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Le riz moins nutritif à cause des changements climatiques

Photo: iStock
Radio-Canada

Bien que le CO2 soit essentiel à la photosynthèse, une concentration trop élevée engendrée par les changements climatiques pourrait altérer la croissance des plants de riz et diminuer les éléments nutritifs dans l'une des céréales les plus importantes pour l'alimentation mondiale.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

L’insécurité alimentaire accrue est un des risques des changements climatiques. Toutefois, ce danger n’implique pas uniquement des difficultés agricoles dues aux sécheresses ou à la température. Le CO2 dans l’air pourrait rendre les plantes moins nutritives, selon une étude (Nouvelle fenêtre).

Les résultats de ces travaux menés sur du riz en Chine et au Japon pourraient aussi s’appliquer à d’autres plantes.

Le riz, cependant, est un des aliments les plus importants sur Terre. Il représenterait jusqu’à 25 % des calories consommées mondialement chaque année. Cette céréale est à la base de l’alimentation de plus de 2 milliards de personnes.

Une alimentation équilibrée essentielle

Or, avec des carences alimentaires, le corps fonctionne moins bien, les cellules ne font plus leur travail et des maladies risquent de se développer.

Comme pour l’humain, les plantes, qui sont la source alimentaire la plus importante à l’échelle mondiale, ont besoin de plusieurs éléments pour croître, comme le CO2. Il peut toutefois paraître surprenant qu’une concentration plus importante de ce gaz leur soit néfaste.

En fait, la hausse rapide de CO2 prévue au cours des prochaines décennies pourrait favoriser certains aspects de la croissance des plantes au détriment d’autres.

Le niveau actuel de ce gaz est d’environ 410 particules par million de particules d’air. Ce seuil pourrait atteindre environ 560 à 590 particules par million d’ici 2100.

Plus de calories vides

Pour voir ce que cette hausse ferait à une céréale importante comme le riz, les chercheurs ont mené des tests sur 18 variétés différentes dans deux rizières, l'une au Japon et l'autre en Chine.

Une série de tubulures a permis aux chercheurs d'augmenter les concentrations de dioxyde de carbone dans l'air ambiant au-dessus de certains des plants aux mêmes niveaux que ceux estimés à la fin du siècle. Ils ont ensuite mesuré la teneur des grains en protéine, en fer, en zinc et en vitamines dans les deux conditions de culture.

Les chiffres changeaient selon les variétés utilisées, mais, en moyenne, la quantité de protéines dans les grains exposés au CO2 diminuait d'environ 10 % comparativement à celle des grains exposés à l’air libre. Le fer était de 8 % inférieur, le zinc de 5 %, et la concentration de vitamines diminuait quant à elle d'environ 10 % à 30 %.

Le taux de CO2 entraîne une croissance plus rapide des plantes, donnant ainsi au carbone une plus grande place dans la composition des grains, au détriment des éléments provenant du sol et extraits par les racines. Même si la plante produit des grains plus gros et en plus grande quantité, ils seront moins nutritifs.

Les résultats de l'étude suggèrent aussi qu’une diminution semblable pourrait nuire à d’autres plantes essentielles à notre survie, comme le blé.

Il est possible de répondre à ce problème en créant des variétés hybrides plus résistantes à l’augmentation de CO2. Cela ne ferait toutefois que retarder temporairement le problème, qui n’est qu’un des nombreux problèmes amenés par les changements climatiques.

Changements climatiques

Science