble des chambres de son motel ont été réquisitionnées par l’organisation du G7 entre le 4 et le 14 juin.

Pierre-Jacques Lebloc habite quant à lui à l’extérieur de la zone verte, à quelques mètres de la barrière. Il craint que les manifestations débordent de la zone prévue à cette fin.

« C’est de ça qu’on a peur. On a prévenu nos assurances et tout va bien. On est couvert. S’il y a de la casse, les assurances vont payer, mais je ne pense pas qu’on va en arriver là », espère-t-il.

Les délégations quittent La Malbaie le 10 juin.

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